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Les Belges en faveur du retour du service militaire obligatoire

La suppression du service militaire obligatoire avait été décidée en juillet 1992, | © BELGA/ERIC LALMAND

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Selon un sondage Ipsos réalisé pour RTL-TVi, Le Soir, VTM et Het Laatste Nieuws, près de deux Belges sur trois (65%) souhaitent la restauration d'un service militaire ou citoyen. 

Les Wallons (78%) sont les plus chauds partisans de la mesure, loin devant les Flamands (58%). D'après les 2.500 sondés, les jeunes femmes devraient également être soumises à cette obligation. L'idée, fortement soutenue chez les plus de 55 ans (77%), connaît moins de succès auprès des jeunes, qui l'appuient à 48%. Le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), n'est pas favorable à la restauration de la conscription.

La suppression du service militaire obligatoire avait été décidée en juillet 1992, au profit d'une armée de métier, qui, après la Guerre Froide, partait de plus en plus souvent en mission à l'étranger. Les derniers miliciens ont terminé leur service en 1995.

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Où la conscription existe-t-elle encore ?

En Europe, la conscription n'a plus vraiment la cote. Le Royaume-Uni l'avait abolie dès 1960 et la France en 1996. L’Espagne a fait de même en 2001, l’Italie en 2006, la Pologne en 2008. L’Allemagne l'a suspendue en 2011.

Préoccupés par l'attitude de plus en plus agressive de la Russie, surtout depuis l'invasion de la Crimée en 2014, certains pays d'Europe de l'Est ont choisi de rétablir le service obligatoire. C'est notamment le cas de la Lituanie, qui l'a réintroduit en 2015, pour une durée de cinq ans. Il concerne les hommes de 19 à 26 ans et dure neuf mois. Début 2017, la Suède a fait de même. Cette mesure concerne tous les Suédois nés après 1999, filles comme garçons, qui devront servir entre 9 et 12 mois.

La Norvège, un des rare pays à avoir conservé la conscription, a été la première nation européenne à l'ouvrir aux femmes en temps de paix. Ce pays nordique considère que tous ses citoyens doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs.

 

BELGA/NICOLAS MAETERLINCK.

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Un service obligatoire en cas de crise

D'autres pays européens sont tentés de remettre en place une formation pour apprendre les compétences militaires de base. La République Tchèque, la Roumanie et la Slovaquie ont opté pour un service militaire volontaire pour les personnes qui souhaitent s'engager dans l'armée.

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis un service militaire obligatoire et universel d'un mois. Le projet, jugé trop coûteux, a été revu. Finalement, ce nouveau service national prendrait la forme d'un parcours citoyen remodelé d'une semaine par an au collège et au lycée. Cette semaine serait notamment consacrée à la défense, la sécurité et aux gestes qui sauvent. La Croatie et la Slovénie envisagent également cette possibilité.

En Allemagne, pays qui a supprimé son service obligatoire en 2011, le gouvernement a adopté un plan de protection civile en cas de menaces. Celui-ci est assez détaillé et prône le retour du service militaire en cas de crise majeure. Si un tel scénario devrait se présenter, les entreprises du pays devront prêter main forte à l'armée allemande en participant à la construction de casernes ou à la remise en état des bâtiments déjà existants. Le gouvernement se réserve également le droit de rationner les ressources alimentaires disponibles, au cas où la nourriture viendrait à manquer dans le commerce.

 

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