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Mamy fait de la résistance : Louise, 85 ans, tagueuse à ses heures

Louise a dû convaincre les policiers qu'elle était bien l'auteur du graffiti | © Facebook @ Bernerzeitung

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Il n’y a pas d’âge pour l’activisme, et Louise Schneider vient de le prouver. Cette Suissesse de 85 ans a été arrêtée mardi à Berne, où elle venait de tagger un des murs de la Banque nationale suisse.

 

Son graffiti ?  «L’argent pour les armes tue», inscrit à la peinture rouge. Une façon pour cette militante de longue date du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) de manifester son mécontentement, alors que le GSsA démarrait la récolte de 100 000 signatures nécessaires pour que son initiative populaire «Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre» puisse devenir un référendum. «Je me suis toujours levée contre la guerre et la pauvreté, mais rien ne changera tant qu’il y aura des armes», a dénoncé l’octogénaire, citée par 20 minutes. «Notre argent ne doit en aucun cas finir dans les poches des producteurs d’armement. J’ai été élevée dans la paix».

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Des policiers sceptiques

Selon Luzian Franzini, co-président des Jeunes Verts cité par Le Matin, plus de 400 millions de dollars sont dépensés en armes et matériel chaque année. «Nos fonds d’épargne et de pension à tous investissent dans l’industrie opaque, non transparente et corrompue des armes, sans que nous puissions empêcher cela», a-t-il plaidé, souhaitant que la finance suisse cesse d’investir dans des fonds auxquels appartiennent des marchands d’armes. Louise Schneider s’est elle-même rendue à la police, mais les officiers ne la croyaient pas responsable de l’inscription. Ils ont fini par l’embarquer, non pas sans avoir été moqués par l’octogénaire : «Ils ne me croient pas quand je leur dis que c’est moi !», avait-elle lancé aux témoins de la scène.

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Pas de poursuite grâce à « l’attention médiatique »

La photo de Louise Schneider a fait le tour du monde, ce qui a plu à l’octogénaire, comme elle l’a raconté au Matin : «Vu que je n’ai pas Internet, je n’ai pas vu toutes les réactions. Apparemment, il y a eu des articles jusqu’aux Etats-Unis et en Afrique. Avec toute cette attention médiatique, la Banque nationale a renoncé à me poursuivre». Un geste médiatisé parmi tant d’autres dans une vie «dédiée au pacifisme», notamment au sein du GSsA : «Je ne pourrai jamais m’arrêter de défendre ces idées. Tant que ma santé suivra, je continuerai ma lutte. En 50 ans, j’ai fait tellement de manifestations et d’actions». Au moment de tagger la Banque nationale, Louise Schneider a notamment pensé à son mari Paul, décédé à l’âge de 96 ans il y a peu de temps : «Il est toujours avec moi dans mon cœur. C’est pour lui que je continue. C’est si dur sans lui».

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