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Que faire ce week-end ? Visitez les beautés classées de Frameries et Quévy

Le site de l’ancien charbonnage de Crachet-Picquery où se trouve aujourd’hui le Pass, le parc d’aventures scientifiques. | © ©Guy Focant

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Les entités de Frameries et Quévy sont situées au sud de Mons, en bordure de la frontière française. Les zones agricoles dominent largement le paysage.

 

Par Florence Pirard

L’habitat est essentiellement à caractère rural, avec la présence de nombreux bâtiments anciens de style traditionnel tournaisien, surtout du XVIIIe siècle, caractérisés par l’alternance de pierres appareillées et de rangées de briques sur le pourtour des baies. Ces anciennes bâtisses ont le vent en poupe : elles sont acquises comme résidence secondaire ou principale et soigneusement restaurées.

Des pépites

Les beautés ne manquent pas dans la région. A Frameries, l’ancien presbytère de style classique tournaisien, daté de 1759 et actuellement dédoublé en deux habitations, est classé depuis 1990. A Sars-la-Bruyère, le donjon et l’ancienne ferme de la Poterie sont masqués par les bosquets bordant les douves. Cet ensemble relevait autrefois de la seigneurie de Sars, devenue marquisat en 1689.

En 1832, la famille Delcourte y crée une brasserie, puis, en 1914, le chanoine Puissant y installe un atelier de poterie, dont l’activité développée à partir de 1930 par les Tytgat est aujourd’hui totalement abandonnée. De cet ensemble des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles émerge un remarquable donjon roman, probablement bâti au XIIIe siècle et classé en 1972. Toujours à Sars-la-Bruyère, en fond de place, tournée vers les prairies limitrophes du village et marquant celles-ci d’une silhouette typée, citons l’église Saint-Jean-Baptiste, reconstruite dans le style classique en 1715.

L’intérieur abrite un mobilier remarquable des XVIIe et XVIIIe siècles. L’édifice est classé depuis 1953. Egalement classé, en 1991, le terril de Noirchain, situé sur la route de Mons à Bavay avant le carrefour de la Mort, s’élève à 123 m et domine le paysage par son ampleur et sa hauteur. Il témoigne de l’exploitation minière de la région, achevée à la fin du XIXe siècle.

 

L’ancien charbonnage est un témoin précieux de l’architecture industrielle des années 1950. ©Guy Focant

Un lieu chargé d’histoire

Dans les années 1970-1980, après la fermeture successive des charbonnages, de nombreux anciens sites industriels deviennent des chancres dans une région qui peine à se relever. Au début des années 1990, sous l’impulsion conjointe de la Région wallonne et de l’Union européenne, naît l’idée de transformer l’ancien site minier de Crachet-Picquery à Frameries en un lieu de diffusion et de promotion de la culture scientifique, technique et industrielle.

A l’issue d’un appel à projets européen, Jean Nouvel, architecte français de renommée internationale, se voit confier l’urbanisme, l’architecture et la réhabilitation de la friche dans le respect de l’histoire du lieu. Une démarche qui fait naître un lieu à la fois singulier et pluriel, véritable passerelle entre passé, présent et futur.

L’architecture industrielle des années 1950 a produit des bâtiments spectaculaires dont certains, le belvédère, le châssis à molettes et la salle des machines, sont classés comme monuments depuis 1989. Jean Nouvel les a intégrés au cœur d’un projet contemporain empruntant les codes et les matériaux des constructions industrielles. En créant la passerelle de 210 mètres de long qui se déploie vers l’ensemble des espaces du Pass, il s’inspire du fonctionnement de l’ancien charbonnage.

L’architecte Laurent Niget poursuit par la suite le programme de construction du Pass, parc d’aventures scientifiques : des expositions interactives qui invitent à comprendre les sciences et les technologies en s’amusant, des animations encadrées pour petits et grands, un lieu original où l’aventure vous emmène de découvertes en surprises.

