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Trésors wallons : Les Trous des Fées, des lieux magiques

Le Trou des Fées de Virton, un lieu empreint de mystère. | © Photos Guy Focant@ SPW-AWaP

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Mystères et fascination au cœur de la Gaume.

 

Par Florence Pirard

Ce petit coin de Belgique a des airs méridionaux. Il y fait plus doux que partout ailleurs en Wallonie. Des preuves ? A Torgny, on rencontre depuis un bon moment déjà la cigale, ainsi qu’une série de plantes qui, en règle générale, se trouvent beaucoup plus au sud. Située à un jet de pierre de la frontière française, la Lorraine belge se partage linguistiquement en deux. A l’est, l’Areler Land, le pays d’Arlon, est de langue germanique ; à l’ouest, c’est la Gaume, de langue romane, avec Virton et Florenville. De très beaux villages possèdent un petit patrimoine populaire aussi discret qu’émouvant, comme ces calvaires croisés au détour d’un chemin ou au coin de la rue d’un village. La région est parcourue par le parc naturel de la forêt d’Anlier, qui vous entraîne à la découverte d’un monde végétal et animal parfois méconnu. C’est aussi le cas du parc naturel de la vallée de l’Attert, le plus petit parc wallon mais sans doute l’un des plus riches en termes de patrimoine.

La Gaume est aussi une terre de légendes et d’êtres fantastiques et, au détour de l’une de vos balades, vous apercevrez peut-être des fées. Virton et Chassepierre abritent chacun un Trou des Fées, deux lieux-dits à découvrir, séparés seulement d’une trentaine de kilomètres.

A Virton, un enchantement

Un graffiti au Trou des Fées de Virton et un visage gravé dans la roche. ©Guy Focant@ SPW-AWaP

Le premier se situe à la Croix-Rouge, le grand carrefour formé par les routes d’Etalle à Virton et d’Ethe à Tintigny. Le surplomb rocheux est composé de grès siliceux fortement érodé et perforé par de nombreuses cavités. A l’ère jurassique, lorsque la mer occupait encore le Bassin parisien, l’érosion naturelle y a creusé des galeries dans le cron, un grès friable qui se désagrège en sable blanc non calcaire.

La galerie principale est longue de 15 m, mais il semble que l’homme ait amplifié l’œuvre de la nature. En tout cas, les lieux furent occupés durant la Préhistoire, car on a trouvé à proximité des artefacts de silex. Le Trou des Fées, témoin exceptionnel des temps géologiques du Tertiaire, a donc été complété de galeries souterraines creusées par l’homme. La légende, également liée à celle des quatre fils Aymon, raconte que des fées habitaient ce lieu magique.

 

A Virton, une vue vers l’extérieur, à l’abri des regards. ©Guy Focant@ SPW-AW

En approchant de cette grotte, on remarque le contraste des pins sylvestres des environs avec la forêt feuillue de son environnement direct. Ce fragment forestier est composé d’une chênaie à luzule avec une végétation plutôt acidophile : myrtille, bourdaine, fougère aigle, bouleau verruqueux, sorbier des oiseleurs, germandrée scorodoine, muguet, mélampyre des prés, canche flexueuse et callune. Cette dernière plante, appelée aussi fausse bruyère, possède un calice en grelot de couleur rose cachant une minuscule corolle, tandis que les vraies bruyères (Erica) ont une corolle rose ou rouge et un calice vert.

Organiser sa visite à Virton et à Florenville

Pour découvrir le site du Trou des Fées de Virton, le Sentier des Fées propose une balade hors du commun de 1,5 km, parsemée de défis à réaliser. Pour les présenter, des socles en bois en forme d’étoile magnifient la magie des lieux tout en restant à hauteur d’enfant. Accessible toute l’année, le Sentier des Fées offre à ceux-ci un parcours didactique qui permet de redécouvrir la forêt en jouant tout en se ressourçant au grand air. Laissez donc libre cours à votre imagination en compagnie de créatures extraordinaires au Trou des Fées ! Pour visiter Chassepierre et sa région, de nombreuses promenades et activités en plein air sont proposées.

