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Croisière gastronomique au paradis Caraïbes

croisière caraïbes

L'Océania Riviera. | © DR.

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Avec un taux de remplissage de 95% sur son navire le Riviera, la compagnie Océania Cruise est une des plus populaires au monde. La raison ? Un confort raffiné et un soin particulier apporté à la gastronomie à bord. « The finest cuisine at sea ! », clame t-elle. Nous l’avons testée.

 

Avec 50% d’augmentation de la fréquentation entre 2012 et 2016, et près de 27 millions de passagers, le voyage en croisière ne s’est jamais aussi bien porté. Il y en a pour tous les goûts, parfois pas les meilleurs (genre croisières à thèmes heavy metal ou seins nus…) mais certaines compagnies perpétuent la tradition d’un tourisme maritime raffiné. Alliant plaisirs épicuriens dans une ambiance chic et décontractée. C’est le crédo d’Océania Cruises. Son succès ne se dément pas. Sur l’un de ses plus beaux navires, le Riviera, sorti de chantiers italiens en 2012 et rénové en 2019, elle affiche 95% de taux d’occupation. Une performance pour une capacité de 1250 passagers pour 800 membres d’équipages.

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Nous embarquons du port de Miami, pour une boucle en Amérique centrale qui nous mènera au Mexique, au Bélize, en passant par le Guatemala, le Honduras, les Iles Caïmans, un passage à Key West, avant un retour après 11 nuits à bord, à Miami.

Bienvenue à bord

A l’embarcadère de Miami, on vous déleste rapidement de vos bagages que vous retrouverez, confort suprême, devant votre cabine. En moins d’une heure, vous montez à bord grâce à une organisation au cordeau : peu d’attente et un accueil friendly pour vos 950 compagnons d’expédition et vous-même. La sécurité n’en est pas pour autant négligée et les procédures, draconiennes. Nous sommes aux États-Unis. Vous avez fait l’échange de votre passeport contre votre carte Océania Cruises. Vous pourriez presque vous faire tatouer ce sésame sur la peau, tant il vous sera indispensable à bord : clé, carte de crédit, badge, pièce d’identité…

Dès le lobby, le ton est donné. On ne fait pas dans le bling-bling. Rien de clinquant ni d’ostentatoire. La décoration est intemporelle, néoclassique, ponctuée de belles pièces de mobilier et des toiles aux couleurs vives contemporaines viennent twister l’ensemble. Il règne une douce et claire ambiance due au choix des matières, et aux larges ouvertures vers l’extérieur ; bientôt sur la mer… Un ensemble de musique de chambre joue en live. So chic ! La pièce maîtresse de ce décor est un escalier en fer à cheval conçu par Lalique. La taille moyenne du navire est rassurante mais comme souvent, trompeuse. Vous mettrez au moins 3 jours à regagner votre cabine, sans faire deux fois le tour du pont.

À vos quartiers

C’est une cabine véranda spacieuse : douche et bain, amenities Bulgari, very king-size bed. Mais c’est sur votre balcon que vous êtes irrésistiblement attirés, envahis par ce sentiment de liberté que procure la mer, dans la douceur de cette fin de journée en Floride. Votre première préoccupation, c’est de vous connecter au wifi qui est gratuit. C’est à souligner, et non négligeable. Beaucoup de compagnies vous facturent cette prestation à des prix souvent exorbitants. Vous pouvez vous abandonner à la joie du départ et instagrammer à votre guise dans cette ambiance de fête, un cocktail Blue Lagoon à la main. La sirène retentit et les passagers saluent ceux restés à quai.

Une Penthouse Suite de l'Oceana Riviera.
Une Penthouse Suite de l’Oceana Riviera. © 2019 VRX Studios.

Sea day

Aujourd’hui, c’est le premier jour de mer. Il est 6 heures du matin et vous ouvrez la baie vitrée de votre cabine. Rien n’arrête votre regard et le vrai luxe est là: un lever de soleil que vous pouvez contempler de votre lit à l’incroyable confort, conçu spécialement pour la compagnie. Un moment hors du temps.

La terrasse d'une cabine.
La terrasse d’une cabine. © 2019 VRX Studios.

