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Solar Impulse : l’aventure du siècle à bord d’un avion propulsé à l’énergie solaire

Bertrand Piccard et André Borschberg se sont partagés le pilotage | © Belga

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L’histoire s’en souviendra comme on évoque la traversée de l’Atlantique de Lindbergh ou le premier vol des frères Wright. Car c’est un exploit à la hauteur de l’ambition du projet : gigantesque. Faire un tour du monde à bord d’un avion électrique, uniquement alimenté grâce à des panneaux solaires. En gros, faire avancer pendant 35 000 KM un engin de la taille d’un Airbus A380 avec la puissance moteur d’une mobylette. Et sans une goutte de carburant.  

 

Le psychiatre et aéronaute suisse Bertrand Piccard en a eu l’idée dès 1999. Il imagine alors une aventure de 6 ans et estime le budget autour de 40 millions de dollars. Solar Impulse s’élancera finalement d’Abu Dhabi le 3 Juillet 2015 pour entamer son tour du monde. Budget total : 170 millions de dollars, ou un peu plus de 160 millions d’euros… Dans un livre, Objectif Soleil, où les deux pilotes se livrent pour la première fois sur la nature réelle de leurs rapports, on réalise mieux l’ampleur de la tâche.

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Une saine compétition s’est instaurée entre Bertrand Piccard et André Borschberg – © Belga

Saine compétition

Et la diplomatie, l’abnégation même, dont tous deux ont du faire preuve pour mener ce projet à bien. Si l’initiateur est Bertrand Piccard, le meilleur pilote, et de très loin, est André Borschberg, ancien aviateur de chasse. Pour faire voler un prototype dont on ne sait rien, surtout sa fiabilité, c’est loin d’etre négligeable. Dès lors, s’installe entre les deux hommes une « saine » compétition pour savoir qui pilotera, où, et quand. Le plus long vol sera pour André (le Pacifique en 5 jours et 5 nuits) et la traversée la plus « prestigieuse pour Bertrand (l’Atlantique).

Une première mondiale

Certes, aucun des deux hommes ne perdra jamais de vue l’objectif premier, boucler le tour du monde en avion solaire. Pourtant, il y aura quelques frictions, et pas que sous les ailes de Solar Impulse. L’avion, tellement léger au regard de sa taille (le poids d’une voiture, quand même…) est d’une fragilité extrême. Un « gros grain » de pluie et c’est la catastrophe. Les conditions de vol doivent donc être idéales ; ce qu’est rarement la météo… Toutefois, c’est un problème de batterie qui bloquera 6 mois l’avion à Hawaï. « En réalité, c’est parce qu’elles ont trop bien marché » précisera Bertrand Piccard, prouvant au passage qu’il n’avait rien perdu de ses talents de communicant à mesure qu’il devenait meilleur pilote.

Pour faire du rêve une réalité, il aura fallu compter un budget de plus de 160 millions d’euros © Belga

Entre science-ficiton et réel

Mission accomplie, André Brauschberg et Bertrand Piccard n’ont qu’une angoisse : Que leur exploit ne retombe dans le trou noir des aventures que le temps finit par effacer. Dans la dernière partie du voyage, Piccard faisait passer la performance aéronautique au second plan et insistait pour mettre en avant la promotion des énergies renouvelables. « Imaginez un mode de transport électrique et autonome qui décollerait verticalement comme un hélicoptère, peut etre même du toit d’un immeuble, et volerait ensuite comme un avion pour desservir des villes sans bruit ni pollution. Vous pensez que c’est de la science fiction ? Plus pour longtemps ». Sachant que Bertrand Piccard est un homme à dire ce qu’il fait, et faire ce qu’il dit, on a toutes les raisons de le croire.

 « Objectif Soleil L’aventure Solar Impulse » de Bertrand Piccard et André Borschberg ed. Stock

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