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Vincent Kompany et JCVD : Belges un jour, Belges toujours [EXCLUSIF]

Deux légendes belges à la personnalité bien trempée révèlent leur amitié et confessent leurs vérités pour la première fois. | © Frédéric Andrieu/Paris Match

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Jean-Claude Van Damme et Vincent Kompany se livrent à coeur ouvert comme jamais. Voici la rencontre exclusive de deux icônes.

 

Un reportage de Maud Charlier
Photos Frédéric Andrieu/Paris Match

C’est un duo improbable, prestigieux, riche en coups d’éclats et en symboles. Jean-Claude Van Damme, l’icône du cinéma d’action avec Stallone et Schwarzenegger : surnommé les « Muscles de Bruxelles », il est devenu l’un des acteurs les plus populaires au monde. Vincent Kompany, le Diable rouge à la carrière internationale : le ket de Bruxelles, rebaptisé « Vince The Prince », est l’un des footballeurs les plus célèbres de la planète. Deux stars mondiales réunies dans un reportage inattendu témoignant de leur belgitude, deux êtres à la destinée exceptionnelle qui, pour Paris Match, révèlent leur amitié. Et plus encore : les secrets de leur passé, la force de leur présent, la foi en leur avenir. JCVD et Vincent Kompany sur le plus beau terrain de jeu : celui de la vie.

Paris Match. Vous êtes deux stars mondiales. Avec le recul, comment analysez-vous ce statut ?
Jean-Claude Van Damme. Avant tout, je voudrais féliciter Vincent pour son challenge sportif. Et je lui souhaite tout le bonheur et la réussite possibles. Anderlecht possède là un grand champion qui va très certainement ramener son équipe en haut de l’affiche. Vincent est un combattant dans l’âme. Il va donner toute son énergie à ses jeunes. Il laissera une trace, celle d’un homme de défis au caractère exceptionnel et humain. Maintenant, pour revenir à votre question : comment j’analyse mon statut ? Avec un grand éclat de rire quand je repense au gringalet à lunettes que j’étais quand j’ai décidé de tenter mon aventure aux Etats-Unis ! Cette histoire m’a appris le détachement depuis le début de ma carrière. Aujourd’hui, qui suis-je pour revendiquer le statut de star, alors que tant de personnes restées dans l’anonymat sauvent des vies ? J’aimerais bien qu’un Jean-Claude Van Damme chirurgien, pompier ou chercheur se manifeste pour que je lui dise que c’est lui, le vrai héros qu’il faut applaudir. Mais je ne vais pas vous mentir : oui, j’ai ressenti un frisson indéfinissable en découvrant, pour la première fois, mon nom sur une affiche de cinéma. Un peu comme si je m’appelais Vincent Kompany et que j’avais joué mon premier match de foot en équipe première avec mon nom floqué sur mon maillot.
Vincent Kompany. La trajectoire de Jean-Claude Van Damme est assez surréaliste pour quelqu’un qui a grandi en Belgique. Pour ma génération, pour les enfants que nous étions, pour moi en particulier, c’était un grand nom, un point de référence. D’autres Belges ont bâti une carrière mondiale mais lui venait de Bruxelles, ma ville ; il était notre star à nous. A l’époque, à part Eddy Merckx, on n’avait pas l’habitude de voir briller des compatriotes sur le plan international et qu’ils soient connus à l’autre bout du monde. On pensait que ce privilège appartenait aux Américains, aux Anglais, aux Français. Jean-Claude a ouvert la voie : aujourd’hui, nos célébrités mondiales sont plus nombreuses.

 

Sur le ring de l’amitié, comme dans leurs vies professionnelles depuis leurs débuts, ils offrent le meilleur. Avec une règle d’or : tout pour le public. ©Frédéric Andrieu/Paris Match