Gastronomie en haute mer

Les « sea days » sont rythmés par les repas et c’est en fait, la principale occupation, ou préoccupation des passagers. A part « chiller » sur un transat. Ils voyagent d’ailleurs sur cette compagnie, en grande partie pour sa réputation de meilleure cuisine en mer. Sur le Riviera, il n’y a pas moins de 5 restaurants gastronomiques. Le personnage principal de notre navire est d’ailleurs le Chef. Vous ne pouvez pas le manquer. Avec ses allures de Thierry Marx, sa stature de rugbyman et sa toque vissée sur la tête. C’est un homme chaleureux mais on imagine qu’en cuisine, il ne fait pas bon s’emmêler les spatules. Si le Commandant de bord est invisible, notre charismatique Chef, lui, se dédouble. Il est visible à toute heure et en tout lieu. Du petit déjeuner au dernier service du dîner. Et dans les différents restaurants du navire, pour tout surveiller dans le moindre détail. Et ce n’est pas une mince affaire que d’atteindre ce niveau d’excellence, sur cet hôtel flottant qui sillonne la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique pendant 12 jours. C’est le talent Chef français Jacques Pépin, établi depuis des décennies outre-Atlantique, qui a signé la carte mais c’est un de ses disciples, nantais d’origine, Farid Oudir, qui officie sur le Riviera.

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L’offre à bord est très ciblée. Cuisine française « bourgeoise », donc classique et roborative mais excellente. Nous en avons un parfait exemple dans l’un des spots les plus courus du bateau : La Réserve. Son nom est bien choisi, parce qu’il est impératif de réserver sans certitude d’obtenir un couvert ; même pour les plus fidèles passagers. Rien que le menu, posé sur votre assiette tel un parchemin, en dit long sur le cérémonial de ce dîner. C’est une cuisine, telle qu’on la faisait au 19ème siècle : un voyage dans le temps et le style, avec apéritif, deux entrées, un poisson, une viande, fromage, dessert et mignardises accord mets-vins… Whaou ! Tout cela est servi à l’assiette par le chef lui-même, dans une mise en scène un peu pompeuse mais au millimètre. Salle comble et succès assuré, surtout par la clientèle américaine et asiatique, qui raffolent de la cuisine française et de ce genre de tradition surannée. Clairement, on ne fait pas dans le vegan. On explose même les compteurs question protéines animales et triglycérides, mais cela fait partie du plaisir du voyage.

Exemples de plats et desserts servis à bord.
Exemples de plats et desserts servis à bord. © DR.

On se dit que l’on sera plus raisonnable le lendemain au Gingerqui revisite avec bonheur et un esthétisme poussé à l’extrême, les classiques de la cuisine asiatique mais évidemment il n’en est rien. Puisque vous vous gavez d’excellents sushis.

Ailleurs, vous ne résisterez pas aux sublimes pâtes à la langouste du Toscana, préparées par un chef de la Botte, et qui décline les produits certifiés de son pays, dans une vaisselle signée Versace.

Un plat du Toscana.
Un plat du Toscana. © Josh Lewis.

Un autre jour, Vous prendrez alors le parti de faire diététique à la Terrasse, le restaurant buffet, où une petite cure de langoustes grillées vous réconciliera avec votre foie. Les produits sont d’une absolue fraicheur. On ne vous sert jamais deux fois la même chose à bord. Aussi, ce sont les poissons qui profiteront de l’excellent surplus, si vous ne finissez pas votre assiette.

A signaler l’endroit feel good du bateau : Le Barrista, une sorte de lounge à la décoration 50’s revisitée. Un lieu de passage où vous pouvez vous restaurer à toute heure de la journée, de délicieux sandwiches ou cannelés avec vue sur la mer et les transats. Vous y serez invités à des apéritifs destinés aux voyageurs solos.

Terre en vue

Sur douze jours de croisière, vous avez huit opportunités de quitter le navire. Vous pouvez opter pour les excursions proposées par la compagnie, extrêmement variées, mais qui ne répondent pas totalement à vos aspirations de découverte d’un pays. En croisière, on ne fait malheureusement qu’effleurer les pays. Souvent, les sites les plus intéressants sont loin des côtes. Il faut faire avec ces contraintes. Ou tenter de s’aventurer par ses propres moyens. La plupart du temps, c’est la meilleure des solutions pour, un peu, voir et s’imprégner de l’ambiance d’un lieu.


