Tellin, belles découvertes et art campanaire entre Ardenne et Famenne

Tellin, belles découvertes et art campanaire entre Ardenne et Famenne

L'église Saint-Lambert et la fonderie font partie des hauts lieux de Tellin. | © DR

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Petite commune luxembourgeoise de 2 300 habitants, Tellin était autrefois fort bien située sur la route menant de Paris à Liège. De cette époque lointaine, la commune a, par certains aspects, gardé l’apparence de la dynamique bourgade qu’elle était au XVIIIe siècle.

Composée de quatre villages, elle compte à peine 5 600 hectares, caractérisés par un bel écrin de verdure s’étendant sur 60 % de son territoire. L’important réseau de promenades balisées tellinois permet ainsi de découvrir les atouts naturels et les richesses patrimoniales de l’entité.

Bure, Grupont, Resteigne

Le village de Bure a de tous temps été lié au religieux. Il fut un des premiers domaines acquis au IXe siècle par l’abbaye de Saint-Hubert. Le complexe sacré, situé autour de l’église, est classé dans son entièreté. L’église Saint-Lambert est une construction classique, érigée en 1738 à l’emplacement d’une ancienne église romane en ruines dont elle a conservé les très beaux fonts baptismaux du XIIe siècle. La façade, sobre et équilibrée, est surmontée d’un clocher essenté d’ardoises, reconstruit en 1945 suite aux dommages causés au cours de la Seconde Guerre mondiale. A gauche, bâtiment classique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le presbytère fait lui aussi belle figure. A Bure, les enfants du pays ont eux aussi été marqués par le patrimoine religieux. Le village a vu naître Joseph Gillain, mieux connu dans le monde de la bande dessinée sous le pseudonyme de Jijé et pour avoir à de nombreuses reprises dessiné le personnage de Spirou. Dans l’église Saint-Lambert, on lui doit un chemin de croix de quinze stations en cuivre battu. C’est à lui également que Bure doit les sept potales, dédiées à Notre-Dame des Sept Douleurs, réalisées en 1935 et menant à la chapelle Notre-Dame de Haurt, petit édifice lui aussi du XVIIIe siècle.

L’église Saint-Lambert de Tellin.

Si le village de Grupont dépendait autrefois aussi de l’abbaye de Saint-Hubert, il était également le siège d’une des sept mairies de la Terre de Saint-Hubert, composante du duché de Luxembourg. On y trouvait dès lors une haute cour de justice à l’Epoque moderne. Le superbe édifice qui l’abritait, tantôt nommé maison espagnole, tantôt maison du bourgmestre, trône toujours fièrement au centre du village. Cette magnifique bâtisse en colombages, briques et peut-être torchis a été élevée sur un soubassement de grès en 1590.

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Seigneurie sous l’Ancien Régime, le village de Resteigne a conservé la propriété de ses anciens seigneurs, dont le dernier mourut en 1830. Situé en bordure de la Lesse, le château de Resteigne est un vaste quadrilatère clos dont la construction primitive remonte aux XVIe et XVIIe siècles, à l’époque où la seigneurie est entre les mains de la famille de Merode. Dans le courant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’aile principale fut remaniée en style classique par la famille d’Hoffschmidt, qui possèdait les lieux depuis 1668. Le site est accessible par une belle drève et comprend également une ferme des XIXe et XXe siècles, ainsi qu’un moulin. Celui-ci, isolé à l’ouest du château le long de la Lesse, a conservé sa roue et son mécanisme. Dans un recensement de 1803, on apprend qu’il servait à produire de l’huile. Superbement restauré, il a été classé en 1994 puis reconverti en chambres d’hôtes.

Tellin et le patrimoine campanaire

Village étroitement lié, comme ses voisins, à l’abbaye de Saint-Hubert, Tellin possédait lui aussi une seigneurie et était situé sur la route reliant Liège à Sedan. Le village est toutefois connu pour son ancienne fonderie de cloches, réputée depuis le XIXe siècle mais ayant malheureusement cessé toute activité. Créée en 1832 par Charles Causard, la fonderie Causard-Slégers était alors la plus importante de Belgique. Près de 13 000 cloches y furent fondues jusqu’en 1970, principalement pour le pays mais aussi pour l’exportation. Aujourd’hui, le bâtiment qui abrita ce fleuron de l’industrie wallonne a été classé, et il est possible de le visiter sur rendez-vous. On y découvrira des murs noircis par les poussières du feu nécessaire au coulage des instruments ou les briques usées par la confection des moules. Le site abrite aussi un musée d’art campanaire. Il présente des collections uniques, avec bien entendu des cloches, mais également de petites cloches issues de carillons, des horloges et des coqs de clocher !

Signalons encore dans le village une belle église dédiée à saint Lambert, érigée en style néo-classique par l’architecte Cauchet entre 1829 et 1832. Non loin de là, l’ancien « château » était autrefois un relais de la poste impériale. Il servait de position intermédiaire entre les relais voisins de Paliseul et Marche-en-Famenne, sur un axe fort usité reliant d’un côté Paris à Sedan, et de l’autre Liège à Marche. Le complexe a été construit en 1750 sur les ruines du château des seigneurs de Tellin.

Informations pratiques : Pour réserver une visite de l’ancienne fonderie de Tellin, qui comprend la projection d’un film d’époque (30 min) et une visite guidée (1 h), on peut se rendre sur le site www.lafonderiedetellin.be – Réservation obligatoire : +32 (0)467 12 27 12, tellin.fonderie@gmail.com – Adultes 5 €, -12 ans 4 €, groupes adultes 4 €, groupes scolaires -12 ans 3 €.

Par Frédéric Marchesani, en collaboration avec l’AWaP.

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