Elles utilisent leurs règles comme engrais naturel

Elles utilisent leurs règles comme engrais naturel

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Les vertus fertilisantes des menstruations sont encore à démontrer. | © Charles Deluvio / Unsplash

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Pour se réapproprier leurs corps, certaines femmes utilisent leur sang menstruel comme engrais pour leur potager.

« Cette pratique a complètement changé mon mode de vie. Je n’utilise plus de serviettes jetables ou de tampons qui ne me permettent pas de récolter mon sang » raconte Laetitia. Cette Dijonnaise arrose tous les mois son potager d’appartement avec un engrais bien spécial et fait maison : ses règles. Dans un article de Vice , la journaliste Justine Reix donne la parole aux femmes qui recueillent le sang de leur règles pour arroser leurs plantations. Une manière, pour les adeptes de cette pratique, de « se réappoprier et se réconcilier avec leurs corps ». Au-delà de faire pousser ses tomates et ses herbes aromatiques, cette technique est un véritable engagement féministe.

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« Quand j’ai arrosé mes plantes avec mon sang menstruel, j’ai commencé à entrevoir mes règles de façon plus sacrée » déclare Laetitia. Sur les réseaux sociaux, les adeptes de l’éco-féminisme échangent afin d’appréhender leur sang autrement qu’en ayant honte de leurs règles : être en contact avec ses menstruations et les ré-utiliser. En bouclant le cycle, ces femmes ont le sentiment de re-donner à la terre. Mais derrière ce changement des mentalités, quelle est la force fertilisante du sang humain ?

 

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I feel that offering menstrual blood to the Earth is very needed on this planet. Monthly blood is the essence of female Power, the memory of our processes, experiences and feelings. Together with blood and water, I give my prayers, intentions and gratitude to the Mother of all. Oddawanie krwi menstruacyjnej do Ziemii czuje jako bardzo potrzebne na tej planecie. Krew miesięczna jest esenają kobiecej Mocy, pamięcią jej procesòw, doświadczen, uczuć. Wraz z krwią i wodą oddaje moje modlitwy, intencje, prośby i wdzięczność – Matce wszystkich ludzi. Więcej o tym czym dla mnie jest ofiarowanie krwi znajdziesz tutaj: https://web.facebook.com/joniwersum #vulvalove #vulvapower  #divinefeminineart #yonilove #divinefeminineenergy #sexualenergy #yoniartist #ritualart #yoniritual #yonihealing #menstruation #rituals #krewmensttuacyjna #miesiaczka #rytualkobiecy #joni #modlitwa #transformacja #yonihealing #uzdrawianieseksualne #sexualhealing #yoniwersum #JONIWERSUM #earthyoni #menstrualbloodart #menstrualblood #collectivehealing

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Des limites en termes d’efficacité

Interviewée par Justine Reix, la gynécologue Catherine Soulat met en garde contre ce phénomène : des germes peuvent se développer dans les aliments. « Sans être sale, le sang menstruel peut contenir des maladies comme des MST mais aussi des bactéries qu’il faudrait éviter de verser sur ses produits destinés à la consommation au risque de les contaminer » affirme-t-elle.

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Quant à son efficacité en matière d’engrais, le médecin reste sceptique. « Même si le sang contient du calcium, du sodium ou encore du potassium, le taux varie selon chaque femme. Il est difficile d’imaginer qu’il s’agisse d’une recette miracle pour faire pousser ses légumes même sous la grisaille ». Bien qu’il n’existe pas de recette miracle pour faire pousser son basilic en pot, utiliser son sang a en tout cas des vertus positives pour celles qui en tirent fierté et dignité. Pas besoin d’avoir la main verte pour commencer le féminisme sur son balcon.

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