Consultez le site du tourisme de la Gaume pour préparer votre visite : www.soleildegaume.be

Chassepierre, un village gaumais

Le Trou des Fées de Chassepierre. ©Guy Focant@ SPW-AWaP

Situé au cœur de la Gaume septentrionale, à seulement quatre kilomètres de Florenville, le petit village de Chassepierre prend racine dans un étroit vallon s’ouvrant sur une boucle de la Semois. Paradis des peintres, le village conserve un ensemble architectural homogène composé de nombreuses maisons des XVIIIe et XIXe siècles, de l’église Saint-Martin entourée de son cimetière, d’un presbytère et d’un ancien moulin banal. La route Florenville-Bouillon, à hauteur de Chassepierre, domine le village de quelque cinquante mètres. A cet endroit, elle offre un magnifique panorama, formé d’une des plus gracieuses boucles de la Semois, ainsi qu’une vue caractéristique sur la première cuesta, particulièrement abrupte.

Situé en contrebas de l’église de Chassepierre, le Trou des Fées est bien connu des habitants de la région. Suivant le même procédé géologique qu’à Virton, les galeries souterraines de Chassepierre se prolongent sous les fondations de l’ancien moulin et rejoignent le presbytère, dont elles se confondent avec les caves. Le Trou des Fées ainsi que les ruines du moulin sont restaurés et intégrés dans un circuit de visite.

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L’un des plus beaux villages de Wallonie

L’église Saint-Martin de Chassepierre, classée comme monument depuis 1994. ©Guy Focant@ SPW-AWaP

Chassepierre est reconnu comme l’un des plus beaux villages de Wallonie. L’association des Plus Beaux Villages de Wallonie a été créée en 1994 en s’inspirant notamment du modèle français. Depuis lors, l’association diffuse, au travers d’une mosaïque de villages de caractère, l’identité d’une Wallonie rurale riche de la diversité de ses paysages et de ses terroirs. Une richesse à valoriser, mais aussi à préserver. L’objectif de l’association est de garantir la qualité, la notoriété et le développement des trente villages labellisés. Elle impulse des projets et activités aussi diversifiés que novateurs, avec l’aide des villageois, des pouvoirs publics et des associations locales. Tous ces villages partagent un point commun : un patrimoine rural remarquable qui leur confère un caractère unique. L’association des plus beaux villages de Wallonie met à la disposition des visiteurs de très nombreuses informations sur les villages de son réseau.
Pour en savoir plus : www.beauxvillages.be

Un célèbre festival de théâtre

Guy Focant@ SPW-AWaP

Durant l’été, Chassepierre accueille le « Festival international des arts de la rue », le plus ancien festival en Europe dédié à ces disciplines. Pendant deux jours, tout un village se laisse tournebouler par la venue de ces artistes nomades qui le transforment en une grande scène à 360°. Comédiens, musiciens, clowns ou encore acrobates s’y partagent le pavé et déversent leur fantaisie au gré du plaisir du public. Places, trottoirs, parvis et même les endroits les plus inattendus se métamorphosent en autant de scènes improvisées pour le bonheur des spectateurs. C’est un festival étonnant qui favorise la rencontre des cultures, puisqu’il réunit plus d’une quarantaine de compagnies venues de nombreux pays. Leur style est varié, mais privilégie toujours l’humour, la surprise, le contact avec les spectateurs et la spontanéité. Chaque année, les 200 habitants de Chassepierre mettent tout en œuvre pour leur assurer un accueil chaleureux. En raison de l’épidémie de coronavirus qui sévit actuellement à travers le monde, la 47e édition est malheureusement annulée et reportée aux 21 et 22 août 2021. Les artistes vous y donnent déjà rendez-vous.
La programmation du Festival international des arts de la rue pour l’édition de 2021 est déjà disponible sur www.chassepierre.be

 

 

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