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Quand le FN veut faire peau neuve, Jean-Marie Le Pen souhaite carrément que sa fille démissionne

La guerre fait rage entre le père et la fille | © AFP PHOTO / Zakaria ABDELKAFI

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Face aux portes fermées du FN, Jean-Marie Le Pen a appelé à la démission de sa fille, alors qu’à l’intérieur du QG, on décidait du futur du parti.

 

À la journaliste qui lui demandait si des personnalités politiques pourraient être évincées si elles n’étaient pas en phase avec la nouvelle ligne du FN, David Rachline a répondu par la négative. « Mais pas du tout ! L’heure est au rassemblement. Le rassemblement le plus large possible de tous les patriotes, d’où qu’ils viennent ». Tous, ou presque : Jean-Marie Le Pen, lui, est persona non grata. Le leader historique du FN, exclu en août 2015 avant d’être confirmé comme président d’honneur du parti par décision de justice, a tenté ce matin d’accéder à la réunion du bureau politique. Sans succès : la grille du « Carré », le siège du parti, était bloquée par des chaînes pour lui en empêcher l’accès, rapporte l’AFP.

Les dirigeants du parti (Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Bay et Wallerand de Saint-Just) avaient prévenu ces derniers jours M. Le Pen qu’ils ne le laisseraient pas entrer, alors même qu’il en a légalement le droit. Évoquant les « échecs cinglants » de son parti aux élections présidentielle et législatives, Jean-Marie Le Pen a alors demandé la démission du bureau exécutif du FN, puis le départ de sa fille, qui préside le Front national depuis 2011.

©AFP PHOTO / Christophe ARCHAMBAULT – Jean-Marie Le Pen le 1er mai.

Si Jean-Marie Le Pen a été exclu du FN en 2015 après des propos répétés sur la Deuxième Guerre mondiale. Il a été rétabli un an plus tard par la justice dans ses fonctions de président d’honneur. Il entretient depuis des relations orageuses avec Marine Le Pen, qui le considère comme un adversaire politique.

Refonder et rassembler

C’était aujourd’hui que se tenaitla réunion du bureau politique du FN au siège du parti, à Nanterre. L’occasion pour le Front national de tirer des leçons de son échec à l’élection présidentielle, et d’envisager la « refondation » promise par Marine Le Pen au soir du second tour. Une promesse que le sénateur du Var s’est empressé de renouveler.

« Onze millions d’électeurs, c’est un bon point de départ. Maintenant, il faut aller encore plus loin ». Invité sur France 2 ce mardi matin pour évoquer l’avenir du Front national après les élections législatives, David Rachline vise haut. « Nous allons voir dans les prochaines semaines, les prochains mois, ce qui a fonctionné pendant cette séquence électorale, ce qui a moins bien fonctionné », a déclaré David Rachline dans « Télématin ». « Il faut être en mesure d’être encore plus efficace, d’être encore plus performant et de rassembler plus largement ».

Je pense que la création d’une nouvelle force politique peut nous permettre de passer des étapes supplémentaires et de gagner.

Au point d’envisager la création d’une nouvelle force politique. « Ça peut être une initiative attendue par un certain nombre de nos compatriotes, a-t-il reconnu. Il faut rassembler peut-être au-delà du Front national. Je pense que la création d’une nouvelle force politique, avec des choix clairs, avec un rassemblement de personnalités encore plus large, peut nous permettre de passer des étapes supplémentaires et de gagner ».

©AFP PHOTO / Thomas SAMSON – David Rachline, maire de Fréjus, juste avant le second tour des législatives françaises.

En d’autres termes, se libérer de l’étiquette Front national qui par son nom, son image et ses personnalités phare – la famille Le Pen – est connotée péjorativement dans l’esprit de beaucoup d’électeurs. La faute à une « caricature » créée par ses adversaires politiques, ainsi qu’« un certain nombre de médias », selon David Rachline. « Les Français n’ont pas eu la possibilité de juger nos véritables idées, a-t-il regretté. Moi, j’aimerais qu’on soit jugés sur notre véritable projet, sur ce que nous sommes réellement ».

Quitte à s’allier aux Républicains, auprès desquels le Front national serait susceptible de se chercher des alliés. Au second tour de l’élection présidentielle, 33% des électeurs fillonistes avaient annoncé qu’ils reportaient leurs voix sur Marine Le Pen, selon notre sondage Ifop-Fiducial. Un vivier de soutiens pour le FN, qui ambitionne de devenir la première force d’opposition au gouvernement Emmanuel Macron.

Avec Belga

 

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