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BRNS, (toujours) le meilleur groupe clair-obscur du pays

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Six ans et trois albums plus tard, BRNS sublime toujours le rock belge de sa patte folle. Le groupe nous a invité dans son bar à vin bruxellois préféré pour parler de Sugar High et du temps qui passe.

 

Six ans après la petite bombe « Mexico », mi-marmonnée mi-scandée à travers toute la Belgique et l’Hexagone, BRNS aurait pu avoir complètement disparu des radars. Un peu à l’image de toutes ces révélations pop rock made in « Fédération Wallonie-Bruxelles » auxquelles on croit autant qu’à des moules accrochées à un rocher subsidié : elles brillent au premier EP, pour finir par s’écraser sur un premier album houleux. Mais le groupe bruxellois a l’audace de ceux qui restent et l’étoffe de ces bands dont on se souvient, entourés d’une aura de folie douce et salutaire.

Pourtant, en une demi-douzaine d’années, BRNS a changé. Alors bien sûr, il y a toujours Timothée Philippe, indécrottable super-musicien doué d’un talent d’ubiquité, entre un chant chaloupé et une batterie nerveuse. Antoine Meersseman aussi, aux choeurs et à la basse, et Diego Leyder, guitariste studieux et roc calme du groupe. Mais en chemin et entre deux albums, la formation aura perdu César Laloux, parti pour les terres plus pop d’Italian Boyfriend, et remplacé par la Française Lucie Marsaud. Sa voix, dès le premier morceau de Sugar High, « The Rumour », fait l’effet d’un électrochoc, tant BRNS a toujours été le digne représentant des groupes en slip et chaussettes en salle de répétition.

Mais Lucie Marsaud et Sugar High se font l’écho de subtils changements, vers l’inoubliable et l’international. Le troisième album du groupe s’est fait plus accessible et électronique, sans pour autant se vendre du l’autel d’un rock belge bien souvent trop simpliste que pour être crédible hors frontières. Les intros sautillantes, les voix hautes perchées et les mélodies positives sont irrémédiablement rattrapées par des envolées atmosphériques, quand elles ne sont pas tabassées par une rythmique anarchique. « Damn right », comme l’annonce le cinquième titre du troisième album de la bande.


En cela, Sugar High ne ment pas : le disque est une montée au sucre surexcitée qui s’achève dans une douce mélancolie tourmentée. Mais pour l’heure, BRNS a toujours les doigts collants, coincés entre une fraise acidulée et un tapis citrique, prêt à distribuer les friandises musicales avec générosité. Qu’il en soit toujours ainsi.

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