Quels sont les trois meilleurs souvenirs de votre carrière ?
JCVD. Mon but était de devenir un acteur d’action. Je voulais vivre mon rêve d’enfant. J’ai tout donné pour y arriver. J’ai accepté les sacrifices, les embûches comme les souffrances de la vie, en m’éloignant de ma famille et de mon pays pour y arriver. Je savais que c’était mon destin. Je le sentais. J’ai la chance d’avoir des parents qui ont cru en moi. Grâce à eux, grâce au sport, j’ai forgé mon destin. Et mes meilleurs souvenirs, en dehors de ceux qui se rapportent à ma vie privée, à mes parents, à ma femme et mes enfants, je les dois à ce destin. Il y a d’abord eu ce jour de folie à Los Angeles où, pour convaincre un producteur de me donner ma chance, moi l’inconnu qui n’avait pas encore réellement travaillé, j’ai sauté sur son bureau pour y faire le grand écart. Il était tellement surpris qu’il m’a permis de tourner « Bloodsport », le film qui a lancé ma carrière. Le deuxième, c’est le fait de me retrouver entre copains pour « Expendables 2 ». Mes potes ? Stallone, Schwarzenegger, Chuck Norris, Jason Statham, Dolph Lundgren… Des gens dont la trajectoire confirme que le sport peut aider chacun d’entre nous. Un soir, à un gala, une femme est venue me trouver pour me dire que j’avais sauvé son fils. Sauvé son fils ? « Oui, il a compris qu’il valait mieux se fatiguer dans des salles de sport que d’avoir de mauvaises fréquentations. » De telles déclarations dépassent le cadre du cinéma. Il y a aussi le contexte de la série « Jean-Claude Van Johnson » : le grand Ridley Scott voulait tourner avec moi ! Grâce à lui, grâce à son team de qualité, j’ai pu montrer, dans des personnages complètement différents, qui j’étais réellement. Sans oublier le souvenir touchant d’une soirée de gala à Bruxelles. J’étais un peu nerveux : comment le public, mon public, allait-il comprendre mon personnage de « JCVD » ? Ce soir-là, j’ai vu une femme pleurer à quelques mètres de moi : elle était émue par ce qu’elle voyait sur l’écran. Moi, JCVD, je faisais pleurer une spectatrice par mon jeu d’acteur !
Vincent Kompany. Mon souvenir le plus fort reste le premier titre de champion d’Angleterre, remporté avec Manchester City, et le but de Sergio Agüero. Un match fou, à rebondissements, un suspense de dingue, et le sacre arrivé dans la dernière minute du dernier match de la saison. Comme une finale qui se gagne à la dernière seconde. C’était exceptionnel, fort, quasi surnaturel. Le second moment, c’est mon goal contre Leicester qui nous a permis de reprendre l’avantage sur Liverpool. C’était le dernier match à domicile. Bien évidemment, je pense aussi à mon tout premier match avec Anderlecht et à l’accueil impensable du public, comme à ma décision de revenir au club avec l’objectif d’aider les jeunes et de gagner à nouveau le titre pour les supporters, les gens qui m’ont toujours suivi et soutenu.

Nous n’oublions jamais ceux qui nous ont tout donné

Quand vous plongez dans vos souvenirs, quelle est l’image que vous retenez de l’enfant que vous étiez ?
JCVD. Celle d’un enfant aimant et rêveur. J’ai eu la chance de recevoir beaucoup d’amour familial. Et j’en suis très reconnaissant à mes parents. Je rêvais de voyage, d’aventure et d’action. Je lisais beaucoup les bandes dessinées de Tintin. Avec lui, je voyageais, depuis ma chambre, dans le monde entier. Je voulais devenir un héros, comme lui. J’étais dans ma bulle. Mais j’étais aussi un enfant qui bougeait beaucoup. J’étais curieux de tout. D’ailleurs, je le suis toujours. Souvent, il n’y a pas assez d’heures dans une journée tellement j’ai envie de bouger. Le sport m’a donné une double énergie (rires).
Vincent Kompany. J’étais un enfant qui avait faim. J’avais envie de tout faire, de tout apprendre, de tout connaître, avec cette volonté d’être le meilleur dans tout. Beaucoup de choses m’intéressaient, mon ambition était énorme. J’évoluais dans plusieurs univers différents : le quartier de la gare du Nord à Bruxelles, où j’habitais, mon école de l’enseignement néerlandophone à la chaussée de Flandre et au Marché aux Grains, enfin le monde du football. Un univers élitiste dès le départ, où il fallait être au top à tous les niveaux. L’attente était grande, surtout dans ce domaine qui était pourtant un loisir. Je me souviens que je passais d’un environnement à un autre et que je ressentais des impulsions différentes. En réalité, dès mon plus jeune âge, j’ai été confronté à de nombreux défis.

