Pourquoi la fonte du glacier Thwaites pourrait être une catastrophe

Pourquoi la fonte du glacier Thwaites pourrait être une catastrophe

glacier

Actuellement, la fonte du glacier articipe à hauteur de 4% de la montée globale du niveau de l’eau. | © Jesse orrico/Unsplash

Actualités

Des scientifiques ont récemment tiré la sonnette d’alarme concernant un glacier géant en Antarctique qui menace de se détacher. Si tel était le cas, cela provoquerait une réaction en chaîne qui pourrait faire monter le niveau des océans de près de 3 mètres.

On a dépassé le stade de menace. La menace, c’est quand le niveau de la mer monte, quand les températures ne collent pas à la saison ou quand l’agriculture détruit des forêts. La catastrophe, c’est quand le niveau de la mer pourrait monter de 3 mètres, quand les températures aux États-Unis descendent sous les -50° alors que celles en Australie dépassent largement les 50° ou encore quand on se rend compte que la forêt amazonienne a déjà perdu environ 20% de sa surface alors que le nouveau président du Brésil n’envisage rien pour enrayer le phénomène. Les scientifiques ont beau tirer la sonnette d’alarme ci et là, personne ne semble cerner entièrement l’ampleur du phénomène. Quant aux débuts de solutions apportées par ces mêmes scientifiques, elles paraissent parfois utopiques.

Lire aussi > Les arbres, « notre arme la plus puissante » dans la lutte contre le réchauffement climatique

Et pourtant, inlassablement, les chercheurs tentent quand même de nous prévenir. Cette fois, on parle océans : si le glacier Thwaites, qui mesure environ deux fois et demi la taille de la Belgique (600 km sur 120) fond et se détache de l’Antarctique occidental, cela pourrait provoquer une réaction en chaîne qui ferait monter le niveau de la mer de 3 mètres. Pour information, si le niveau de la mer augmentait autant, une bande d’une grosse quinzaine de kilomètres (de la côte jusqu’à Bruges environ) se retrouverait sous eau dans le nord de la Belgique. Sans parler de la région d’Anvers qui ressemblerait à une sorte de marécages géants d’après les outils de simulation. Et on ne parle là que d’un unique scénario qui arriverait en cas du détachement de ce fameux glacier.

montée des eaux
L’état de la Belgique si le niveau de l’eau montait de 3 mètres. ©Firetree.net

Qu’est-ce qui cloche ?

Dans l’ouest de l’Antarctique, le glacier Thwaites est observé de près par les scientifiques et la Nasa. À cause du réchauffement de l’eau des océans, la partie du glacier située dans la mer fond plus vite que la normale. Grâce à ses outils, la Nasa a aussi repéré une poche de 300 mètres de haut, 10 km de long et 4 km de large à l’intérieur même du glacier et qui laisse passer l’eau et la chaleur, faisant fondre encore plus vite le glacier. Et plus cete cavité fond, plus elle grandit et moins le glacier est attaché solidement au sol.

Je ne pense pas que le public réalise très bien, ni les médias, ce qu’il se passe en Antarctique et dans les régions polaires

Le glacier fondait déjà, ce n’est pas nouveau. Les scientifiques estiment même que sa font participe à hauteur de 4% de la montée globale du niveau de l’eau. Sa fonte est inévitable mais “à force de reculer, le glacier devrait se détacher et, comme dans une chute de dominos, devrait entraîner les autres glaciers de l’Antarctique Ouest, engendrant ainsi un scénario catastrophe », explique Eric Rignot, professeur de sciences de la Terre à l’Université de Californie, à France Télévisions. À lui tout seul, le glacier, s’il tombe, augmenterait déjà le niveau des eaux de 65 cm« Je ne pense pas que le public réalise très bien, ni les médias, ce qu’il se passe en Antarctique et dans les régions polaires ».

Lire aussi > La Colombie, victime impuissante face à la fonte de ses glaciers

Que faire ?

Le phénomène est impossible à contrer, mais il peut être repoussé. La fonte des glaces est inéluctable mais elle peut être ralentie. La solution pour y arriver ? Réduire un maximum nos émissions de gaz à effet de serre. Comme on s’en doute, tout cela dépend de notre manière de vivre, nos modes de consommation et il est impératif de maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C. Plusieurs sphères de notre vie privée influent sur le réchauffement climatique : le chauffage, la voiture, la viande rouge, nos décisions politiques, etc. Chacun à son échelle peut influencer sur le réchauffement climatique. Si vous êtes en manque d’idées, de nombreux sites existent pour vous aider dans cette démarche. Le tout est de ne pas se contenter de « c’est trop tard de toute façon », « ce n’est pas ma seule consommation qui va avoir une influence » ou encore « c’est aux politiciens d’agir ».

CIM Internet