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Métal brûlant : 3 millions d’euros de cuivre volés chez Arcelor

Le HFB avait été mis à l'arrêt en 2011 | © Belga

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Entre 2011 et 2013, 500 tonnes de cuivre ont été volées dans la cuve du haut-fourneau B à Ougrée. Un butin d’une valeur de 3 millions d’euros, qui aurait été possible grâce à des complicités internes révèle La Libre Belgique.

Les 252 plaques de refroidissement en cuivre qui tapissaient la cuve du haut-fourneau B, à Ougrée, ont disparu. Le matériel, qui aurait été volé entre 2011 et 2013, pèserait 500 tonnes et représenterait une valeur totale à la revente serait d’environ 3 millions d’euros. Un butin impressionnant, qui n’a pu être dérobé qu’avec l’aide de complicités internes.

Mise à l’arrêt

En octobre 2011, Mittal avait pris la décision de fermer les deux hauts-fourneaux liégeois. Le HFB avait donc été mis à l’arrêt et n’était plus surveillé que par une petite équipe technique. En 2013, suite à l’accord conclu avec les syndicats et la Région wallonne, ArcelorMittal s’était engagé à laisser ses usines fermées en l’état jusqu’à la fin 2018.

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Personne n’a rien vu

Ce n’est pas le cas, puisque de nombreux vols de cuivre ont eu lieu, rendant certaines machines hors service. Et ce, à l’insu de tous, malgré la présence de caméras de surveillance à l’extérieur de l’usine. Pour les experts qui se sont penchés sur le dossier, cela ne fait aucun doute : les voleurs ont reçu de l’aide de l’intérieur.

Complicité interne

Il fallait en effet savoir quoi voler et surtout, comment le dérober. Pour ce faire, une connaissance approfondie de l’infrastructure du haut-fourneau était nécessaire car les plaques de refroidissement ne sont pas visibles depuis l’extérieur de la cuve. Sans compter que pour extraire ces plaques de 2 tonnes chacune, il était nécessaire de passer par le haut du fourneau, à plusieurs dizaines de mètres du sol, en utilisant les ponts roulants de l’usine.

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Pas de plainte déposée

Interrogé par Isabelle Lemaire pour La Libre Belgique, le Parquet de Liège a affirmé n’avoir reçu aucune plainte de la part des sidérurgistes. «Mercredi matin, nous avons eu une réunion avec des responsables d’ArcelorMittal au sujet des vols et ils n’ont pas parlé des staves du HFB», a indiqué Damien Leboutte, procureur de division.

Frein à la reconversion

Pour les syndicats, ce nouveau rebondissement est tout bonnement catastrophique. « Cette affaire, qui s’ajoute à tous les autres vols, est interpellante. Cela démontre que l’obligation de préservation de l’outil n’a pas été tenue et que la mise sous cocon n’avait pas de sens », a déclaré Jordan Atanasov, permanent CSC Metea. “Ce qui aurait pu être valorisé et assurer un démantèlement à moindre coût se rajoute à l’ardoise. Et qui va payer pour cela ? Sans compter le risque de freiner la reconversion des sites et donc la création d’emplois.”

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