 

La lecture de Paris Match ne se fait pas sans commentaires ! ©Frédéric Andrieu/Paris Match

Quel est votre avis sur le racisme dont sont victimes beaucoup d’enfants, et comment combattre celui-ci ?
JCVD. Je ne comprendrai jamais le racisme. Dans le milieu du sport, le lien est très important. Il n’y a pas de frontières. Grâce au sport, vous vous soutenez l’un l’autre. Vous vous aidez et vous vous motivez afin de gagner ensemble. Nous sommes tous des êtres humains avant tout. On dit souvent : « Tout ce qui nous divise nous affaiblit. » C’est vrai. Nous devons tous vivre ensemble et endiguer cette haine. Nous vivons tous sur la même planète, soyons donc tous ensemble, c’est tellement plus beau ! Nous avons un combat à mener : sauver notre Terre qui subit de sérieux dommages depuis des années. Peu importe la religion, nous avons été créés pour vivre tous ensemble sur notre planète, et non pour nous entre-tuer. Le racisme, c’est souvent une haine qui vient de gens incultes et bêtes.
Vincent Kompany. Le racisme, chez les jeunes, n’a qu’une origine : les parents. Ce sont les seuls coupables. Cette maladie inhumaine amène des questions, génère des doutes, suscite un mal profond, alors qu’un enfant ne devrait même pas se soucier de ce genre de choses ; il ne devrait pouvoir penser qu’à son développement et aux plaisirs de la vie. Un enfant devrait toujours passer sa vie à rire, à découvrir l’autre, à connaître les bienfaits de l’amitié. Il ne devrait jamais être contaminé par le racisme. C’est une douleur qui vous fait quitter l’enfance beaucoup trop vite, qui vous entraîne dans un monde qui n’est pas le vôtre, qui vous expose trop jeune à des problèmes d’adultes. Voilà pourquoi les parents sont les seuls responsables.

Comment expliquez-vous qu’on peut réussir en venant d’un si petit pays ? Et que pensez-vous de cette Belgique que vous aimez tant ?
JCVD. Vincent Kompany et moi-même nous sommes des ovnis belges (rires). Nous avons, je pense, enthousiasmé, réjoui, fait rêver des millions de gens. Et donc des millions de Belges. Nous avons touché toutes les classes de la population. Et, je l’espère du fond du cœur, donné l’envie à des millions de jeunes de prendre la direction d’une salle de sport. Comment aurais-je pu penser que j’allais réussir en débarquant à Hollywood en venant de ma petite Belgique ? Je ne parlais même pas l’anglais ! Mais j’étais animé par la combativité, la détermination, l’ambition. Aujourd’hui, j’ai une statue en Belgique. Une seconde en Azerbaïdjan, dans un village qui s’appelle Van Dam ! Une étoile à Ostende, des empreintes de mes mains et des étoiles dans divers pays. N’est-ce pas génial pour notre Belgique de briller aux quatre coins du monde ? Vincent comme moi sommes fiers d’être belges. Fiers de notre pays qui regorge de talents. Regardez Vincent : il aurait pu aisément partir vers un autre club et gagner des millions. Il aurait pu se reposer sur ses lauriers. Eh bien non, il est revenu à son club de départ, son club d’enfance, par amour et passion, avec des challenges pleins la tête. C’est classe. C’est ça, le miracle belge : nous aimons notre pays. Nous sommes des fidèles. Dans mon deuxième film à Hollywood, je disais déjà à l’écran que j’étais belge. Je ne fais pas de politique. Mais quand je vois tout ce qui se passe chez nous, je suis inquiet. Ne tuons pas un si beau pays, avec tant de personnes différentes qui apprécient de vivre ensemble.
Vincent Kompany. Tout est plus facile de nos jours ; la vie est devenue une fenêtre ouverte sur le monde. On voyage plus facilement. Et les exemples de Belges qui s’exportent bien sont légion : les Diables rouges, Stromae dans le domaine artistique ou dans d’autres comme nos brillants scientifiques. Pour un petit pays, nous disposons aussi d’un atout important : notre faculté à apprendre les langues. Je dirais même qu’apprendre les langues est une obligation pour s’ouvrir au monde extérieur. Et puis, il y a notre capacité à aborder l’autre, à entrer en contact avec lui, à le comprendre. Cette sociabilité, très belge, est un énorme atout, même s’il existe toujours des exceptions. Ce n’est pas un hasard si les Belges sont appréciés à l’étranger. Et cette Belgique-là, je l’aime ; elle est tellement touchante qu’elle ne réalise pas à quel point elle est spéciale, différente, particulière, unique. De surcroît, elle vit au centre de l’Europe, entourée de grands pays ; elle est exceptionnelle par son caractère linguistique et le côté international de villes comme Bruxelles, Anvers et d’autres. C’est un endroit de passage pour des gens venus de pays hyper développés, hyper puissants, une sorte de tour de contrôle. Les Belges ne réalisent pas à quel point c’est un avantage. Un aspect qu’il faut continuer à exploiter, car nous y avons tout à gagner. Pour ma part, ce que j’ai surtout appris à l’étranger, en Angleterre principalement, c’est qu’il faut toujours être en éveil face aux opportunités. En Belgique, souvent, on se braque plutôt sur ce qui pourrait aller mal, alors qu’on devrait croire en nos capacités et saisir notre chance au bon moment. Notre richesse urbaine est énorme. Le pays regorge de talents, notre potentiel est important. Si l’on prenait vraiment conscience de ces qualités, nous pourrions créer une Belgique 2.0 beaucoup plus cool, plus saine, plus gaie à vivre. Davantage encore génératrice d’espoir et d’équité pour demain.

