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Le tabou Tiananmen : un Chinois condamné pour avoir rappelé l’évènement

Un convoi de tanks près de la place Tiananmen. | © EPA/OLIVER WEIKEN

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Le gouvernement n’aime pas qu’on lui rappelle son passé : 28 ans après les évènements tragiques de Tiananmen, un Chinois vient d’être condamné.

Un militant chinois a été condamné vendredi à quatre ans et demi de prison pour des articles relatant la répression sanglante en 1989 du mouvement prodémocratique de la place Tiananmen, un sujet tabou en Chine, a indiqué son avocat. Liu Shaoming, ex-ouvrier d’usine, était détenu depuis mai 2015 après avoir décrit son expérience lors des manifestations sur un site d’informations en chinois basé aux États-Unis. Il a été condamné vendredi à quatre ans et demi de prison par le Tribunal populaire intermédiaire de Canton (sud), a déclaré son avocat Wu Kuiming à l’AFP. « Il a été reconnu coupable d’incitation à la subversion« , a précisé M. Wu. « Les preuves, ce sont des articles publiés en ligne, qu’il a écrit pour rappeler l’événement« . Liu Shaoming fera appel du verdict, selon son défenseur.

©Jeff Widener, « Tank man » – La nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars de l’armée chinoise ont écrasé la révolte estudiantine. On parle de 200 morts et 10 000 blessés. Le 5 juin, le photographe Jeff Widener a capturé cette image, celle d’un homme seul, face aux tanks.

La Chine, soucieuse d’étouffer tout débat sur les événements liés aux manifestations de la place Tiananmen de Pékin en 1989, place régulièrement des militants sous surveillance ou en détention. L’armée avait mis fin par les armes au mouvement initié par des étudiants, qui manifestaient depuis un mois et demi contre la corruption et pour une ouverture démocratique. La répression avait fait des centaines, voire plus d’un millier de morts. Liu Shaoming avait à l’époque rejoint la capitale chinoise pour participer aux manifestations. « C’est un prisonnier d’opinion et il doit être libéré immédiatement et sans conditions. La seule chose dont Liu Shaoming soit coupable est l’exercice légitime de sa liberté d’expression« , a estimé dans un communiqué William Nee, chercheur spécialiste de la Chine à Amnesty International.

Avec Belga

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