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Héritage de Johnny Hallyday : Laura Smet, le choix du combat

Laura Smet avec son père, à Marnes-la-Coquette, le 7 octobre 2017. Il lui fait écouter six chansons de son futur album. | © Instagram

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Laura, la fille fragile, est devenue le fer de lance de l’opposition familiale dans cette bataille autour de l'héritage de Johnny Hallyday. 

 

Pour Johnny, elle a toujours été là. Une présence aimante et secrète, de celles qui réchauffent par temps mauvais et avivent l’éclat des moments de fête. Hallyday et Deneuve. À eux deux, une certaine idée de la France. Ils ont toujours veillé à protéger leur lien si particulier, cultivé dans l’ombre, nourri de fidélité. Alors, pour Laura, Catherine Deneuve est encore là.

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Six jours auparavant, la fille de Johnny a fait une apparition remarquée au cours de la cérémonie des Césars. Elle est arrivée sur scène en princesse, belle et droite dans la lumière, le visage reposé après une parenthèse loin du tumulte, sur les rivages thaïlandais. Laura n’a pas participé à l’hommage rendu par le 7e art à Johnny. Personne ne s’accorde sur le fait qu’on lui ait proposé, ou pas, de le faire. Qu’importe. C’était trop tôt, trop dur.

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Ce soir-là, elle est avant tout une comédienne, celle qui a tourné avec sa mère, Nathalie Baye, dans le dernier film de Xavier Beauvois, Les gardiennes, et qui s’apprête à la diriger dans son premier court-métrage en qualité de réalisatrice. Face à la prestigieuse assemblée, son sourire ne ment pas : « Je suis très heureuse de retrouver ma famille de cinéma. » Mais en écho, le message pourrait s’adresser à l’autre famille, celle qui se déchire autour d’un testament.

Avec Laeticia, le dialogue est rompu

La fille du rockeur n’a pas la voix de son père, mais elle a toujours su se faire entendre. Son désespoir et ses blessures, elle les a parfois criés. Le 12 février, elle prenait encore la parole, de façon plus mesurée mais pas moins bouleversante. Dans une lettre publique adressée à Johnny, Laura clamait sa peine et son inquiétude : « Cher papa... tu me manques tellement [...]. J’ai appris il y a quelques jours que tu aurais rédigé un testament nous déshéritant totalement David et moi. » Elle concluait comme une guerrière : « J’ai choisi de me battre. »

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Une autre missive, privée, avait précédé cette déclaration. Datée du 31 janvier, elle était destinée à sa belle-mère. « Chère Laeticia, y écrit Laura, voilà deux mois que papa est parti et il nous faut avancer dans le règlement de la succession. En plein accord avec David, nous voudrions signer dès que possible l’acte [...] qui fixe les qualités héréditaires. Merci d’avance. » Le lendemain, David et Laura découvrent, par voie de notaire, les dispositions prises par leur père. Ils demandent alors à pouvoir écouter, sous quarante-huit heures, son dernier album, enregistré quelques jours avant sa mort.

« C’est avec beaucoup de surprise que j’accuse réception de votre lettre, répond Laeticia. Cette requête [...] prend le ton d’une mise en demeure. Je n’entends pas accéder à cette injonction qui n’est pas fondée. L’intégralité des droits d’auteur et d’artiste-interprète de mon époux m’a été dévolue au terme de ses dernières volontés. » Le dialogue est rompu, et Laura, la fille fragile, est devenue le fer de lance de l’opposition familiale. Face à la douleur qui aveugle, aux divergences insurmontables, elle a choisi, soutenue par David, le seul recours possible selon elle : s’en remettre à la justice.

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