 

Mineur coloré ornant l’entrée du mont des Ecureuils à Frameries (le terril du charbonnage de l’Agrappe), sculpture d’Edmond Hubert Falise (1873-1964). ©Guy Focant

Edifices ruraux

A Quévy, isolée en contrehaut de la place et entourée du cimetière emmuré, l’église Saint-Géry, un remarquable édifice de style gothique hennuyer datant du milieu du XVIe siècle et agrandi au XVIIIe siècle, a été classé en 1976. L’église paroissiale Saint-Martin à Bougnies, elle, est classée depuis 1950. Installé dans l’enclos de l’ancien cimetière, enchâssé entre la rivière et la voirie sur un terrain en légère pente, cet édifice trapu est de style gothique hennuyer.

La ferme de Malplaquet à Aulnois a été classée en 1990. C’est une ancienne propriété du marquis de Gages également appelée ferme de l’Espinette ou cense d’Aulnois. L’ensemble de bâtiments du XVIIIe siècle est de style classique tournaisien. Toujours à Aulnois, dominant le centre du village, au milieu du cimetière clôturé d’un haut mur, l’église paroissiale Saint-Brice, dont le noyau est gothique, remonte à la seconde moitié du XVIe siècle. Remanié dans le style néoclassique durant le dernier quart du XVIIIe siècle, il fut complété en façade, à l’extrême fin du XIXe siècle, de la tour accolée de deux tourelles-escaliers.

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L’église Saint-Martin à Bougnies. ©Guy Focant

Le parc naturel des Haut-Pays

Le parc naturel des Hauts-Pays s’étend sur le territoire de six communes, en partie ou en totalité : Honnelles, Quiévrain, Dour, Colfontaine, Frameries et Quévy. Il est situé le long de la frontière franco-belge, à proximité de Mons et de Valenciennes. Son territoire occupe une partie de la zone de partage des eaux séparant les deux principaux bassins hydrographiques du pays : l’Escaut, via la Haine, et la Meuse, via la Sambre dans son parcours français. L’appellation de Haut-Pays se justifie car la Haine, à la frontière franco-belge, est à l’altitude de 160 m.

En fait, cette bande frontalière est divisée en deux parties plus ou moins égales par la seule véritable forêt du parc, la forêt de Colfontaine et ses dépendances. A l’ouest, le Haut-Pays de Roisin ; à l’est, le sommet de cette zone de partage des eaux, à Blaregnies et Sars-la-Bruyère. C’est en additionnant les deux qu’on s’est permis le pluriel de « Hauts-Pays ».

Le parc naturel se trouve dans une zone comptant plusieurs sites de très grande valeur biologique, parfois d’importance nationale. Certaines espèces végétales y trouvent leurs dernières stations du pays. La présence de peuplements encore particulièrement bien fournis de plusieurs espèces d’orchidées calcicoles est également l’un des grands atouts naturels du parc. La valeur paysagère de l’ensemble est élevée. Il n’y a pas de dégradations importantes du paysage (absence de zonings industriels ou de lignes à haute tension).

Le paysage est très varié, avec la présence de forêts, de rivières et ruisseaux à cours rapide, de cascades, de vallons encaissés, de promontoires et de villages nichés tant au creux des vallées qu’au sommet des plateaux. Il faut également noter, comme autre élément attractif d’importance, la présence de nombreux points de vue (vallée de la Haine et même de l’Escaut, région de Mons et Borinage…).

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INFOS

Pour organiser vos visites à Frameries et Quévy, le site www.visitmons.be regorge d’informations touristiques : sites, musées, attractions, activités pour les plus jeunes. Pour vous rendre au Pass à Frameries, rendez-vous sur le site pass.be pour réserver. Plusieurs promenades vous permettront de découvrir Frameries. Pour chaque balade, un fichier (gpx) est disponible. Vous pouvez le télécharger et aller sur des sites tels que www.cirkwi.com ou www.visugpx.com.

Plusieurs parcours balisés vous emmèneront à travers les charmes de Quévy : www.quevy.be/Loisirs/tourisme/balade-a-quevy/circuits-de-promenade. Enfin, le parc naturel des Hauts-Pays propose également de nombreuses découvertes : balades, produits du terroir, activités. Toutes les informations sont sur www.pnhp.be.

 

 

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