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François Hollande et la « dictature d’être aimé »

François Hollande était à Arles pour le sommet des Napoleons. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

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L’ancien président de la République François Hollande s’est exprimé vendredi soir à Arles, regrettant avoir manqué de « pédagogie » mais expliquant qu’il ne faut pas se plier « à cette dictature d’être aimé ».

L’ancien président de la République François Hollande est revenu à mots feutrés vendredi soir à Arles sur son bilan, estimant que « dans certaines périodes l’impopularité est nécessairement au rendez-vous » et qu’il faut espérer que « l’histoire vous rende justice ».

Reconnaissant qu’il avait « sans doute » manqué « de la pédagogie, de l’explication » durant son quinquennat, M. Hollande a estimé qu’un dirigeant se devait de considérer que « de toute façon, dans certaines périodes, l’impopularité est nécessairement au rendez-vous, et qu’on ne doit pas se plier à cette dictature d’être aimé »« Ça, c’est peut être la leçon que j’ai tirée. (…) Quand on devient président, on devient de moins en moins aimé – je ne parle que de la période que j’ai connue, nous verrons pour la suite », a-t-il plaisanté.

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©AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS – François Hollande, le 21 juillet à Arles.

« Il faut vivre avec ça, il faut accepter cette fatalité, parce que ce que l’on a à faire – je parle dans des périodes très difficiles (…) –  est plus important que ce qu’on va avoir comme retour de la part de l’opinion publique. Donc la meilleure attitude c’est de penser qu’on agit pour l’histoire en espérant que l’histoire un jour vous rende justice », a poursuivi M. Hollande, qui concluait les travaux du sommet des « Napoleons », un réseau d’acteurs de l’innovation.

Une intervention de près d’une heure

L’ancien président ressent-il de la frustration après avoir quitté l’Élysée ?, lui a-t-il été demandé. « Moi je crois que pour tout président, même celui qui a fait quatorze ans de mandat, (…) François Mitterrand, je suis sûr que quand il est parti il avait quand même de la frustration. L’idée que l’on aurait pu faire davantage, oui, l’idée que les résultats auraient pu apparaître plus tôt, sans doute. Finalement sur un septennat c’était possible », a-t-il répondu dans un demi-sourire.

Dans cette intervention de près d’une heure, l’ex-président s’est gardé de tout commentaire direct sur l’actualité politique, respectant sa promesse d’observer une certaine « réserve », au moins dans une « première période ».

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Interrogé sur le rôle de la puissance publique, il a cependant semblé se faire l’écho de certaines associations, qui critiquent le désengagement de l’Etat dans la gestion de l’accueil des réfugiés. « Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a des réfugiés, et il y a toujours eu une implication des associations très forte dans la politique d’accompagnement des réfugiés. Le risque c’est que l’Etat se défausse, délègue sa responsabilité à des associations, alors même que ce serait sa compétence. Ça, ce n’est pas acceptable », a-t-il dit.

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