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Le cauchemar des mineurs disparus : Quand les parents enquêtent

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Béor, à Drancy (Seine-Saint-Denis). Intelligent, débrouillard, fonceur, c'est un homme plein de ressources et qui sait cultiver ses réseaux. | © Louis Witter

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En 2019, Béor a retrouvé sa fille lui-même, car la police ne semblait pas déterminée à l’aider. Comprenant que de nombreux parents devaient être dans la même détresse, le trentenaire a créé Les Disparus anonymes pour épauler ces familles. Comme celle de Samira et Mahi, à Evry, qui n’ont plus de nouvelles de leur fille Wissem depuis un an, ou celle de Dominique, à Marseille. Sur 50 disparitions de mineurs dont l’association a été saisie, 36 ont été résolues.

 

D’après un article Paris Match France de Sophie Boutboul

Bobigny, le 2 janvier 2019. Entre deux averses, dans la nuit glaciale, la sonnerie d’un portable retentit. Béor, crâne rasé, barbe fournie, décroche. Sur le gazon synthétique du stade de La Motte, il est en train de tourner une vidéo pour H2T, une académie d’insertion par le football. Sa femme l’informe que sa fille, Assia, 14 ans, n’est pas rentrée. Il est 20 heures. Elle ne répond pas à son portable. Béor (un nom d’artiste) balaie son quartier, à Drancy, en Seine-Saint-Denis. A 22 heures, il se rend au commissariat. « On m’a demandé : “Est-ce qu’elle n’a pas fugué ?” J’ai répondu : “Non, je connais ma fille”, et on m’a dit : “Revenez demain.” » Son ami Raymond, qui était avec lui au stade, se remémore : « On a mis notre réseau en mouvement, dans une vraie synergie. » Habile avec les logiciels d’image grâce à son métier de photographe, Béor crée un avis de recherche. Il l’intitule « Alerte disparition », y ajoute une photo de sa fille et le publie sur Facebook. Le document est partagé des milliers de fois. « Je n’ai pas dormi ni mangé jusqu’à ce que je la retrouve », se souvient le costaud et souriant Béor, dans son appartement de Drancy, où il vit avec ses quatre enfants et sa femme. Né à Alger, il est arrivé en France à l’âge de 10 ans avec ses parents : sa mère, ex-professeure d’arabe, travaille désormais dans un centre social pour enfants, et son père, passé par la rédaction du journal algérien El Watan, est retraité après une carrière de psychanalyste.

Pour retrouver sa fille, Béor a été épaulé par une trentaine de proches. Cassandra et Jean-Christophe, alias Cassie et Teuch, un couple d’amis rencontrés en faisant des maraudes pour les personnes sans abri, sont arrivés chez lui le soir même. Cassie, 22 ans, animatrice en maternelle, se rappelle : « Je suis entrée en contact sur les réseaux sociaux avec les amis d’Assia, et toute la nuit on a tourné à Bobigny, Drancy, Le Bourget, Paris pour placarder sa photo. » Une piste les mène dans le XIXe arrondissement de Paris. Le frère d’une amie d’Assia y vivrait. Béor pousse les portes noires et vitrées du commissariat pour demander l’adresse de ce garçon. « Quand il a vu nos trente voitures, le policier m’a dit qu’on était plus nombreux qu’eux, mais qu’il n’avait pas le droit de nous la donner. »

Sa femme, Teuch et Cassie continuent de contacter les connaissances d’Assia. « On a commencé à comprendre : elle était allée à un anniversaire chez un jeune homme qui ne l’avait pas laissée repartir », relate Béor. Teuch, 28 ans, carrure imposante, regard doux et cheveux rasés sur les côtés, entre alors en relation avec le père du garçon : « Son fils lui avait dit qu’il était avec une fille. » Teuch récupère le contact d’un membre de la famille à Melun, qui leur affirme qu’Assia serait à Epinal. Un ami confirme. « On a appelé le commissariat d’Epinal pour leur dire qu’elle était séquestrée chez ce mec en leur donnant l’adresse, indique Béor. Ils ont envoyé une patrouille et nous ont dit que, comme personne ne répondait, ils étaient repartis. On a donc pris la route pour Epinal, à plus de trois heures et demie de Drancy ! Ils ont laissé ma fille enfermée des heures de plus », s’attriste-t-il.

