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L’astéroïde qui a décimé les dinosaures a aussi créé la forêt amazonienne

L'astéroïde qui a décimé les dinosaures a aussi créé la forêt amazonienne

Il y a 66 millions d'années, la forêt amazonienne ne ressemblait pas vraiment à ça. | © Unsplash / Elder Sodré

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Si les plantes à fleurs représentent aujourd’hui environ 80 % de notre flore moderne, elles étaient encore rares à l’époque des dinosaures.

 

Il y a 66 millions d’années, les forêts tropicales d’Amérique du Sud étaient bien différentes de celle que l’on connait aujourd’hui. Ces petites forêts étaient principalement constituées de conifères et n’étaient pas aussi denses que la forêt amazonienne actuelle. L’astéroïde provoquant l’extinction des dinosaures a alors heurté la Terre, anéantissant par la même occasion la moitié des espèces végétales terrestres. Une nouvelle étude parue dans la revue Science suggère que ce cataclysme a permis l’émergence de nouvelles plantes, favorisant la luxuriante forêt tropicale que nous connaissons aujourd’hui.

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Les chercheurs du Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) au Panama ont analysé plus de 6 000 fossiles de feuilles et 50 000 fossiles de pollen trouvés en Colombie. Ils ont ainsi pu reconstituer la flore de la région entre 72 et 58 millions d’années, avant et après l’impact de l’astéroïde, explique Futura Sciences. Grâce aux nervures des feuilles, ils ont pu déterminer le degré d’ensoleillement des plantes, et ainsi, la densité de la forêt à l’époque. Ils ont également étudié des potentiels signes de dommages causés par les insectes, ce qui donne une indication sur la biodiversité de la forêt. « Les insectes présents étaient des mangeurs très sélectifs, ce qui s’est traduit par les dégâts qu’ils ont laissés sur les feuilles », précise sur Twitter Mónica Carvalho, l’auteure principale de l’étude.

L’émergence des plantes à fleurs

Six millions d’années après la destruction de cette forêt par l’astéroïde, les conifères avaient quasiment disparu, laissant de la place pour les plantes à fleurs (qui représentaient 85 à 90 % de la diversité végétale en Colombie), ajoute le chercheur Carlos Jaramillo. Plusieurs hypothèses existent concernant les raisons de cette végétation si différente avant et après l’impact :

  • Les dinosaures étaient particulièrement amateurs de la végétation environnante, et leur taille imposante faisait qu’ils piétinaient les jeunes pousses. Leur extinction a permis à d’autres types de plantes de s’épanouir.
  • Les tsunamis et les feux de forêts ont enrichi le sol en carbone, ce qui a fertilisé le sol. Les plantes à fleurs, qui apprécient particulièrement les sols riches en nutriments, ont ainsi pu plus aisément proliférer.

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