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Trump voulait prêter serment sur un de ses livres, et non sur la Bible

Donald Trump prêtant sermant sur la Bible lors de son investiture le 20 janvier 2017. | © AFP PHOTO / Mark RALSTON

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Le livre choc d’Omarosa Manigault-Newman, ancienne employée de la Maison-Blanche, fait des révélations fracassantes sur Donald Trump et son clan.

L’ouvrage n’est pas encore sorti qu’il fait déjà les gros titres de la presse américaine et internationale. Omarosa Manigault-Newman, participante à l’émission de télé-réalité The Apprentice animée par Donald Trump et ancienne employée de la Maison-Blanche, raconte les dessous du clan Trump dans Unhinged (traduisez « Déséquilibré »), dont la sortie est prévue ce 14 août, et certains passages font grand bruit.

« Raciste, intolérant et misogyne »

Omarosa Manigault. © Abacapress / Dennis Van Tine.

Le quotidien britannique The Guardian, qui a obtenu une copie du brûlant livre, rapporte notamment comment Omarosa Manigault-Newman affirme que son expérience à la Maison-Blanche l’a conduite à conclure que le président américain était « raciste, intolérant et misogyne ». L’ancienne conseillère, chargée du « Bureau des relations publiques » du Bureau ovale jusqu’en janvier, assure l’avoir entendu déverser des insultes racistes contre un homme d’origine philippine. Elle remonte aussi jusqu’à l’époque de The Apprentice et cite trois sources affirmant que le milliardaire a prononcé le mot « nigger » (traduisez « nègre ») plusieurs fois, et qu’un enregistrement le prouve.

Hérité de la période esclavagiste, le mot « nigger » est couramment utilisé par la communauté afro-américaine mais est perçu comme l’une des plus graves insultes raciales lorsqu’il est utilisé par des blancs, qui l’évitent le plus souvent en parlant de « N-word » (le « mot N »). Si elle ne l’a pas entendu directement, Omarosa Manigault explique que cela cadre parfaitement avec l’homme qu’elle a longtemps côtoyé mais qu’elle a réellement découvert lors de son passage à la Maison-Blanche. « Employer le ‘mot N’ ne représentait pas juste la façon dont il parle mais, plus inquiétant, c’était comme cela qu’il me voyait ainsi que l’ensemble des Afro-Américains », écrit-elle.

Un dialogue surréaliste

« Unhinged », sortie prévue le 14 août. © Gallery Books.

Le site d’information Slate révèle quant à lui d’autres détails croustillants sur Donald Trump et son entourage. Dans un article paru ce samedi, il est raconté comment Donald Trump voulait prêter serment avec la main sur son livre The Art of the Deal (« Trump par Trump », en français) lors de la cérémonie d’investiture en janvier 2017.

Et au média américain de relater un échange totalement surréaliste : « Il m’a demandé: “Omarosa, qu’est-ce que tu penses du fait de prêter serment avec la main sur ‘The Art of the Deal’?” Je lui ai répondu: “À la place de la Bible?”. “Oui, ‘The Art of the Deal’ est un best-seller. C’est le plus grand livre de business de l’histoire. C’est comme ça que je vais faire de supers affaires pour le pays. Pense au nombre d’exemplaires que je vendrais —peut-être même un exemplaire d’inauguration commémoratif?!»

Slate indique que selon l’auteure, Donald Trump a ensuite voulu lui faire croire qu’il lui faisait une blague, mais elle affirme qu’il était bien sérieux au moment de lui dire ceci. Le 45e président américain avait finalement prêté serment sur deux Bibles : celle utilisée par Abraham Lincoln en 1861 et celle que lui avait offerte sa mère.

Le clan Trump aurait tenté d’acheter son silence

Sont évoqués également dans l’article des passages sur l’étrange relation entre le président américain et sa fille Ivanka Trump, la relation trop étroite qu’il entretient avec la chaîne Fox News, l’affirmation que le président insulte régulièrement les membres de son staff, ou encore qu’il traite son fils Donald Jr. de « grosse merde ».

Selon le Washington Post, l’équipe de campagne de Donald Trump aurait proposé à Omarosa Manigault, après son départ de la Maison-Blanche, un emploi rémunéré 15 000 dollars par mois accompagné d’un contrat exigeant son silence sur tous les sujets liés au président, au vice-président et leurs familles.

La Maison-Blanche a rejeté vendredi ces accusations. « Au lieu de dire la vérité sur tout le bien que le président et son administration font pour rendre l’Amérique sûre et prospère, ce livre est truffé de mensonges et de fausses accusations », a déclaré la porte-parole Sarah Sanders avant de poursuivre : « Il est triste qu’une ancienne employée aigrie de la Maison-Blanche soit en train de tenter de tirer profit de ces fausses accusations, et encore pire que les médias lui donnent maintenant un porte-voix, après ne l’avoir jamais prise au sérieux quand elle n’avait que des choses positives à dire sur le président lorsqu’elle travaillait pour l’administration ».


Donald Trump lui-même, interrogé par des journalistes ce samedi à la Maison-Blanche, a réagi dans son style, en la qualifiant de « voyou » (« she’s a lowlife », a-t-il dit).

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