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Ma fille était tétanisée, elle tremblait, enfermée dans cette pièce, volets clos, il y avait des couteaux partout

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Nous sommes le 4 janvier 2019, deux jours après la disparition. Béor, Cassie et Teuch arrivent sur place. La mère du jeune leur confie ses clés. Cassie entre en premier dans un appartement étrangement mortifère : « Il y avait des 666 gribouillés partout. J’ai trouvé Assia dans la chambre, dans le noir, paniquée. Visiblement, le garçon avait jeté la carte Sim de son téléphone dans les toilettes. » Béor garde en mémoire ce moment : « Ma fille était tétanisée, elle tremblait, enfermée dans cette pièce, volets clos, il y avait des couteaux partout… » Quelle fut alors la réaction de ce père face au jeune homme ? « Je l’ai secoué », répond-il dans un euphémisme. Il ne veut pas en parler : « D’autres l’ont retrouvé ensuite, ça lui a valu quelques semaines d’hôpital. » À sa fille, il pose bien sûr mille questions. « Je voulais être sûr qu’elle n’avait pas été agressée sexuellement. Après un suivi psychologique, elle va mieux. Il faut du temps pour se reconstruire. » 

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J’ai retrouvé ma fille à plus de 400 km de chez moi et sans l’aide de la police !

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Au sortir de ce cauchemar, Béor poste une vidéo – vue plus de 200 000 fois – sur Facebook : « J’ai retrouvé la petite, et ce n’est pas grâce aux flics […]. On s’est démenés, on a menacé des gens, je vais pas mentir. On a fait tous les hôtels, les hôpitaux… J’arrive même plus à parler… » Il reprend son souffle : « Je vous remercie tous, vous avez été nombreux à partager. » Au commissariat d’Epinal, il envoie une pique : « Ma fille s’appelle Assia, elle vit en banlieue, ça aurait été une Alexandra vivant à Paris, ils n’auraient pas fait la même chose. Il a fallu que je la retrouve à plus de 400 kilomètres de chez moi et sans l’aide de la police ! » Ces failles, ce « manque d’empathie » ont poussé Béor à aider d’autres parents en fondant un collectif devenu une association, Les Disparus anonymes (LDA). « Anonymes car ce sont des mineurs que plus personne ne semble chercher », insiste-t-il. Aujourd’hui, tout en continuant à réaliser des films et à s’occuper de ses enfants de 2 à 16 ans, il est à la tête d’une quarantaine de bénévoles. Sur 50 disparitions dont l’association a été saisie, 36 mineurs ont été retrouvés.

Quatre équipes travaillent au sein de LDA, uniquement à la demande de parents. Si ces derniers donnent l’autorisation de diffuser la photo de leur enfant, Béor édite un avis de recherche. Afin de soutenir parents et bénévoles, un suivi est proposé par un psychologue et un spécialiste du bien-être formé en médecine chinoise.  Pour relayer les avis de disparition sur les réseaux sociaux, une équipe est en quête de célébrités. L’animatrice Valérie Benaïm, l’acteur Alban Ivanov ou le rappeur OGB ont accepté. Cet été, le compte Instagram de LDA a atteint 22 000 followers. Michaël Branco, en réinsertion après sa sortie de prison, dirige cette équipe composée d’une majorité de femmes : Sysoune, mère d’une petite fille de 5 ans, mais aussi Memel, Ely et Mimo, un garçon de 19 ans. Un deuxième groupe scrute les comptes Instagram et Snapchat du mineur. Un troisième s’occupe des prospections sur le terrain. « On fouille, on observe. On envoie les photos aux régulateurs de la RATP, destinées aux chauffeurs de métro », détaille Béor. La quatrième équipe est chargée de faire des planques et de récupérer les enfants. Parmi eux, « des anciens flics, des légionnaires, bref des gens motivés », résume le père de famille.

