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Loïc Nottet : « L’être humain est égoïste »

« L’épidémie de coronavirus est l’occasion de montrer notre union » déclare le chanteur belge. | © BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

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Son  album Sillygomania sortira prochainement.

Par Christian Marchand

 

Paris Match. Vous qui aimez les films d’horreur, vous avez été servi avec la crainte des scalpels, piqûres et opération en janvier dernier…
Loïc Nottet. Oui, cette chute de ski m’a pourri la vie. Tout va mieux, même si j’en souffre encore. J’ai été immobilisé plusieurs jours. Mes ligaments étaient touchés, ma clavicule déboîtée et le chirurgien a dû tout consolider avec une plaque. Sans compter la rééducation. Dur.

Dans votre nouvel album, vous incarnez différents personnages en lien avec vos expériences. Et après viendront un roman et d’autres projets. Pourquoi ?
Parce que j’ai vécu des émotions très fortes, comme la tristesse et les perturbations de l’enfance. J’ai besoin de partager tout cela. Je suis un être perclus de doutes. Je suis souvent gravement effrayé par les événements. Je trouve notre monde très beau, mais aussi tellement en manque de magie… De plus, le climat actuel est assez tendu et morose. Nous avons une très belle planète avec des endroits merveilleux, mais elle laisse peu de place à la rêverie.

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C’est pour cela que vous chantez « Ce monde de fous m’étrangle, m’écrase, me brûle, me détruit (…) Ce monde de lutte où l’homme n’est qu’une brute, où l’amour n’est plus rien » ?
Quand j’ai écrit cette chanson, j’étais dans un esprit de ras-le-bol. Du coup, j’ai écrit tout ce que j’avais sur le cœur. Je ne fais jamais semblant. Pour moi, rien n’est gris, blanc et noir. Non, c’est noir ou blanc. C’est toujours l’extrême. Rien n’est dosé chez moi. Il y a des jours où je dois regarder plein de films de Disney pour juste m’évader. J’aimerai bien ne pas devoir grandir. Dans ce monde, je ne me sens pas toujours à ma place. J’ai l’impression de vive à contresens.

Avec une telle sensibilité, comment vivez-vous l’épidémie de coronavirus ?
Je me demande où tout ça va s’arrêter. J’ai peur pour les personnes à risques. Peur pour ceux qui sont fragiles et souffrent déjà de problèmes de santé. Personnellement, je crains davantage le cancer que le coronavirus, car je suis persuadé qu’on va rapidement trouver un vaccin pour contrer le deuxième. Cela dit, c’est effrayant de voir des villes complètement vides. Mais restons unis et forts. Aujourd’hui, il devient difficile de rêver. Il faut croire en des lendemains meilleurs.

Pour vous, le nom de Greta Thunberg évoque quoi ?
Le courage et la volonté de se battre. Le combat qu’elle mène est essentiel pour notre planète. Celle-ci est notre héritage, nous devons en prendre soin. Notre monde ne va pas bien, il faut qu’on trouve des solutions. C’est super beau de voir des jeunes qui s’en soucient et se battent. Moi-même, je suis révolté lorsque je vois un emballage plastique qui emballe d’autres choses en plastique. Ça ne sert à rien. Ou une voiture qui fume à mort dans un embouteillage !

 

©DR

Pensez-vous que les gens oublient qu’on a un avenir commun ?
L’être humain est égoïste. On a tendance à croire que les mauvaises choses ne viennent que des autres.

Qu’avez-vous envie de dire aux politiques ?
Je suis apolitique mais je n’ai pas envie d’une scission entre les Flamands et les francophones. J’entends bien les problèmes, mais je suis pour l’unité du pays. On a tellement à apprendre l’un de l’autre… Ce qui se passe avec le coronavirus est l’occasion de montrer notre union et de trouver des solutions ensemble. D’être unis. Nous serons plus fort en étant belges avant tout.

Quelle est la cause pour laquelle vous vous battez personnellement ?
Je viens de faire le Sidaction en France. Il est important de toujours parler du sida. Le VIH et le cancer sont aussi ravageurs que le coronavirus. En tant qu’artiste, c’est un peu notre rôle d’être des porte-paroles, de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. En participant au Sidaction, je veux mettre en garde les jeunes qui ne connaissent pas le VIH et ses atrocités. Je pense également au combat des femmes et à celui des homosexuels. Nous avons besoin de plus de justice et d’amour. J’aimerais vivre dans un monde où règne l’égalité.

Qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Les guerres linguistiques.

Quelle est l’expression belge qui fait marrer les Français ?
Quand je crie : « Tcheu, dis ! »

©DR

 

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