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Euro 2016 piégé : Daech avait prévu une attaque en France

La police était très présente durant l'Euro 2016 de football | © BELGA PHOTO LUC CLAESSEN

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C’est un procès-verbal de Mohamed Abrini, « l’homme au chapeau », qui le révèle : un véhicule « bourré d’explosifs » était prévu pour l’Euro 2016.

 

Après les attentats de Charlie Hebdo et les attaques du 13 novembre à Paris, l’Euro de football qui s’est déroulé en France entre juin et juillet 2016 avait été encadré par un dispositif de sécurité renforcé. France Inter révèle dimanche que l’événement était une cible du groupe terroriste. La radio s’est procurée le procès-verbal de l’audition du 26 août 2016 de Mohamed Abrini, « l’homme au chapeau » de l’attentat de l’aéroport Bruxelles qui avait aidé aux préparatifs des attentats de Paris. Il a révélé aux enquêteurs qu’une autre attaque était bien prévue dans l’Hexagone durant la compétition. « J’avais entendu que c’était le projet de l’Euro. Un camion ou une voiture bourrée d’explosifs », a-t-il expliqué.

Le groupe terroriste aurait renoncé à ce projet après l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek-Saint-Jean le 18 mars 2016, après plus de 100 jours de cavale. Selon Mohamed Abrini, cette arrestation aurait changé leur plan et précipité les attentats de Bruxelles, commis le 22 mars.

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©BELGA PHOTO DIRK WAEM

Le risque des attentats au véhicule piégé en Europe

Malgré son implication dans les attaques de Paris et Bruxelles qui ont fait 162 victimes, le jihadiste a affirmé durant son audition qu’il était « contre les attentats », tout comme Salah Abdeslam. « On nous disait qu’il valait mieux qu’on travaille avec eux (Daech) et qu’on aille jusqu’à la fin, qu’il ne fallait pas nous rendre ».

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En décembre 2016, Europol, l’Office européen de police, avait averti dans un rapport que les terroristes pourraient changer leur mode opératoire pour utiliser des véhicules piégés en Europe, comme ils le font en Irak ou en Syrie. Lundi 19 juin, Adam D. au volant de sa voiture a foncé dans un fourgon de gendarmes sur les Champs-Elysées, à Paris. Dans son véhicule, les enquêteurs ont notamment retrouvé des armes (pistolets, carabine, couteau), plus de 8 700 cartouches et deux bouteilles de gaz « toujours dotées de leur opercule de sécurité », avait précisé le procureur de Paris François Molins. Les enquêteurs doivent déterminer si l’auteur de cet attentat raté avait pour objectif de faire de son véhicule un engin explosif.

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