La Riviera Maya

Que dire de la Riviera Maya version Cozumel… Si ce n’est votre déception devant ce tourisme mercantile que l’on découvre un peu partout dès que l’on accoste. Vous débarquez dans un port totalement dédié à ces immeubles flottants. Certains dépassent de beaucoup en taille et en niveau sonore votre propre navire, et vous subissez cette cohabitation. Des vagues de croisiéristes empruntent la même jetée. Tout est fait pour que les gens achètent : duty free shops, boutiques de souvenirs à des prix exorbitants. Les excursions restent désespérément le maillon faible de ce genre de voyage. Pour votre part, sur cette étape mexicaine, vous avez opté pour la visite d’un site archéologique, en fait, quelques pyramides Mayas et quelques ruines à une heure de bus du port. Votre déception est à la hauteur de vos attentes. Le site est à peine entretenu, faute de moyens, et enseveli sous une épaisse végétation. Définitivement, vous ne percerez pas le secret de cette civilisation sur la Costa Maya. Vous n’êtes pas fâchés de remonter à bord dans votre cocon luxueux et de regagner la mer qui est la seule chose authentique de la journée. A la place, vous barboterez dans le jacuzzi du spa. Vous auriez mieux fait d’aller faire du snorkeling, peut-être que les fonds marins vous auraient réservés de merveilleuses surprises. Bad choice !

Au Guatemala

Cette fois-ci, nous sommes un petit groupe et nous louons les services d’un chauffeur pour trois heures. C’est extrêmement raisonnable, et vous pouvez vous arrêter quand cela vous chante. Ce pays merveilleux qu’est le Guatemala est une destination à part entière, avec ses volcans encore en activité, sa jungle, ses sites archéologiques bien conservés, mais que nous n’aurons pas le temps non plus d’explorer. C’est un dimanche et les habitants de Puerto Barrios sortent de la messe. Ils sont extrêmement bien habillés et vous sourient spontanément. Visiblement, ils ont peu l’habitude de voir des touristes s’aventurer dans leur ville, pourtant le port le plus important du pays, anciennement la capitale de la banane. Nous nous perdons dans un vrai marché où nous achèterons même les santiags de nos rêves que nous n’avions pas trouvées à Paris. Vous retrouvez votre enthousiasme de voyage. Tout est coloré et gai, même les cimetières incitent à la promenade, et vous donnent l’occasion de faire quelques posts instagram cocasses.

Au Honduras

Même dilemme. A peine 7h d’escale, alors l’excursion avec un petit tour en bus vous parait la meilleure option pour avoir un micro aperçu du pays (la capitale, Tegucigalpa, est à 45 minutes de vol du port…) On nous emmène faire la visite d’un parc animalier sans intérêt particulier et d’une ferme qui préserve les Iguanes. Nous aurons juste ressenti le mauvais état des routes dans notre bus et aperçu un peu de luxuriante végétation et quelques maisons en bois. Que retenir de ce pays d’Amérique centrale, où Christophe Colomb accosta en 1502 et qu’il baptisa Honduras ? Pas grand-chose…

Nous nous rattraperons à la prochaine escale : les Iles Caïmans, du nom des crocodiles marins qui y vivaient. Dans ce petit paradis fiscal, à George Town, il n’y a pas moins de 600 banques et des coffres forts à tous les coins de rue. Et des bijouteries, grandes comme des supermarchés, sans compter les enseignes prestigieuses dont les noms flottent sur des drapeaux au long des rues. Également de belles plages, comme celle de Seven Miles Beach, avec son long croissant de sable blanc et ses eaux cristallines.

Dernière étape : Key West Florida

Nous voilà de retour aux États-Unis. Notre navire accoste près d’une petite marina. Plus de 500 bateaux de croisière s’y arrêtent chaque année. L’archipel des Keys constitue le point le plus méridional des États-Unis, matérialisé par une borne rouge devant laquelle il est de bon ton de se faire photographier.  Notre promenade se fera en petit train, au long des rues, à admirer les demeures aux couleurs pastel de style « Conch ». Dont celle d’Ernest Hemingway, devenue un musée et dont les descendants du chat hantent encore les lieux. Cette ville a un charme particulier, au point que le Président Truman en avait fait un lieu de villégiature pour la douceur de son climat. C’est d’ailleurs un coin prisé par les américains pour s’y retirer, et on les comprend.

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Y aller
De Miami à Miami
Embruns marins – Voyage de 10 jours
https://fr.oceaniacruises.com/

Tarifs à partir de 1809€ par passager avec forfait tout compris OLife Ultimate (valable pour les cabines catégorie B4 à PH1) qui inclut l’ensemble des prestations : accès Internet, 6 excursions à terre, U$600 de crédit à dépenser à bord. Les prestations s’entendent par cabine.

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