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Comment la série Chernobyl va permettre de sauver des centaines de chiens errants

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Chernobyl. | © HBO

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En retraçant la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, Chernobyl évoque le sort réservé aux animaux touchés par les radiations. Des séquences (dont une coupée au montage) qui ont particulièrement bouleversé le public – Attention spoilers.

Qui ne ressort pas secoué, ému, voire bouleversé, après avoir regardé Chernobyl ? Quoiqu’on en dise ou que d’autres en pensent, la mini-série HBO est une claque, une vraie. Tant pour le drame qu’elle retrace que pour ses petits détails qu’on avait omis de lire dans les bouquins d’histoire. Avec son scénario choc et ses scènes à couper le souffle, il aura suffi de cinq épisodes pour qu’elle soit sacrée meilleure série de tous les temps.

Après avoir été applaudie par le maître de l’angoisse John Carpenter, la série jouit désormais d’un succès qui lance un nouveau (et massif) élan touristique à Tchernobyl. Mais derrière les centaines d’instagrammeurs venus prendre la pose sur les lieux du désastre, d’autres viennent pour une autre mission : venir en aide aux chiens de la région.

Un massacre « bien pire dans la réalité »

Dans son épisode 4 (spoilers), Chernobyl évoque le sort réservé aux animaux touchés par les radiations nucléaires. Des séquences particulièrement pénibles à regarder pour une grande partie des téléspectateurs. On y voit notamment les « liquidateurs » chargés d’abattre les animaux sauvages et domestiques encore présents dans les environs de la catastrophe, mener difficilement leurs opérations. Considérés comme hautement radioactifs, les chiens et les chats abandonnés par leurs maîtres ne sont pas épargnés. Par dizaines, leurs corps criblés de balles finissent entassés dans une fosse avant d’être ensevelis par le goudron.

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Si les scènes d’exécutions ne sont que suggérées, afin de ne pas heurter davantage la sensibilité de certains, « cette histoire était bien pire en réalité, dans la vraie vie », a souligné le créateur de la série Craig Mazin, affirmant avoir supprimé une scène jugée « glauque » et trop dure à montrer. « C’est un récit raconté dans le livre ‘La supplication Tchernobyl’ de Svetlana Alexievitch. Un récit que nous avons filmé, mais c’était trop. Trop glauque », raconte-t-il à Entertainment Weekly.

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Chernobyl, © HBO.

Pluie de dons

En faisant la lumière sur la condition des chiens errants vivant à proximité de la centrale électrique ukrainienne, la série américaine a (sans le savoir ?) accompli une bonne action. Comme le révèle USA Today, la diffusion de Chernobyl a suscité un intérêt soudain pour l’association Clean Futures Fund qui vient en aide aux chiens de Tchernobyl. Aujourd’hui, elle estime que plus de 250 chiens errants vivent encore autour de la centrale nucléaire, que plus de 225 vivent à Tchernobyl et que des centaines d’autres vivent aux différents points de contrôle et traînent dans les environs de la zone d’exclusion.

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Née en 2017, l’association n’a jamais reçu autant de dons que depuis la sortie de la série événement. Via son projet GoFundMe, qui vise à financer des soins vétérinaires pour pouvoir stériliser ou vacciner les chiens errant de la ville ukrainienne, l’association américaine a récemment récolté plus de 65 000 dollars. « La population a pris conscience que ces animaux existaient et souffraient », s’enthousiasme son président Lucas Hixson. Les conditions dans la zone d’exclusion ne sont pas propices à une vie saine, ajoute-t-il. À l’époque, l’espérance de vie des chiens nés dans la région était inférieure à deux ans en raison des conditions difficiles et du manque de soins médicaux. « Pour la première fois en 32 ans », s’exclame Lucas Hixson, « nous avons reçu l’autorisation spéciale de sauver et de mettre à l’adoption des chiots de la zone d’exclusion ». L’an dernier, 40 chiots ont été envoyés dans des foyers adoptifs aux États-Unis et au Canada, et plus de 2 000 familles ont déposé une demande pour adopter un chiot de Tchernobyl.

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