Comment j’analyse mon statut ?Avec un grand éclat de rire quand je repense au gringalet à lunettes qui j’étais quand j’ai décidé de tenter mon aventure aux Etats-Unis

Tous les deux, vous rendez souvent hommage à vos parents. Quel a été leur rôle dans votre réussite ?
JCVD. Primordial. Je dois tout à leur amour et leur soutien. Mes parents avaient la faculté de lire dans mes pensées. Ils savaient que mon envie était grande de partir à Hollywood afin de devenir un acteur mondial dans le cinéma d’action. Il faut bien avouer que le pari était totalement risqué, quasi impossible à relever pour un petit Belge de Bruxelles. Mais j’y croyais dur comme fer. Mes parents n’ont laissé personne briser mon rêve. Ils m’ont soutenu dans cette aventure incroyable. Ils étaient présents. Toujours positifs, toujours motivants. Je souhaite à tout le monde d’avoir des parents comme les miens. Ils ont joué un grand rôle et ne quittent jamais mon cœur.
Vincent Kompany. Mon père m’a appris la détermination, le fait de ne jamais abandonner. Idem pour ma maman. C’était une battante, une femme forte, une femme de caractère, une femme intelligente qui avait énormément de valeurs. Sa discipline était totale pour sans cesse respecter celles-ci. Elle m’a transmis la force de savoir que nous pouvons dicter nos règles, que le défi est parfois plus difficile, plus complexe, mais qu’il vaut toujours la peine, parce que la dimension humaine est là. Personne n’est parfait et moi le premier. Mais les valeurs de ma maman vivent en moi ; j’y pense sans cesse dans une journée ; j’agis en fonction d’elles alors que, parfois, je pourrais choisir la facilité. Mon papa, lui, a un parcours de leader à tous les niveaux. Il l’était déjà quand il était emprisonné au Congo, dans des camps de travaux forcés. Ou plus tard, quand il a joué au football, ou dans la gestion de sa société. Grâce à mes parents, nous sommes tous, mon frère François comme ma sœur Christelle, unis par ces valeurs et déterminés à ne jamais les renier. Nos parents sont de beaux exemples. Grâce à eux, nous nous remettons sans cesse en question. On s’interroge continuellement. « Notre attitude était-elle la bonne ? » « Avons-nous été trop loin ? » Avoir sans cesse ces interrogations, ces règles, ces doutes dans un coin de la tête nous permet de tracer notre route. Et j’espère, pour mes parents, que celle-ci sera toujours correcte.