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Ma fille s’est volatilisée sans argent, sans papiers, et ça n’a pas inquiété la police !

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Désemparés face à l’inaction de la police, Samira, aide-soignante, et Mahi, électricien, ont contacté Béor en décembre 2019. Depuis, ils s’appellent chaque semaine. Quand, en septembre 2020, nous les rencontrons chez eux à Evry-Courcouronnes, Wissem, leur fille de 16 ans, a disparu depuis plus d’un an. Le 31 juillet 2019, vers 16 heures, Samira reçoit un appel de l’employeur de Wissem car sa fille n’est pas venue au salon de beauté. Son portable sonne toujours. Mahi a alors l’idée d’utiliser la géolocalisation pour les téléphones volés. Il voit que l’appareil borne à Bezons. Il sillonne la ville du Val-d’Oise jusqu’à 1 heure du matin. Sans résultat, il se rend au commissariat d’Argenteuil. Les policiers affirment qu’il s’agit d’une fugue. D’une voix douce mais ferme, Samira s’indigne : « Wissem avait commencé son apprentissage le 1er juillet et avait préparé sa valise pour partir en vacances au Maroc. Elle avait touché son premier salaire et elle n’a pas pris sa carte Bleue. Elle s’est volatilisée sans argent, sans papiers, et ça n’a pas inquiété la police ! » Mahi, le regard perdu derrière ses lunettes, est désemparé : « Nous avons transmis toutes les infos à la police, l’historique de ses appels dans lequel ressortait le numéro d’un garçon rencontré sur Snapchat. Nous l’avons appelé : il a dit qu’il avait rendez-vous le midi avec notre fille au McDo de la Défense, puis qu’il était parti à Decathlon ; quand il est revenu, Wissem n’était plus là. Mais, apparemment, les policiers n’ont rien vérifié. » Au bout d’un mois, le fast-food a détruit ses bandes de vidéosurveillance. Samira s’insurge : « S’ils avaient demandé les images tout de suite, ils auraient pu vérifier la version du garçon ! »

Les premières semaines, Samira et Mahi parcourent les gares RER pour diffuser des avis de recherche. Mi-septembre 2019, ils obtiennent le rapatriement du dossier d’Argenteuil à Evry. Ce n’est qu’en novembre, plus de trois mois après la disparition, que leur seconde fille, âgée de 14 ans, qui partage une chambre avec sa sœur, est auditionnée par la police. Samira observe : « Elle m’a dit qu’on aurait dû l’interroger tout de suite, que là, elle ne se rappelait même plus ce qu’elle avait fait la veille. C’est du n’importe quoi ! » Adam, le cadet de 11 ans, n’a pas été entendu.

L'avis de recherche de Wissem, 16 ans, disparue le 31 juillet 2019.
L’avis de recherche de Wissem, 16 ans, disparue le 31 juillet 2019. © Louis Witter

Dès la prise de contact avec Les disparus anonymes, Béor et ses équipes fouillent les réseaux sociaux, lancent des surveillances… « Béor, ce n’est pas quelqu’un qui profite de la détresse des parents comme d’autres associations », estime Samira. Début mars, le couple prend un avocat. Après une plainte déposée avec constitution de partie civile, le parquet d’Evry-Courcouronnes ouvre le 16 mars une information judiciaire contre X pour enlèvement et séquestration. Ils sont reçus en juin par la juge d’instruction, onze mois après la disparition. « On part de l’hypothèse qu’on ignore si Wissem est toujours en vie. Mais il faut la trouver, maintenant, martèle la mère, larmes aux yeux. Quand on fugue, on donne des nouvelles à ses amis, et même sa meilleure amie, Safia, n’en a jamais eu. Est-ce que le garçon du McDo était un appât ? »

