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Nicolas Cage, («Un talent en or massif») : «C’est l’expérience la plus vertigineuse que j’ai connue»

Image d'illustration. | © Photo by FREDERIC J. BROWN / AFP

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Dans « Un talent en or massif », l’acteur joue son propre rôle, celui d’une star de Hollywood sur le retour. Un jeu de miroirs jouissif. Interview.

 

Paris Match. Le film évoque les hauts et les bas de votre carrière. Comment réussit-on à prendre autant de distance avec soi-même ?

Nicolas Cage. Il n’y a aucun ego là-dedans. Je devais me mettre à nu tout en faisant attention à me protéger moi-même. Ne pas tomber dans l’exagération ou la caricature. Le Nick Cage du film reste digne même s’il porte cette carrière pour le moins étonnante qui est la mienne. Et Tom Gormican, le réalisateur, m’a beaucoup aidé à garder une certaine mesure.

Vous y avez pris du plaisir?

J’ai eu peur de me lancer dans ce projet assez fou. En même temps, après plus de quarante-trois ans de carrière, j’ai compris que l’appréhension est bonne conseillère car, au final, elle vous fait progresser. Ce Nick Cage n’est pas le mec génial que je croyais être. [Il rit.] C’est l’expérience la plus vertigineuse que j’aie connue. (…)

“Un talent en or massif” évoque aussi la vanité de Hollywood. Comment peut-on faire carrière dans un environnement si superficiel?

On fait avec… J’en suis un exemple criant. J’ai connu la gloire, les grands auteurs, les Oscars, les blockbusters, et puis, à partir de 2009, la tendance a commencé à s’inverser. On vous a trop vu, vous faites de mauvais choix et la descente commence. A un moment la vanité de l’industrie du cinéma m’est devenue insupportable. Je n’arrivais plus vraiment à assumer mon statut de star. Les couvertures de magazines, la cérémonie des Oscars, les talk-shows où vous devez vous montrer et faire le clown… C’était une période où j’ai commencé à me nourrir d’autres choses. J’ai lu de grands auteurs, je me suis ouvert à la méditation, et la vie de célébrité devenait totalement antinomique avec ce que je voulais. Même après avoir connu trois échecs consécutifs au box-office, on me proposait encore de gros projets. Mais je n’en pouvais plus de ce système. L’envie n’était plus là. Aujourd’hui, elle est revenue.

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