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Lara Fabian n’oublie pas l’Italie… « Il a fallu beaucoup de courage aux Italiens pour quitter leur terre »

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Lara est l'enfant d'un Belge et d'une Sicilienne. Son nom de scène est inspiré de son oncle Fabiano ! | © DR.

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Elle habite désormais au Canada, où elle connaît un grand succès. Mais ses racines restent viscéralement attachées en elle.

Outre-Atlantique aussi, son album Camouflage est une réussite et ses prochains concerts, à Montréal (les 12 et 13 octobre), sont déjà sold out. Elle est également devenue coach dans la version canadienne de The Voice. Mais Lara Fabian n’oublie pas la Belgique. Et l’Italie encore moins, elle qui l’aime tant par sa famille et par son époux, le magicien Gabriel Di Giorgio. C’est pourquoi la chanteuse a choisi d’apporter son soutien à l’opération « Italia Likes Belgium », destinée à mettre en avant les réussites italo-belges et à favoriser le vivre-ensemble.

Paris Match. Quelles sont vos racines italiennes ?

Lara Fabian. « Maman est arrivée en Belgique en 1964. Elle avait 24 ans. Elle venait de Sicile, plus précisément de Catane. Mon papa, lui, est belge. Maman est venue à Bruxelles à l’ occasion du baptême de sa petite nièce. Son frère y habitait déjà. Il était un ami de celui qui allait devenir mon père. C’est ainsi que mes parents se sont croisés. »

Quelle image gardez-vous de cette époque ?

« Les retrouvailles le dimanche avec toute la famille. Précisément ce qui me manque aujourd’hui. Nous amenions à manger et nous passions des heures à table, tous ensemble. »

Que pensez-vous des Italiens qui ont jadis quitté leur pays pour venir habiter en Belgique ?

« Je les trouve infiniment courageux. Il n’est pas facile de tout quitter. Même si nous sommes des citoyens du monde, nous avons tous des racines quelque part : elles nous définissent et nous appartiennent. Les Italiens, en particulier, y sont très attachés. Il leur fallait donc beaucoup de courage pour quitter leur terre et espérer un avenir meilleur pour leurs enfants. Pour ma part, je ne suis pas une fille d’émigrés qui sont partis parce qu’ils n’avaient rien. Mais je trouve cette décision très noble. »

Aujourd’hui, votre pays, c’est la Belgique ou l’Italie ?

 » Mon pays, c’est l’endroit où sont les gens que j’aime. Qu’ils soient belges, italiens, québécois ou d’ailleurs. »

Dans de nombreux domaines, les Italiens font preuve d’un vrai savoir-faire qui mérite d’être salué. Pour vous, l’Italie, c’est quoi ?

« L’art de vivre. La dolce vita. L’art de la table. Le raffinement, l’élégance, les voix qui résonnent, le sens de la fête, l’expression un peu extrême. Voilà : les Italiens sont des gens intenses. »

Vous retournez souvent en Italie ?

« Oui, deux à trois fois par an. J’ai encore de la famille là-bas. La retrouver est un besoin. Pour moi, la Sicile est ‘La terre qui appelle’. »

Pourquoi, selon vous, les Italiens sont-ils heureux en Belgique ?

« Parce que les Belges sont profondément débonnaires et courtois. Des qualités qu’ils partagent, précisément, avec les Italiens. Les deux peuples ont une façon assez bienveillante de vivre la vie et de s’approcher des choses essentielles. L’Italie me fait souvent pleurer. Sans doute en voyant l’amour qui y lie les gens, l’intensité des sentiments que l’on peut partager. Il n’y a pas un jour où, en Sicile, je n’ai pas ressenti cette émotion. On y trouve tant d’amour dans l’univers familial. Cela me touche profondément. Je me souviens d’un soir de Noël. Nous avions tous amené un plat à partager et décidé que chacun chanterait une chanson. Les âges n’avaient aucune espèce d’importance. Le but était de se mélanger, de s’apprécier. Même les enfants qui, parfois, s’ennuient après un moment, étaient les moteurs de la fête familiale. Toutes les générations étaient présentes, rien ne pouvait nous séparer. Un moment fort, beau, magique, resté gravé dans ma mémoire. »

Vous pourriez retourner vivre en Italie ?

« C’est possible. Mais il faudrait que je sois plus âgée. Et que j’aie envie de me poser… »

L’opération « Italia Likes Belgium » a été créée pour rendre hommage aux Italiens, mais surtout pour rapprocher les gens à une époque où ils se parlent moins. Vous y êtes sensible ?

« Oui. Notre société oppose constamment les communautés, comme on oppose les points de vue. C’est une façon de toujours diviser pour mieux régner. Heureusement, nous sommes beaucoup plus intelligents que cela. Voilà pourquoi je trouve qu’« Italia Likes Belgium » est une magnifique opération qui va vraiment dans le sens de ce qu’on l’on souhaite profondément. Tout un chacun. »

Si vous avez une seule et unique phrase à dire à la Belgique, vous lui diriez quoi ?

« ‘Je t’aime’. Et je dirais ‘Ti amo’ à l’Italie. »

 

 

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