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Donald Trump accuse la presse de ne pas couvrir des attentats terroristes

Donald Trump à Tampa, le 6 février 2017. © Mandel Ngan / AFP

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Lors d’un discours prononcé lundi, le président américain Donald Trump a assuré que «la très, très malhonnête presse ne veut pas couvrir» les attentats terroristes.

D’après un article PARIS MATCH FRANCE de Kahina Sekkai

Après les « fausses informations » et les « faits alternatifs », les attentats terroristes délibérément laissés de côté ? Ce lundi, lors d’un discours prononcé sur la base militaire de MacDill en Floride, le président américain Donald Trump a de nouveau attaqué la presse et assuré que les médias refusaient délibérément de couvrir des attentats terroristes, rapporte le Washington Post : « Les terroristes islamiques radicaux sont déterminés à frapper notre nation comme ils l’ont fait le 11 septembre, comme ils l’ont fait de Boston à Orlando à San Bernardino et à travers l’Europe. Vous avez vu ce qu’il s’est passé à Paris et Nice. Partout en Europe, ça arrive. C’en est arrivé à un point où ce n’est même plus relaté. Et dans de nombreux cas, la très, très malhonnête presse ne veut pas le relater. Ils ont leurs raisons, et vous le savez ».


Un « massacre » inventé par sa conseillère

La déclaration de Donald Trump est évidemment fausse et a choqué parmi les médias américains, pris pour cibles par un président qui s’estime être « maltraité ». Le seul attentat qui n’a jamais été couvert par la presse est le « massacre de Bowling Green ». Dans une récente interview accordée à MSNBC au début du mois, sa conseillère Kellyanne Conway a fait référence à l’arrestation de deux terroristes dans cette ville du Kentucky en 2011. Seulement, les deux hommes n’avaient commis aucun crime sur le sol américain, même s’il ont admis avoir participé à des attaques sur des militaires américains en Irak, pays qu’ils avaient quitté en tant que réfugiés. Ils ont été condamnés à des peines de 40 ans de prison et perpétuité. Si l’ancienne directrice de campagne de Donald Trump a depuis assuré qu’elle s’était trompée entre les mots «massacre» et «terroristes», elle a été contredite par… elle-même.

La conseillère avait fait référence à « l’attaque » dans plusieurs interviews avant celle accordée à MSNBC, notamment auprès de TMZ.com et Cosmopolitan. A ce dernier, elle avait d’ailleurs expliqué longuement sa version du « massacre » : « Ils sont venus dans ce pays, ont rejoint Daech, sont repartis au Moyen-Orient pour s’entraîner et affiner leurs compétences terroristes, sont venus ici et ont été les cerveaux derrière le massacre de Bowling Green qui a coûté la vie à d’innocents soldats ». À aucun moment, comme le prouvent les documents diffusés par le ministère de la Justice, Mohanad Shareef Hammadi et Waad Ramadan Alwan ne sont repartis vers le Moyen-Orient.

Kellyanne Conway est devenue la risée des réseaux sociaux après cette sortie sur le « massacre de Bowling Green ». Peu après l’investiture de Donald Trump, elle avait appelé les mensonges du porte-parole de la présidence sur le nombre de personnes venues à Washington des « faits alternatifs ».

En conflit ouvert avec certains médias

Donald Trump, qui avait choqué en assurant que les attentats de Paris auraient pu être moins meurtriers «si les Français étaient armés», n’a toujours pas eu un mot pour les six victimes de l’attentat de Québec, commis par un Canadien dans une mosquée de la ville. Il s’était en revanche rapidement exprimé à propos de la tentative d’attaque au Louvre, assurant que la France était «de nouveau à cran». Le président, qui accuse régulièrement certains médias comme CNN, le New York Times ou le Washington Post d’être « malhonnêtes », veut utiliser son compte Twitter pour court-circuiter ces organes de presse qui affichent au grand jour ses mensonges.

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