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Chômage des jeunes à Bruxelles : ceci n’était plus arrivé depuis 1990

Une tendance qui se reflète aussi dans l'Union européenne : l'inflation a fortement reculé en mai dans la zone euro, tandis que le chômage a atteint en avril son niveau le plus bas depuis août 2008 selon Eurostat. | © BELGA PHOTO DRIES LUYTEN

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Le chômage des jeunes à Bruxelles a enregistré en mai un 72e mois consécutif de baisse pour enfin passer sous la barre des 20%.

 

Fin mai, la Région capitale comptait 7.636 jeunes chercheurs d’emploi (-8,2% sur base annuelle), son nombre le plus bas depuis 1990, indique l’Office régional Actiris de mardi. Toutes tranches d’âge confondues, la Région bruxelloise dénombrait fin mai 85.596 chercheurs d’emploi, pour un taux de chômage de 15,3%.

Il s’agit d’une 55e baisse consécutive du chômage et d’une diminution de 2.316 personnes (-2,6%) par rapport au mois de mai 2018. Dans le détail, il y avait à Bruxelles 58.159 chercheurs d’emploi demandeurs d’allocations (DEDA), 4.066 jeunes en stage d’insertion professionnelle et 23.371 autres chercheurs d’emploi inscrits librement ou obligatoirement.

La Flandre toujours en forme

Notons qu’en Flandre, le chômage est aussi en baisse continue depuis près de quatre ans. En mai, la Région comptait encore 174.036 personnes chercheuses d’emploi, le nombre le plus bas depuis novembre 2008, ressort-il lundi des données du ministre flamand de l’Emploi Philippe Muyters et de l’Office VDAB.

Par rapport au mois de mai 2018, la baisse représente 10.000 personnes (-5,8%). Elle concerne toutes les tranches d’âge, tous les niveaux de formation et tant le chômage de longue durée que celui de courte durée. Le taux de chômage est passé sous la barre des 6% en avril, il atteignait fin mai 5,68%.

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Des différences régionales qui s’accentuent

Le chômage de longue durée a baissé lors de la dernière législature, de 4,3 à 2,9%, ressort-il de chiffres d’Eurostat, l’office statistique européen. Les différences régionales entre la Flandre et la Wallonie se sont quant à elles accentuées. « Dans le Hainaut, le nombre de chômeurs de longue durée est six fois plus élevé qu’en Flandre orientale », pointait début mai lundi l’économiste de l’Université de Gand (UGent) Stijn Baert.

Le nombre de chômeurs de longue durée, soit qui cherchent un emploi depuis plus d’un an, a diminué dans toutes les provinces belges lors de la dernière législature, à part en province de Namur. Ils représentent dès lors 2,9% de la population active belge, contre 4,3% auparavant. En Flandre, la proportion a baissé de 1,9 à 1,2% tandis qu’en Wallonie, elle a diminué de 6,6% en 2014 à 4,8% en 2018.

Stijn Baert constate une augmentation des différences régionales. « La Wallonie a connu une croissance économique moins forte, le marché du travail fait de même. » Mais il existe également une « culture » différente sur le plan de la politique d’activation, selon l’économiste flamand. « Bruxelles et la Wallonie ont souscrit au modèle flamand mais nous ne verrons pas les fruits du changement avant des années », avance-t-il.

Selon M. Baert, « les personnes peu éduquées » sont fortement représentées parmi ces demandeurs d’emploi qui ne trouvent pas de travail, surtout pour les plus âgés. « Pour les plus jeunes, le niveau de formation est moins souvent un problème. » Tant en Flandre qu’en Wallonie, le marché du travail n’accueille pas facilement les personnes âgées. C’est le Brabant wallon qui affiche le meilleur taux d’emploi des plus de 55 ans, avec 57,8% pour les 55-64 ans.

Avec Belga.

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