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Les premiers pas de Primark pour plus de transparence

Un protestant veut savoir qui a créé ce t-shirt. | © BELGA

Economie

De plus en plus, les consommateurs exigent que les entreprises textiles révèlent par quel biais sont fabriqués leurs vêtements et dans quelles conditions. Primark a décidé de révéler les noms de ses usines à travers le monde. Un premier pas qui en appelle bien d’autres.

Depuis l’effondrement du Rana Plaza en 2013, les consciences se sont encore plus éveillées aux conditions de travail des fabriquants de textile pour les grandes marques telles que Primark ou Zara, toutes deux touchées dans le passé par des « bad buzz » avec des « SOS » cachés dans les vêtements. Véritables SOS ou actions militantes ? Peu importe. L’objectif de faire parler des conditions de travail avait été atteint. Ce besoin de transparence, c’est la mission d’achACT  (Actions Consommateurs Travailleurs) de conscientiser ces entreprises et de nous sensibiliser sur ces conditions.

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Prendre des mesures

AchACT mène des actions de solidarité alliant la mobilisation des travailleurs à la pression des consommateurs et des citoyens sur les entreprises et les autorités publiques. En avril dernier, à l’aide d’une coalition de neuf syndicats et d’organisations internationales de défense des droits humains, l’association a lancé une campagne interpellant 72 marques et enseignes d’habillement pour qu’elles publient des informations sur leurs filières d’approvisionnement. Sur la liste, 22 s’étaient engagées à publier des informations sur les usines auxquelles elles ont recours, Primark n’y figurait pas encore.

Début 2018, achACT lance une pétition exigeant de savoir la provenance de la production de Primark. 67.981 personnes désireuses d’en connaître la provenance signent cet appel. Appel entendu par la marque qui a publié ce jeudi 08 février la liste des ses usines, le nombre d’ouvriers et la répartition hommes/femmes. Une première démarche pour plus de transparence à saluer mais qui ne répond malheureusement en rien à d’autres questions cruciales comme le niveau des normes de sécurité, la présence ou non d’enfants au travail ou les règles salariales d’application pour chaque usine. Le client de Primark sait donc aujourd’hui qui fabrique ses vêtements mais sans avoir la certitude que toute l’éthique nécessaire est respectée. 

Pour achACT, c’est cependant un pas vers la bonne direction. L’association veut être  un outil permettant d’assurer le droit des travailleurs, encourageant les entreprises à assumer leurs responsabilités sociales et à être plus vigilantes. C’est aussi l’occasion de mieux informer les consommateurs sur l’implication de leurs achats. 

Après avoir publié la liste de ses fournisseurs, achACT et la coalition internationale encouragent la grande chaîne à poursuivre sa démarche et à signer le Pacte pour la Transparence.

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Assurer les droits de l’homme et des travailleurs

En adhérant au Pacte, les entreprises s’engagent à actualiser la liste des noms et adresses des usines auxquelles elles recourent, ou en tout cas le nom de leur société mère, le nombre de leurs travailleurs et leurs types de produits.

A ce jour, les noms et adresses des fournisseurs (1000 usines dans 31 pays), le nombre de leurs travailleurs et la proportion hommes/ femmes travaillant pour Primark sont en ligne. Ces informations devraient être mises à jour deux fois par an. 

Faire évoluer les choses

En février 2018, 17 marques et enseignes ont adhéré au Pacte dont 13 connues sur le marché européen : Adidas, ASICS, C&A, Esprit, GAP, G-Star RAW, H&M, Levi Strauss, Marks & Spencer, New Look, Nike, Patagonia et Pentland.  achACT et la coalition internationale en charge de vérifier si les entreprises respectent leurs engagements publieront un rapport prochainement. L’association promet de ne pas s’arrêter là et de continuer à faire pression auprès des entreprises. 

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