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Polémique sanitaire : la viande Verbist, (presque tous) les Belges en ont soupé

L'abattoir de Bastogne, l'un des plus importants du sud de la Belgique, a perdu ses agréments après une perquisition menée la semaine dernière et qui a révélé d'importantes irrégularités | © BELGA

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Le dernier scandale alimentaire belge concerne la viande. Cette fois, pas de fipronil, mais de la viande non-conforme aux règles de l'AFSCA. Des déchets de viande de catégorie 3 (normalement interdite à la consommation humaine) se sont retrouvés dans de la viande hachée. Des dates de congélation de carcasses ont également été falsifiées. Un vent de scandale alimentaire souffle sur la Belgique. Il nous vient de Bastogne. 

Un nom : Verbist. Ce groupe est actif dans le secteur de la viande depuis 1995 en Belgique. Poulet, gibier, bovins... Le groupe représente 30 % du marché belge de la viande. Ses clients principaux sont Delhaize et Colruyt. Verbist est propriétaire de Veviva, l'abattoir de Bastogne mis en cause.

Ce n'est pas la première fois que le groupe se retrouve dans l'actualité : en septembre dernier, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), fait fermer un de leur abattoir à Izegem. L'ASBL Animal Rights Watch avait récolté des images à l'aide de caméras cachées. L'envers du décor choque. "Le chemin vers davantage de bien-être animal est fichtrement long", soupire alors Ben Weyts.

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Aujourd'hui, c'est donc l'aspect sanitaire qui est pointé du doigt. Ce mercredi, l'Afsca et le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme (MR) ont décidé de retirer les agréments du site bastognard (un abattoir, un atelier de découpe et un surgélateur industriel), un des plus importants du pays. Plusieurs infractions ont été découvertes lors d'une perquisition menée la semaine dernière par un juge d'instruction. L'Afsca a observé que certains produits de l'entreprise n'étaient pas conformes aux normes sanitaires en vigueur. D'après le cabinet Ducarme, les infractions constatées sont relatives à des falsifications des renseignements sur la date de congélation de la viande et à une non-conformité de plus de 50 % des produits contrôlés. Le cabinet parle de produits "potentiellement dangereux" pour la sécurité alimentaire.

Photo d'illustration. | © BELGA

Dans la foulée, Colruyt et Delhaize ont suspendu leur collaboration avec Veviba et le groupe Verbist. Tous les produits de viande du groupe vont être retirés des rayons des supermarchés, a indiqué un porte-parole de Delhaize. "Nous attendons désormais des conseils plus spécifiques de l'Afsca", a-t-il ajouté. Une réunion se tient dans l'après-midi entre Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l'Économie, René Collin, et le ministre wallon de l'Agriculture, Denis Ducarme et le secteur de la grande distribution. 

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La pointe de l'iceberg

L'importance des irrégularités constatées laisse penser que le voile n'est pas encore levé sur toute cette affaire. D'autant que des palettes de viande auraient été emmenées sur d'autres sites du groupe Verbist. Celles-ci doivent être contrôlées. Le risque pour les consommateurs doit encore être évalué mais pour Denis Ducarme, "on n'est pas face à une petite fraude". 

De son côté, le ministre régional René Collin a exprimé sa "vive préoccupation à la fois vis-à-vis de cet outil essentiel pour l'économie régionale, avec plus de 300 emplois salariés en jeu, et vis-à-vis de la filière bovine wallonne dont on connait déjà les graves difficultés." "Il en va du maintien des emplois de l'entreprise, mais tout autant des éleveurs bovins qui doivent pouvoir compter sur des outils de valorisation performants et permanents", écrit-il dans un communiqué.

(Avec Belga). 

 

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