 

Ils affichent leur foi en la vie mais ils sont parfois émouvants : « Si j’avais encore cinq minutes à vivre sur cette Terre, je protègerais toutes ces personnes qui ont osé crier à l’injustice et défier les puissants restés impunis. » ©Frédéric Andrieu/Paris Match

Comment voyez-vous le monde actuel et celui de demain ?
JCVD. Depuis quelques années, je le crie haut et fort : il faut sauver notre planète. Elle est en difficulté avec la pollution, le réchauffement climatique, la fonte des glaces. Certains animaux disparaissent. Bientôt, on ne pourra plus les montrer aux enfants que sur des cartes postales. Tout cela est très triste. Notre planète tourne de moins en moins rond. Un jour ou l’autre, on va tous le payer. Tout cela va devenir irrespirable et il est grand temps de nous réveiller. Personnellement, j’ai déjà milité pour le combat des animaux. Je me suis associé avec Gaia pour pousser des coups de gueule dans le monde afin qu’on arrête ces massacres. Il serait tellement beau de se réveiller un matin, de voir que le ciel est bleu, que tout le monde est heureux, que les animaux sont libres, que nous sommes unis. La vie serait tellement plus belle pour tout le monde. Etre heureux n’a pas de prix.
Vincent Kompany. Pour moi, il y aura toujours deux manières de voir le monde. D’abord, on peut voir le monde qui progresse. Par exemple, j’aime les idées d’Elon Musk. Ce visionnaire a changé notre façon d’envisager l’avenir, notamment à travers l’industrie automobile, en créant la Tesla et les véhicules électriques. Il nous amène vers les énergies renouvelables, utilise la science pour ce qu’elle a de bien à offrir, nous permet de voyager plus vite, d’être en contact plus facilement. Le monde avance parce que les citoyens sont mieux soignés, parce que le niveau de vie de la population augmente. C’est ce monde-là que j’imagine pour le futur, celui que j’ai envie de voir éclore ; un monde plus sain, plus juste, plus équilibré. Si on préfère l’autre, celui de l’injustice, nous n’avancerons plus. Nous devons nous concentrer sur celui que nous avons envie de voir, car nous avons encore en mains les clés pour des lendemains meilleurs. Tous, nous nous trouvons à un carrefour, nous pouvons aller dans un sens comme dans l’autre. Je suis persuadé que nous allons prendre la bonne route. Je suis très optimiste, pas naïf. Je sais qu’il y a énormément de tensions, mais je vois de plus en plus de gens, de jeunes, qui grandissent intellectuellement, dans toutes les communautés. Ils sont capables d’utiliser leur voix, ils ont une opinion, des sentiments, ils sont capables de protester, de se faire entendre. C’est la preuve que nous sommes en train d’avancer. De créer un meilleur avenir pour l’homme et ses enfants. Voilà pourquoi je dis et répète que le futur sera meilleur que le monde actuel.

J’aime les idées d’Elon Musk. Ce visionnaire a changé notre façon d’envisager l’avenir. Il nous amène vers les énergies renouvelbales, utilise la science pour ce qu’elle a de bien à offrir

Pourquoi donnez-vous peu d’interviews ?
JCVD. Je ne suis pas un homme de refus, mais vu les demandes en provenance du monde entier, si je les acceptais toutes, je ne ferais plus que cela du matin au soir. Maintenant, il m’arrive parfois de ne plus donner d’interviews pendant un moment. Dans ce métier où l’égocentrisme règne en maître, vous pouvez être une proie facile pour des journalistes qui n’ont qu’un but : faire le buzz en transformant vos paroles par un montage habile afin de vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas. Ou en sortant vos mots de leur contexte. Une interview doit être intéressante et enrichissante, et refléter les valeurs qu’elle incarne.
Vincent Kompany. Hormis les interviews obligatoires, que j’assume par respect pour les accords et les partenaires, je n’ai pas envie d’être un orateur. J’ai un avis à donner et je n’ai aucun souci à le faire, mais je n’aime pas parler pour rien. Ce qu’on en pense, ce qu’on dit de moi en bien ou en mal me laisse indifférent. Pour moi, parler se révèle souvent être une perte de temps par rapport à des obligations professionnelles énormes. Je travaille tous les jours de 7 heures du matin à 22 heures. Je n’ai donc pas le temps de m’éparpiller, ce n’est pas une priorité. Ce n’est pas que je n’aime pas la conversation ou que je snobe les gens, c’est parce que j’ai autre chose à faire.