Les fausses pistes ont été nombreuses. En Belgique, une Française qui ressemblait à Wissem a été repérée et des bénévoles de LDA se sont déplacés jusqu’à la la friterie où elle avait été aperçue. Un réseau de prostitution a été démantelé, mais la jeune fille n’était pas Wissem. Via le compte Instagram de Samira, Alertewissem91, un restaurateur des Hauts-de-Seine l’a contactée, croyant avoir vu sa fille. « Béor avait mis une équipe sur place. Et nous, on avait installé une caméra à nos frais pendant deux mois. Mais ce n’était pas elle, déplore Samira. C’est très difficile, mais on doit continuer pour nos enfants. Si maman et papa s’effondrent, c’est foutu. » Dans la chambre de Wissem, sa coiffeuse blanche, ses pinceaux de maquillage n’ont pas bougé, témoins d’une vie de jeune fille. Samira précise : « On n’a rien touché. Sa meilleure amie lui a mis son cadeau d’anniversaire – un petit bracelet et une lettre – dans un tiroir ». Le couple reçoit souvent des appels en pleine nuit. « Même à 3 heures, on répond. On est dans le flou total », souffle Mahi. Ils sont suspendus aux réponses de Béor ou de la juge d’instruction…

Heureusement, les dénouements positifs des Disparus anonymes entretiennent l’espoir. Béor évoque la fille de Dominique. Ce père de trois enfants a pris contact avec lui en janvier 2019, car sa fille de 14 ans ne donnait plus signe de vie. « Elle ne voulait pas déménager à Marseille et un mec du 91 lui a fait un bourrage de crâne pour l’emmener au Maroc », retrace Dominique, 40 ans, bras costauds et barbichette, dans son jardin marseillais, non loin de la plage du Prado. Quand il entre dans un commissariat d’Ile-de-France avec sa femme après avoir fait la route depuis Marseille, on leur répond : « Revenez dans 48 heures. » Des copines de sa fille lui indiquent qu’elle serait à Clichy avec un garçon. Dominique communique l’adresse à la police, sans suite. Il s’y rend : « J’ai demandé à un pote du mec de défoncer la porte et, en entrant, j’ai vu la valise de ma fille. » Il montre la vidéo prise sur place et livrée à la police. « C’est à moi de faire des enquêtes pour vous ? » lance-t-il au commissariat. Sur Snapchat, il se plaint de leur désinvolture. « On a trouvé les coordonnées des parents du garçon, le père m’a dit que son fils voulait se marier avec ma fille. Je lui ai répondu : “Mais elle a 14 ans !” Je me sentais impuissant, à bout de nerfs. » Béor et lui apprennent que la petite aurait été vue à Perpignan et serait sur la route de Séville. Dominique essaie d’appeler le commissariat, mais ça sonne dans le vide. Il a gardé l’enregistrement d’une conversation surprenante avec le 17 : « Quelle est votre urgence ? – C’est toujours monsieur R., ma fille a été aperçue à Perpignan, je voudrais que vous envoyiez une équipe. »
Le 17 le transfère à une antenne parisienne. Dominique s’étonne : « Je demande à parler à Perpignan, on m’envoie sur Paris ! Ma fille a été signalée à Perpignan mais ils ne répondent pas au téléphone, c’est inadmissible. »

« Donnez-moi les infos. – Elle a été manipulée par quelqu’un, elle est inscrite au fichier des disparitions. – Là, elle a été vue ? Elle vous a appelé ? – Vous le faites exprès ? C’est sur les réseaux sociaux qu’on m’a signalé qu’elle a été vue il y a deux heures. Ça fait quatre jours qu’on est dessus. – Sa description ? – Je vous l’ai déjà donnée… 1,60 mètre, brune, cheveux longs […]. – Je vais relancer mes collègues, monsieur. » Un autre policier le tance alors : « La prochaine fois qu’on vous demande le signalement, donnez-le, sinon on perd du temps ! »

