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L’Algérie attend sa révolution

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En Algérie, les manifestations continuent chaque vendredi, comme ici à Alger. | © AFP

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Suite à la démission du président Abdelaziz Bouteflika annoncé le 2 avril 2019 après vingt ans au pouvoir, l’Algérie est toujours en pleine révolution. Plus de quatre mois de manifestation, les Algériens sont toujours mobilisés pour faire avancer les choses. Ils se réunissent tous les vendredis, les rassemblements restent impressionnants.

 

« On sent qu’il y a du changement », nous dit Zahia, oranaise de 47 ans, ingénieur en génie civile mais également très impliquée pour son pays. « Au niveau des communes, tous les  hommes politiques corrompus sont poursuivis par la justice pour corruption et abus de pouvoir » continue Zahia, une grande avancé depuis que Abdelkader Bensalah a reprit les rênes de l’Algérie par intérim le 9 avril 2019.

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« La lutte contre la corruption n’admet aucune limite et aucune exception ne sera faite à quiconque. L’heure des comptes est arrivée. Il est temps d’assainir notre pays de toute personne malhonnête », a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah lors d’une visite de travail et d’inspection à la 3e Région Militaire à Béchar.  Le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire s’est imposé comme l’homme fort du régime algérien.

Depuis le 2 avril, plusieurs politiciens ont été arrêtés comme l’ancien premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, accusé d’avoir profité de son lien avec l’ancien président, ou son entourage, pour obtenir des avantages. C’est la première fois qu’un ancien premier ministre est trainé en justice pour des faits de corruption.

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Les manifestations. ©AFP

De richissimes et puissants hommes d’affaires ont été placés en détention provisoire, comme Mahieddine Tahkout, patron d’une usine de montage automobile, aussi un proche du président déchu. Il est accusé de blanchir de l’argent, d’avoir obtenu des privilèges industriels de la part des ministères des Transports et de l’Industrie, et de l’Agence nationale de développement de l’Investissement.

Toujours pas de date pour l’élection présidentielle

« Tout ce qui se passe maintenant est pour l’intérêt du peuple », se rassure Brahim, un étudiant algérois âgé de 20 ans, pour lui c’est une transition vers une « nouvelle république algérienne ». Peu à peu l’Algérie essaie de se refaire une santé, de faire monter le dinar dans l’économie. Une élection présidentielle était attendue le 4 juillet mais, étant donné que les manifestions n’ont pas cessé, et que les Algériens réclament un changement démocratique plus radical, et plus de temps pour préparer les élections pour éviter une nouvelle fois qu’elles ne soit truquées,  elles ont été reportées. L’initiative a été soutenue par plusieurs candidats. Aucune date n’a pour le moment été donnée, Abdelkader Bensalah restera donc encore le président par intérim le temps qu’il faudra…

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