Philippines : Les enfants et les otages des djihadistes forcés de combattre

Les membres de l'EI tiennent toujours 1 500 bâtiments à Marawi, après des semaines de combats. | © AFP PHOTO / FERDINANDH CABRERA

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Alors que les Philippines ont du mal à endiguer la menace djihadiste, des rumeurs font état d’enfants et d’otages dans les rangs de l’EI.

 

Des enfants et des otages sont contraints par les djihadistes retranchés dans une ville du sud des Philippines de combattre, accuse lundi l’armée qui tente depuis fin mai de mater ce soulèvement. Les combattants se réclamant du groupe État islamique (EI) tiennent depuis le 23 mai certains quartiers de Marawi, la plus grande ville musulmane de cet archipel en majorité catholique.

Plusieurs centaines d’islamistes ont été tués par l’armée qui a mobilisé son artillerie et son aviation, mais plus d’une centaine continuent de résister. Certains sont des adolescents qui ont peut-être été recrutés enfants et entraînés au maniement des armes, a déclaré le général Restituto Padilla, porte-parole de l’armée. « Nous recevons continuellement des témoignages très perturbants (de civils qui ont réussi à fuir) selon lesquels des enfants et des otages sont utilisés dans les combats », a-t-il dit.

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« Nos forces font de leur mieux pour éviter de faire des victimes parmi ces enfants« , a-t-il ajouté. « Mais ils portent des armes et sont impliqués dans les combats, alors il est difficile de faire plus », a-t-il ajouté. « C’est la même chose pour les otages ».

©AFP PHOTO / TED ALJIBE – La loi martiale a été renforcée dans le sud du pays.

Peu après le début du soulèvement, les combattants djihadistes avaient pris une dizaine d’otages, dont un prêtre catholique. On estime à environ 300 le nombre d’habitants toujours pris au piège par les zones tenues par les terroristes, et certains pourraient désormais être otages. L’armée avait auparavant affirmé que des civils étaient contraints par les djihadistes à transporter des munitions, de les soigner ou même de les aider à piller les maisons.

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Plus de 500 personnes sont mortes en sept semaines de combats, dont 89 policiers et militaires, 39 civils et 379 djihadistes, selon les derniers chiffres du gouvernement publiés lundi. Et près de 400 000 habitants ont fui leurs maisons. Le président philippin Rodrigo Duterte a décrété dès les premières heures des combats la loi martiale sur l’ensemble du sud des Philippines.

Avec Belga

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