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Nouvelle vague : Jade Magnien, 14 ans, championne de surf à tout prix

Seul obstacle à franchir pour atteindre les plus hautes sphères ? Affronter sa phobie des requins ! | © French surfer Jade Magnien poses for a photograph during a photo session, on March 3, 2017 in Paris. / AFP PHOTO / Martin BUREAU

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14 ans seulement, mais Jade Magnien a tout d’une grande : la native des Landes veut faire partie de l’élite du surf mondial. Et elle se donne tous les moyens pour y arriver. 

Jade revient à peine d’Australie lorsque nous la rencontrons. Quelques heures plus tôt, elle était dans l’avion du retour après avoir passé trois semaines avec son père à l’autre bout du monde. À peine le temps pour elle de retrouver sa mère et son petit-frère de dix ans qu’elle doit déjà se prêter au jeu médiatique. Toute la journée, l’adolescente va enchaîner les interviews, qu’importe le décalage horaire et la fatigue. Il faut dire qu’à 14 ans, la jeune fille n’est pas tout à fait comme les autres adolescents de son âge. Jade Magnien a un rêve : faire partie de l’élite du surf mondial. «Dans dix ans, j’espère être sélectionnée en équipe de France, faire les JO, être sur le Tour», glisse-t-elle.

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Trouver l’équilibre entre le sport et les études

Pour y parvenir, elle met toutes les chances de son côté, soutenue par ses parents. Ils ne lui ont imposé qu’une condition, continuer ses études jusqu’au bac. Alors, Jade s’est inscrite en sport-étude section surf au collège de Capbreton. «Le mardi et le vendredi on va au collège avec notre planche et après les cours on va surfer», raconte-t-elle. Mais pour combler le retard qu’elle pourrait prendre à cause de ses absences, elle est également élève dans un institut spécialisé – la HackSchooling – monté par un ingénieur qui aide les jeunes sportifs à continuer leurs études.  «Et quand je suis à l’étranger, j’ai la même chose via une connexion par Skype», explique l’adolescente au teint halé par le soleil austral.

Calamity Jade

Le rythme est intense pour celle qui est surnommée Calamity Jade depuis qu’elle a atteint la finale d’une compétition entre clubs, terminant troisième juste derrière son entraîneur. Elle aime tellement ce surnom que sur les réseaux, où elle partage sa passion «pour donner un peu de rêve aux personnes qui n’ont pas la chance de voyager», elle l’utilise désormais quotidiennement.Inspirée par Maud Lecar ou encore Johanne Defay ( «elle est exceptionnelle» ), Jade ne baisse jamais les bras, même lorsque les conditions météorologiques sont «pourries» et que la fatigue se fait sentir.

 

Jade se verrait bien suivre les traces de ses idoles – Belga

Coup de foudre immédiat

«En Australie par exemple, le matin je me levais à 4 heures pour aller surfer à 5 heures, et puis on revenait manger avant de repartir, se souvient-elle. Et ensuite j’avais école». Cette vie, l’ado bien dans ses baskets l’a voulue depuis son plus jeune âge. Alors qu’elle ne sait pas encore marcher, son père la met sur une planche. Elle se souvient avec humour qu’à cette époque, elle portait évidemment encore ses brassards mais qu’elle a tout de suite compris que la compétition était ce qu’elle aimait faire. Dans les Landes, où elle grandit, elle passe ses journées dans l’eau. Dès ses six ans, elle participe à ses premières compétitions, «j’ai tout de suite adoré».

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Une première victoire inoubliable

Mais c’est il y a un peu moins de deux ans que Jade a véritablement choisi de consacrer sa vie au surf. Elle fait part de ses envies à ses parents qui décident de la soutenir dans cet incroyable projet. Elle abandonne les autres sports qu’elle pratique, le cirque et l’équitation, travaille avec un préparateur mental,Thierry Saint-Paul,et se familiarise avec le haut niveau. Rapidement, elle remporte les championnats d’Aquitaine, sa «première victoire dans une compétition vraiment importante» et en garde un souvenir mémorable, celui de ses copines – celles de primaire, avec qui le lien ne se coupera jamais – et de son entraîneur la soulevant pour célébrer le trophée. «C’est ça qui m’a donné envie de continuer», raconte-t-elle pleine de nostalgie.

La phobie des requins

À seulement 14 ans, Jade a déjà parcouru une grande partie du monde, Bali «plusieurs fois», la Californie, le Portugal,… mais c’est en Australie qu’elle se sent dans son élément. Les vagues, la culture «incroyable», le partage naturel avec les locaux alors qu’en France parfois, «il y a une sorte de concurrence». «Quand je suis sur ma planche là-bas, je vois que le monde à l’eau est complètement différent, on se dit bonjour alors qu’on ne se connaît pas, on rigole tous ensemble», nous dit-elle avant de plaisanter : «Mon seul problème c’est que j’ai la phobie des requins».

 

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