Pourquoi votre famille reste-t-elle secrète ?
JCVD. Personnellement, la mienne a été mise très tôt sous les feux des projecteurs. A Hollywood, nous avons tendance à ouvrir notre porte. Les fans aiment connaître votre vie. C’est normal, ils s’identifient à vous, vous les faites rêver. Il ne faut pas oublier que c’est grâce à eux que vous devenez une star. Je suis très présent sur les réseaux sociaux. J’aime partager. Aujourd’hui, certains acteurs préfèrent rester plus discrets. Perso, je ne suis pas de ceux-là. J’aime trop mon public. Ce partage est essentiel à mes yeux.
Vincent Kompany. Je n’ai pas cette envie de partager mon jardin secret. Je tiens cela également de ma maman. La vie privée, c’est la vie privée. Tout un aspect de mon existence peut être débattu, c’est l’aspect public de ma personne. Il est important, il occupe une grande partie de mon existence, c’est du théâtre, un monde d’émotions et de circonstances. La famille, elle, c’est un monde de vérité. Et le vrai ne se mélange pas au théâtre. Idem pour mes amitiés, qui sont fidèles, comme Jean-Claude. Mon petit jardin secret est assez calme, normal, sans bruit ni folie, loin de ma vie publique.

 

Jean-Claude Van Damme et Vincent Kompany avec leur amis. ©Frédéric Andrieu / Paris Match

Comment voyez-vous votre avenir à partir de ce jour ?
JCVD. C’est une question piège. Je suis un optimiste de nature et un challenger dans l’âme. Je vois mon futur avec des projets de cinéma tout en poursuivant mon sport avec bonheur. J’ai envie de toujours avoir des rêves réalisables. Une vie sans projets est une existence complètement vide. J’espère de tout cœur que notre monde va changer, qu’il va retrouver une belle légèreté et une liberté sans excès.
Vincent Kompany. Mon envie est celle de vivre une histoire. J’ai le sentiment que la meilleure chose est de pouvoir faire à fond ce qu’on aime. Et je veux emmener beaucoup de gens avec moi en voyage, faire en sorte que cette histoire soit partagée. Je ne suis pas un garçon qui a peur des conséquences. Je ne vis pas avec l’idée de ce qui pourrait se passer si cela ne fonctionne pas. Je préfère vivre avec l’idée que cela pourrait être tellement génial si ça marchait.

Vous arrive-t-il de pleurer ?
JCVD. Oui. C’est humain de pleurer. Il ne faut pas cacher ses sentiments parce que vous avez des gros biscotos ! Je ne suis pas, comme dans mes films, un homme brutal qui aime se battre, sans aucune émotion. En dehors des plateaux de tournage, je n’essaie pas de me montrer sous un jour qui ne me ressemble pas. Je suis naturellement moi-même. J’ai déjà versé des larmes devant un film émotionnellement touchant ou des infos bouleversantes. Je suis d’une nature très sensible. Je ressens fortement les choses.
Vincent Kompany. Non, je ne pleure jamais. J’ai beaucoup d’empathie, de sensibilité, mais mes sentiments sont assez introvertis. Je n’exprime pas facilement mon intimité, mes sentiments profonds. Je suis assez extraverti quand il s’agit de mon métier mais, au niveau privé, je n’éprouve pas vraiment le besoin d’étaler cela en public.

Si vous aviez encore cinq minutes pour défendre quelqu’un, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
JCVD. L’inconnu ou l’inconnue qui n’a pas droit à une interview pour expliquer qui il est. Ceux qui souffrent et qui aimeraient qu’on pense à eux. Ceux qui luttent pour notre vie au péril de la leur : le personnel soignant, les pompiers, les gens dans les maisons de repos qui veillent sur les personnes âgées, les enseignants qui éduquent nos enfants. Et tant d’autres. N’oublions jamais qui nous sommes à l’échelle de la planète : juste de petits points.
Vincent Kompany. Je défendrais toutes les personnalités qui se sont mobilisées et qui se mobiliseront encore pour Black Lives Matter, ce mouvement né à la suite du meurtre de nombreux Afro-Américains, devenu l’emblème de la défense des droits civiques. Ces personnes se sont unies et soulevées pour protéger les droits des leurs et des autres, qu’importe le prix à payer. Oui, si j’avais encore cinq minutes à vivre sur cette Terre, je protégerais toutes ces personnes qui ont osé crier à l’injustice et défier les puissants restés impunis.

 

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