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En 2018, la frontière entre travail et vie privée risque de disparaître (et c’est tant mieux)

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Si certains employés sont prêts à sauter le pas, leur entreprise l'est-elle tout autant ? | © https://perzonseo.com

Economie

Alors que la digitalisation nous a rendus constamment joignables, il est grand temps d’admettre que le concept d’équilibre entre travail et vie privée est dépassé.

 

« L’équilibre entre le travail et la vie privée n’est plus possible », lâche Mirabel Hoys, consultante chez Attentia, le partenaire RH et bien-être de nombreuses entreprises. Dans le contexte dans lequel nous vivons, séparer travail et vie privée semble définitivement dépassé. Faire un petit tour sur Facebook en vitesse entre deux réunions ou, inversement, lire ses mails lors d’un dîner de famille, qui n’a jamais commis un tel crime ? Aujourd’hui, non seulement nous sommes confrontés à des éléments relatifs au travail durant notre temps libre, mais notre vie privée empiète également sur notre activité professionnelle. « Comme le début et la fin du travail n’existent plus, ce n’est pas possible d’obtenir un équilibre », explique la consultante.

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Ne pas devenir « workaholic »

Une enquête menée récemment par iVox, citée par La Libre, révèle que « un tiers des Belges se disent ‘submergés’ par le flux incessant d’informations digitales », alors que la majorité des personnes actives ont des difficultés à se déconnecter directement du travail. Pendant les vacances, le week-end voire même le soir, leur esprit reste mentalement occupé par le travail. Une tendance contre-productive qui provoque chez l’employé fatigue, stress, dépression. Résultat : ces travailleurs prennent de mauvaises décisions. Et leur productivité en pâtit.

L’intégration sera plus simple si vous savez faire des choix et vous y tenir.

Si la frontière entre le travail et la vie privée n’existe plus, cela ne veut pas non plus dire que l’employé va directement passer par la case burn-out, submergé par la charge de travail. Au contraire. L’employé aura toutes les cartes en main pour choisir la tâche à accomplir et organiser sa journée en fonction, en trouvant en même temps ce bouton « off » qui lui permettra de recharger les batteries.

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Un mot d’ordre : la discipline

Le tout est alors de trouver le moyen d’intégrer vie privée et travail. « Cette tâche sera plus facile pour les employés disciplinés », précise Mirabel Hoys. Savoir se concentrer sur quelque chose sans penser à une autre, comme faire du sport sans regarder ses mails, demande de la discipline et de la volonté. « L’intégration sera plus simple si vous savez faire des choix et vous y tenir ». Cela revient à trouver un nouvel équilibre entre les deux domaines, qui ne sera plus dicté par un simple horaire de 9h à 17h.

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Mais l’experte, qui a déjà adopté cette intégration, rassure : celle-ci peut également « venir de manière très naturelle ». Surtout si vous êtes passionné par votre travail. « Il n’est pas rare d’entendre un collègue dire “Ah moi dans 10 minutes, je suis en congé” », remarque Mirabel Hoys. « Quand on n’est pas passionné par son travail, ce n’est pas évident de trouver cette intégration. Mais même sans cette passion, vous allez tout de même connaître des éléments relatifs au travail hors des heures du boulot ».

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Une responsabilité partagée

Si certains employés sont prêts à sauter le pas, leur entreprise l’est-elle tout autant ? « Les entreprises doivent encore plus investir dans le développement afin que les employés soient physiquement et mentalement en forme », explique l’experte en RH et bien-être. En Belgique, elle remarque que de nombreuses entreprises ont des « comportements old school » : pas beaucoup de sport, pas d’alimentation saine. Pire : certaines demandent à leurs employés d’être joignables 24h/24 tout en suivant l’horaire strict et habituel. Alors que les boîtes américaines ont rapidement pris conscience de l’enjeu, les entreprises européennes et belges sont plus lentes à opérer un changement. En dépit de leur productivité.

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Selon Mirabel Hoys, c’est une responsabilité partagée. L’employeur ne doit pas tout fournir et tout gérer. C’est aussi à l’employé d’opérer ses propres changements. « L’individu doit aussi apprendre hors des heures de travail, faire des bons choix dans sa vie privée ou encore arrêter de travailler à un certain moment pour s’occuper de sa famille ».

Être conseillé

Pour pouvoir s’adapter, Mirabel Hoys a plusieurs conseils. « Si on travaille dans un domaine qui nous passionne, cela aide beaucoup parce qu’alors nous sommes beaucoup plus flexible ». Mais le plus important est d’être capable de dire non et d’être bien entouré. Poser des limites à l’utilisation des technologies, s’octroyer des moments à soi ou en famille, prendre l’air et faire du sport. Tant de moyens pour conserver une santé physique et mentale.

« Si la vie se résume au travail, cela devient très dangereux », prévient la consultante chez Attentia. Les problèmes concernant le travail paraissent moins grands et éprouvants si on est entouré. Et vice-versa. Le travail peut être également un mécanisme de défense lorsqu’on a un défi sur le plan santé ou familial. « On doit se dire que l’un peut aider à l’autre plutôt que l’un est un danger pour l’autre ».

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