Dominique n’a eu aucune nouvelle. Il prend alors l’avion pour Séville et poste une vidéo sur Snapchat. A peine arrivé, il est appelé par le commissariat de Séville, qui l’informe que sa fille vient d’y être amenée. « Elle était dans un sale état. » Il a déposé deux plaintes pour enlèvement et coups et blessures mais n’a jamais su ce qu’elles étaient devenues. Contacté par Paris Match, le parquet de Marseille nous renvoie vers celui de Nanterre – lieu de résidence du garçon mis en cause –, qui nous renvoie vers ceux d’Evry et de Marseille, sans qu’aucun puisse indiquer où en sont ses plaintes. « Ce n’est pas que les policiers soient incompétents mais, pour eux, c’est trop banal. Ma femme est traumatisée, elle ne veut même plus parler de tout ça », se désole Dominique. Béor complète : « Toute ma famille est marquée par la disparition de ma fille. Maintenant, dès que son petit frère est en retard, tout le monde s’inquiète. »

Bien sûr, Béor subit des critiques sur cette façon cavalière de remplacer la police, sur le fait que LDA laisse parfois des parents avec les ravisseurs. Comme ce père dont la fille a été retrouvée séquestrée et agressée sexuellement et qui a pris trois mois de prison ferme pour avoir frappé son agresseur. Mais l’homme suit son chemin, imperturbable : « L’excuse de l’État, c’est que les forces de l’ordre sont débordées. Mais si, dans chaque département, des brigades citoyennes pouvaient travailler sur les recherches et que, au moment de l’intervention, les flics agissaient, on gagnerait du temps. Qu’ils aillent déjà vérifier une dizaine de disparitions par jour, qu’ils se donnent la peine de venir voir les parents, qu’ils fassent leur travail, celui qu’on fait bénévolement à leur place depuis des mois. » Hélas, les cas de disparition continuent de s’accumuler. Et les effectifs de police, de rester insuffisants et débordés.

« Il peut y avoir des loupés »

Eric Bérot, chef de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP)

Paris Match. Pourquoi certaines disparitions ne semblent pas prises au sérieux ?
Eric Bérot. Au départ, le service sera le commissariat local ou la gendarmerie, car il n’y a pas de groupe chargé des disparitions de mineurs à l’OCRVP. Il y en a un chargé des disparitions criminelles, mais pour lancer des opérations, c’est à l’appréciation de l’enquêteur. Vous ne pouvez pas déclencher des opérations sur 50 000 signalements – un ratissage, des réquisitions téléphoniques, mobiliser un groupe pour interroger le voisinage, faire les réquisitions sur les caméras de surveillance, sur la carte Bleue de la victime, etc. Ou bien il faut tripler le nombre de policiers et de gendarmes.

Un choix s’opère alors entre les dossiers ?
C’est du cas par cas. Si vous venez en disant : “Ma fille s’est barrée, je sais qu’elle a un petit copain”, on se contente de diffuser sa photo aux équipes. Pour un enfant de 8 ans, c’est différent. Le problème, c’est l’accumulation. Quand j’étais commissaire à Montreuil, j’en avais tous les jours. Une routine se crée. Le policier a parfois du mal à entrer en empathie, il n’aura pas forcément l’écoute nécessaire ou n’arrivera pas à trier entre ce qui est grave et ce qui ne l’est pas.

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Tant que les gens ne se font pas justice eux-mêmes, qu’ils aident la police ne nous gêne pas

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Dans le cas de Wissem, la disparition semble inquiétante dès le début. Pourquoi n’a-t-elle pas été prise en compte ?
Je ne connais pas le dossier, mais il peut y avoir des erreurs voire des loupés des enquêteurs. Par exemple, pour Cécile Vallin, disparue il y a vingt-trois ans à 17 ans, la gendarmerie ne s’est pas inquiétée au départ, car elle avait un petit côté dépressif.

Les premiers jours sont déterminants…
Oui, pour avoir des données téléphoniques, des caméras de surveillance. Après, on perd ces précieux éléments. C’est pareil avec la fraîcheur du témoignage humain : plus on va vite, mieux c’est.

Que pensez-vous de ces brigades citoyennes ?
Tant que les gens ne font pas justice eux-mêmes, qu’ils aident la police ne nous gêne pas.

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