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Quand les enfants se rendent à l’école en pyjama par solidarité

Lancée en Flandre en 2016, l'initiative touche aujourd'hui l'ensemble de la Belgique. | © ©Belga

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La première journée nationale du pyjama s’est invitée dans les écoles ce vendredi 17 mars. Lancé par les ASBL Take Off et Bednet, l’évènement vise principalement à informer les écoles sur la possibilité d’accompagner un enfant malade dans sa scolarité.

Des quatre coins de la Belgique, les élèves et enseignants se sont rendus à l’école en pyjama ce 17 mars. C’est par solidarité qu’ils ont endossé la tenue que porte tous les jours un enfant malade. Cette opération avait été lancée l’année dernière en Flandres et avait rassemblé environ 800 établissements scolaires. Cette année, la journée du pyjama a pris une portée nationale. Et c’est l’ASBL Take Off qui organise l’initiative côté francophone.

L’objectif de l’association est simple : lutter contre l’isolement des enfants gravement malades, privés de leur vie scolaire mais aussi sociale. Pour préserver ce lien, Take Off fournit gratuitement du matériel informatique pour que ces jeunes puissent suivrent les cours depuis l’hôpital ou le domicile. « On installe des ordinateurs chez l’enfant et dans la classe un ordinateur avec une caméra, une connexion internet, et il peut suivre le cours en ligne mais aussi communiquer avec ses camarades lors de la récré. Même s’il est virtuel, le contact pour l’enfant est essentiel » précise Sabine Verhelst, directrice de l’ASBL.

Un crowdfunding pour sensibiliser

Depuis dix ans, Take Off offre ses services gratuitement pour éviter le décrochage scolaire et la solitude des enfants malades. De 2006 à 2015, plus de 400 enfants, 14 hôpitaux et 230 écoles ont bénéficié des ses services. La journée du pyjama est l’occasion de sensibiliser sur l’isolement dont ils sont sujets. Mais pas uniquement.

Aujourd’hui, l’association veut donner la chance à trois enfants de continuer à suivre les cours pendant la période de maladie. Le coût par enfant s’élève à 3 500 euros. Mais, contrairement à son équivalent flamand Bednet, l’ASBL ne reçoit pas de subsides de la part des pouvoirs publics. Une demande a été introduite auprès de la minis l’Éducation – Marie-Martine Schyns – mais en attendant, l’association  compte sur ses partenaires (Partenamut, Engie, Proximus…) mais aussi sur la générosité de la population. Pour récolter un maximum de fonds, Take Off a d’ailleurs lancé un crowdfunding. Pour aider trois enfants malades à suivre les cours à distance, l’ASBL doit récolter 10 500 euros en 37 jours.

Une édition en secondaire ?

Difficile de chiffrer le nombre d’écoles qui ont participé à la journée du pyjama. Mais une bonne centaine se sont inscrites au concours photo organisé dans ce cadre par OUFtivi (RTBF). Si l’édition 2017 n’avait lieu que dans les classes de maternelle et de primaire, l’ASBL aimerait qu’elle s’étende jusqu’aux écoles secondaires. «  Nous aidons tous les enfants malades donc ce serait incroyable si le mouvement prennait encore plus d’ampleur  » poursuit Sabine Verhels.

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