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La folle histoire de l’Iranien qui a inspiré Spielberg pour « Le Terminal »

Mehran Karimi Nasseri est interprété par Tom Hanks dans "Terminal". | © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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Mehran Karimi Nasseri a vécu un destin hors du commun, et tragique. 

Son nom est Mehran Karimi Nasseri. Mais les gens l’appelaient « Sir Alfred ». Il a vécu 18 ans dans l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, avant de décéder il y a quelques mois, le 12 novembre 2022. Sa vie a été assez folle, chamboulée par de la paperasse administrative et des droits de séjours.

De l’Iran à Hollywood, en passant par la Belgique

Mehran Karimi Nasseri né en Iran, en 1945. En 1973, il arrive au Royaume-Uni pour étudier durant trois ans à l’université de Bradford. Là, il participe à des manifestations à l’encontre de Mohammed Reza Pahlavi, le chah d’Iran alors au pouvoir. Quelques mois après cela, les fonds qui lui étaient fournis pour ses bourses d’études sont subitement coupés. Il rentre alors en Iran, en 1975. D’après le récit qu’il fait de ce retour, il aurait été emmené par la police secrète iranienne, enfermé et torturé pendant quatre mois.

Il ne reste pas longtemps en Iran. Dès 1977, il revient en Europe. Là, il demande l’asile dans plusieurs pays, mais ses demandes sont rejetées. Lorsqu’il essaie en vain de rentrer en Allemagne, il est stoppé à la frontière belge. Arrêté, il trouvera finalement asile dans le plat pays.

Mehran Karimi Nasseri , à l’aéroport de Charles De Gaulle. (Photo de STEPHANE DE SAKUTIN / AFP) 

En 1986, il se retrouve en France, à Boulogne-sur-Mer. Le pays le condamne à trois mois de prison pour séjour irrégulier sur le territoire national. Il semble que cela marque le début du déclin des facultés intellectuelles de celui qui commence à se faire appeler « sir Alfred ». Après sa sortie de prison, il ère, notamment au terminal 1 de Paris, Charles De Gaulle. Son esprit n’est plus très clair selon des médecins de l’aéroport. 

En 1992, des avocats français obtiennent que la France lui accorde un titre de séjour. Mais pour ça, les autorités françaises exigent qu’il présente sa carte de réfugié accordée en Belgique. Cela crée une situation compliquée puisque Bruxelles exige qu’il se rende en personne pour la retirer alors qu’il n’a pas de papiers pour sortir du territoire et entrer en Belgique. En 1999, il peut enfin avoir ses papiers, mais il refuse. Son état de santé mentale est alors mise en cause. Il déclare notamment : « Je refuse de signer ces papiers, ils ne sont pas à mon nom. Je ne suis plus celui que j’ai été. Je m’appelle désormais sir Alfred Merhan et je ne suis pas iranien. Mon père était suédois et ma mère, danoise. »

Nasseri aura vécu 18 ans dans un aéroport. (Photo de STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Il reste alors très longtemps dans le terminal 1 de l’aéroport Charles De Gaulle. Il y habite au niveau bas boutiquaire, au milieu de nombreux cartons, sur une banquette près de la boutique Relay où son livre autobiographique peut être acheté. Il reçoit du courrier postal et a des visiteurs. Mais contrairement à ce que beaucoup croient, il est alors libre de ses mouvements. Il n’a jamais été vraiment bloqué en zone de transit, mais aura vécu 18 ans dans cet aéroport. Dans les années 2000, le réalisateur Steven Spielberg s’inspire de l’histoire de Nasseri pour écrire la scénario de Terminal. Il sera même rétribué pour avoir permis la création du film.

« Le Terminal », réalisé par Spielberg et avec Tom Hanks, est diffusé ce mercredi soir à 20h15 sur AB3. 

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