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Guillermo Guiz : « Mon luxe, c’est mon manque d’ambition »

Il est partout, Guillermo Guiz, et on s'enréjouit. En radio, sur France Inter, et sur scène, enfin de retour. | © Hélène Marie Pambrun

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Ne croyez pas les artistes surdoués qui vous déclarent adorer ne rien faire. Telle est la patte de ceux et celles qui, en perpétuelle recherche, craignent de lasser et témoignent d’un grand respect pour le public. Si le succès de Guillermo Guiz affole les compteurs, vannes imparables et sourire ravageur, la réserve de Guy Verstraeten se révèle touchante. Rencontre avec un peu des deux.

 

Ses chroniques sur France Inter dans « La bande infernale » aux côtés de Nagui se regardent en boucle et touchent à l’exercice de haute voltige verbale, redoutable pour les zygomatiques. Sur scène, le ket d’Anderlecht fait montre de la même agilité. Un casse-tête infernal pour qui déciderait de le prendre pour initiateur à la langue française. Quoi qu’il en dise, Guy/Guillermo est un bosseur qui, dans ses spectacles, flirte entre biographie et fiction. Un type vrai qui se cache.

Paris Match. Vous reprenez enfin la tournée avec votre dernier spectacle « Au suivant » brutalement interrompue au moment du confinement. Comment avez-vous vécu cette période ?
Guillermo Guiz. Longtemps, j’ai été incapable de produire quoi que ce soit. Quand on m’a annoncé que mes chroniques radio sur France Inter recommençaient en distanciel, chacun chez soi, j’ai ressenti de la colère, avec l’impression désagréable qu’on nous forçait à l’humour durant une période terriblement anxiogène et douloureuse. Doit-on faire semblant que tout va bien et que le monde tourne à l’identique ? Honnêtement, j’attendais qu’on me rassure et pas forcément qu’on me fasse rire. Devant le JT relatant la pandémie, je peux vous assurer qu’il n’y avait plus de Guillermo Guiz, juste Guy face à ses peurs. Mais au vu du succès des vidéos et autres capsules de mes camarades humoristes, je me suis rendu compte que l’attente était énorme. Le mieux, en me remettant à écrire, était donc d’exprimer ce que je ressentais vraiment, en tournant en dérision mes angoisses avec une totale sincérité. L’écriture m’a obligé à me replonger dans le monde réel quelques jours par semaine alors que j’avais eu, directement, tendance à me couper des infos et à laisser passer l’orage. Mais de fait, les moments que je passais à chercher mes blagues m’apportaient un peu de calme. Et dès la première chronique postée sur Instagram, j’ai eu énormément de retour. Les gens étaient visiblement contents que je partage mon vécu avec humour. J’ai toujours refusé de surfer sur la vague de tel ou tel événement, j’ai horreur de me faire mousser avec ce genre d’opportunités, d’en tirer profit.

 

Guillermo Guiz est en tournée en Belgique jusqu’en 2022  © Hélène Marie Pambrun

Sous leur allure de grosse farce, vous pouvez, dans vos chroniques, balancer en trois secondes un sujet grave. Le moyen de montrer vos engagements ?
Je ne peux pas parler de mon nombril en permanence alors, forcément, je livre mon point-de-vue sur la société, même si j’essaye de ne pas me montrer moralisateur. Il en va de même pour mes spectacles où je vais placer l’une ou l’autre phrase qui illustre ce que je pense ou suis vraiment. En fait, c’est ça mon style : un truc vrai entouré de plein de conneries. Tant mieux si les gens le captent. Plutôt que de taper sur le clou et d’exposer longuement ce que je ressens, je préfère faire des blagues où mes opinions transparaissent presque subrepticement.

L’écriture a-t-elle été un besoin ou un plaisir dans votre vie ?

Depuis tout petit, j’ai toujours adoré écrire. Quand j’étais journaliste, j’accordais beaucoup d’importance au style, la façon dont j’allais traiter l’info me passionnait. Je pense que si je devais encore écrire de manière « sérieuse » aujourd’hui, je n’aurais plus l’inventivité qui était la mienne il y a 15 ans. Je reconnais qu’on me laissait une grande liberté de ton mais j’avais aussi plusieurs casquettes, je n’étais pas cantonné à des papiers économiques, je faisais du reportage et des chroniques où, in fine, j’arrivais à glisser des blagues, un petit truc marrant. Ce qui explique pourquoi, après X rebondissements dans ma vie, j’en suis arrivé à faire de l’humour. Ce qui me plaisait dans le reportage, c’était la retranscription des événements. Par contre, j’étais tellement timide que j’avais du mal à interviewer les gens, une vraie souffrance. Le contact humain a toujours été compliqué pour moi. C’est sans doute une des raisons qui m’a fait me diriger vers la chronique humoristique, un travail plus solitaire.

(…) La suite de l’article dans votre Paris Match Belgique

 

 

 

 

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