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La Pink Lady, une pomme empoisonnée pour l’économie (et l’environnement)

Pink Lady

La Pink Lady a plus que doublé ses parts de marché depuis 2008, allant jusqu'à atteindre 21.3% en 2015 | © Facebook @ Pink Lady

Economie

Avec sa jolie couleur rosée et sa chair sucrée, la Pink Lady remporte les faveurs des consommateurs. Qui sont probablement bien loin de se douter que si les pommes sont bonnes pour la santé, la Pink Lady, elle, est aussi nocive pour l’environnement que pour l’économie belge.

Car comme son nom à consonance anglophone le laisse penser, la Pink Lady n’est pas produite en Belgique, alors même que les vergers ne manquent pas dans le pays. Et avant d’arriver dans les rayons des grandes surfaces belges, la Pink Lady en fait du trajet puisque c’est en Nouvelle-Zélande qu’elle est cultivée, soit de l’autre côté de la planète. Sachant que les autres pays où l’on cultive des pommes de la variété Pink Lady sont l’Afrique du Sud et le Chili et que les avions produisent 8 pour cent des émissions mondiales de CO2, les Pink Lady laissent un goût sacrément amer du point de vue de l’environnement. Et l’économie en pâtit aussi.

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Selon les chiffres diffusés par le quotidien flamand De Morgen, en 2017, la Belgique a importé 149 961 tonnes de pommes, pour une valeur avoisinant les 125 millions d’euros. En parallèle, 235 583 tonnes de pommes ont été exportées, pour une valeur de 124 millions d’euros. Autant dire que la différence dans le budget national serait conséquente si le belge se contentait de manger le spommes produites dans le pays. Sauf que chez nous, la récolte des pommes ne peut se faire que vers la fin de l’année, et qu’il est donc difficile de trouver des pommes belges fraîches et juteuses au printemps. De quoi permette à la Pink lady de se croquer une belle part de marché : alors qu’en 2017, la Jonagold dominait le marché avec 43% de parts, son monopole est en baisse, la Pink Lady ayant plus que doublé ses parts de marché depuis 2008 et allant jusqu’à atteindre 21.3% en 2015. Une nouvelle difficile à avaler pour les producteurs belges.

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