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Brexit : et si Boris Johnson appelait à des élections anticipées ?

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Boris Johnson, le 2 septembre 2019. | © SIMON DAWSON / POOL / AFP

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Boris Johnson réunit en urgence lundi après-midi les membres clefs de son gouvernement alors que la rentrée parlementaire, mardi, s’annonce houleuse. 

Boris Johnson réunit en urgence lundi après-midi les membres clefs de son gouvernement, à la veille d’une semaine cruciale au Parlement, alimentant les spéculations sur de possibles élections anticipées, à l’approche du Brexit prévu le mois prochain. Selon les politologues, le Premier ministre conservateur pourrait appeler prochainement à des élections législatives s’il perd son bras de fer cette semaine contre les députés opposés à une sortie sans accord de l’Union européenne. La rentrée parlementaire, prévue mardi, s’annonce houleuse.

Boris Johnson a suscité l’indignation de nombreux députés en annonçant qu’il suspendrait le Parlement pendant cinq semaines, comme il en a le droit, et ce malgré la probabilité d’un Brexit sans accord le 31 octobre, la date prévue de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Les élus opposés à un « no deal » – que le gouvernement envisage désormais ouvertement – accusent le Premier ministre de vouloir les « bâillonner » en réduisant le temps des débats. Pour y parer, ces députés essaieront dès mardi de légiférer dans l’urgence afin d’empêcher un départ sans filet de l’UE. Selon la BBC, ils souhaitent imposer un nouveau report du Brexit, de trois mois, au 31 janvier. Mais les élus n’auront que quelques jours de sessions pour légiférer, et recueillir le soutien nécessaire, avant la suspension du Parlement la semaine suivante, et ce jusqu’au 14 octobre, à deux semaines seulement du Brexit.

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Boris Johnson menace d’exclusion les « rebelles »

Durcissant le ton, Boris Johnson a menacé d’exclusion la vingtaine d’élus conservateurs « rebelles » qui pourraient voter avec l’opposition et a annulé une rencontre prévue lundi avec ces derniers. Il s’adressera toutefois à l’ensemble des Tories lundi soir lors d’une réception à Downing Street. Parmi ces « rebelles », figurent l’ancien ministre des Finances Philip Hammond, qui a exhorté dans une lettre le Premier ministre à répondre à leurs préoccupations devant la Chambre des Communes mardi.

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Des manifestants pro-UE, le 2 septembre 2019. © Ben STANSALL / AFP

La menace de purge chez les Tories nourrit les spéculations sur l’imminence d’élections anticipées. « Johnson est prêt à sacrifier sa majorité » au Parlement, qui ne tient qu’à une voix, affirme le quotidien The Guardian. Selon le Sun, Boris Johnson pourrait même convoquer dès mercredi des élections, qui pourraient alors avoir lieu à la mi-octobre, avant un sommet européen prévu à Bruxelles.

Le gouvernement se garde toutefois de confirmer les rumeurs. « Le Premier ministre ne veut pas qu’il y ait d’élection », a assuré un porte-parole de Boris Johnson, insistant sur le fait que ce dernier était « entièrement focalisé » sur la mise en oeuvre du Brexit, conformément à la volonté des 52% de Britanniques qui ont voté pour quitter l’UE lors du référendum de 2016. « Il serait tout à fait déraisonnable pour les députés (…) de tenter de lier les mains du Premier ministre alors qu’il essaie de négocier un accord qu’ils puissent soutenir avant le sommet européen d’octobre » à Bruxelles, a argué ce porte-parole.

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« Dernière chance »

De son côté, le chef du Labour, le principal parti d’opposition, Jeremy Corbyn, a appelé au rassemblement pour éviter un « no deal » lundi dans un discours à Salford (nord-ouest). « Nous travaillons avec d’autres partis pour faire tout ce qui est nécessaire afin d’éloigner notre pays du précipice », a-t-il expliqué, ajoutant : « Cette semaine pourrait être notre dernière chance ». Il continue de laisser ouvertes toutes les options, y compris une motion de censure contre le gouvernement, et soutient l’organisation d’élections législatives « pour que les gens décident de leur avenir ».

Une sortie sans accord de l’UE semble désormais le scénario le plus probable, le négociateur de l’UE, Michel Barnier, confiant dimanche ne pas être optimiste sur la possibilité d’éviter ce scénario dans une tribune au Sunday Telegraph. Michel Barnier a exclu de renégocier l’accord de divorce avec le Royaume-Uni conclu par l’ex-cheffe du gouvernement Theresa May avec l’UE et rejeté trois fois par le Parlement britannique.

Boris Johnson souhaite délester de cet accord le dispositif du filet de sécurité irlandais (ou « backstop ») visant à empêcher le retour à une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Cette disposition prévoit que le Royaume-Uni tout entier resterait dans une « union douanière » avec l’UE faute de meilleure solution à l’issue d’une période transitoire.

Selon un porte-parole de Boris Johnson, Londres a fait des « propositions raisonnables » à l’UE, qui ont fait l’objet de discussions avec Bruxelles pendant les vacances parlementaires. Outre le Parlement, la bataille contre la suspension se jouera aussi cette semaine dans les tribunaux, avec des audiences en Ecosse et à Londres, et dans la rue, avec de nouvelles manifestations.

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