Cadeaux de Noël : Au rayon jouets, les stéréotypes sexistes font de la résistance

Cadeaux de Noël : Au rayon jouets, les stéréotypes sexistes font de la résistance

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Une organisation « qui pousse souvent les clichés sexistes encore plus loin que la réalité ». | © Flickr

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Sur les questions de genre, les jouets évoluent au même rythme que la société : lentement.

 

C’est devenu un des fers de lance des féministes. Chaque année, au moment des fêtes, même constat désolant : les rayons jouets sont tellement stéréotypés, qu’on pourrait croire à des parodies. Sur les étalages ou dans les catalogues, se trouvent d’un côté le tout rose-princesse-ménagère pour les filles, de l’autre bleu-aventurier pour les garçons. Si l’éducation au genre doit démarrer dès l’enfance, on peut dire qu’il y a encore du boulot. « Les catalogues de jouets 2018 ne montrent pas de différence notable en termes de lutte contre les stéréotypes sexistes », se désole au Monde Mona Zegaï, autrice d’une thèse consacrée aux discours sexués sur les jouets. « Car sur les questions de genre, les jouets évoluent au même rythme que la société : lentement », explique-t-elle.

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Vendeur

Pourtant, souligne Le Monde, la division genrée des rayons jouets est relativement neuve. Ce ne serait que depuis 1990 que les rayons ne sont non plus divisés par types, mais par genre. Une organisation « qui pousse souvent les clichés sexistes encore plus loin que la réalité », souligne Mona Zegaï au média français. En effet, dès le plus jeune âges, les bambins intègrent l’idée que l’homme ne s’occupe pas des enfants, et que la place de la feme est à la maison. Et la raison pour laquelle la tendance persiste jusqu’à notre époque #MeToo est très simple : ça vend. Une même famille fait ainsi l’acquisition de deux trotinettes au lieu d’une : une rose pour la fille et une bleue pour le garçon.

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« Quand les marques veulent évoluer, elles peuvent »  ©  Capture d’écran Instagram @pepitesexiste

Les premières critiques de cette organisation se font entendre dans les années 2000. En France, le sujet fait l’objet d’un rapport sénatorial en 2014 qui « formule dix recommandations pour faire des jouets la première initiation à l’égalité ». Cela, afin que la créativité des files ne soit plus limitée. Les choses commencent alors à bouger, avec des mises en vente d’objets de ménage moins genrés. Mais l’évolution est lente.

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Des vendeurs interrogés par le quotidien français expliquent notamment que la demande émane aussi des clients : « les petites filles veulent du rose et les garçons veulent du bleu, il suffit d’aller dans les cours de récréation pour le constater », explique l’un d’eux. Selon les experts interrogés par Le Monde, la faute est imputable au marketing entoure les plus jeunes, qui reste majoritairement genré. Le rôle des parents est alors aussi fondamental, bien sûr. Mais l’excuse n’est pour autant acceptable pour les grandes enseignes. « Quand les marques veulent évoluer, elles peuvent », souligne Mona Zegaï.

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