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Selon les experts, Trump répète les erreurs qui ont mené à la Grande Dépression

1 140 économistes mettent en garde le président

Economie

Le 24 octobre 1929, un krach boursier venu de Wall-Street a répandu des ondes de choc dans tout le pays, plongeant les États-Unis dans une Grande Dépression financière dont il leur faudrait attendre la Seconde Guerre Mondiale pour se relever. Une page noire de l’Histoire américaine qui pourrait se reproduire selon les analyses de 1 140 économistes qui ont mis en garde Donald Trump sur les répercussions de sa politique économique. 

En mars dernier, Donald Trump s’attirait les foudres de la communauté internationale en annonçant vouloir imposer des taxes sur les importations d’acieret d’aluminium. Et le FMI de tirer la sonnette d’alarme dans la foulée, estimant que les mesures protectionnistes de Donald Trump risquaient de nuire à l’économie américaine. Dans un communiqué encourageant les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux à travailler ensemble de manière constructive, l’institution en profitait pour rappeler les dangers du protectionnisme économique sur l’économie d’un pays.

Les restrictions à l’importation annoncées par le président américain sont de nature à causer des dégâts non seulement hors des Etats-Unis mais encore à l’économie américaine elle-même, y compris à ses secteurs manufacturier et de la construction qui sont de gros utilisateurs d’aluminium et d’acier. 
-FMI

Un argumentaire auquel Donald Trump oppose une rhétorique sans appel (mais munie de Caps-Lock, pour l’emphase) : SANS ACIER, IL N’Y A PAS DE PAYS. Peut-être. Sauf que selon l’avertissement de 1 140 économistes, dont 14 Prix Nobel, si le président continue de la sorte, le pays pourrait se retrouver projeté dans une situation similaire à celle de la Grande Dépression.

Dans une lettre ouverte adressée au 45e locataire de la Maison Blanche, les économistes rappellent la loi Hawley-Smoot, augmentant les droits de douane à l’importation de plus de 20 000 types de biens et adoptée en 1930 contre l’avis négatif de plus de 1 028 économistes de l’époque. De nos jours, cette loi continue de faire parler d’elle car il est généralement admis par les experts qu’elle a été un des facteurs ayaont donné lieu à la Grande Dépression. Or, depuis l’investiture de Donald Trump, son gouvernement multiplie les mesures de protectionnisme économique, qu’il s’agisse d’imposer des taxes sur l’acier ou les composants solaires, ou de menacer de sortir d’accords de commerce internationaux. Autant de mesures maladroites qui ont précipité le pays à sa perte économique dans les 30s. Sauf qu’aujourd’hui, l’impact du commerce et de l’import-export est encore bien plus important dans l’économie américaine qu’il ne l’était à l’époque.

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Nous sommes plus dépendants du commerce international que nous ne l’avons jamais été. Si Donald Trump lance une guerre commerciale, les conséquences seront potentiellement catastrophiques pour les États-Unis.
– Bill Riley

D’autant que selon les économistes, les arguments à l’origine de ce protectionnisme économique sont tout sauf réfléchis. « Les gens regardent les changements qui ont eu lieu dans l’économie nationale, et ils blâment le libre-échange pour la baisse de l’industrie dans le pays, alors qu’en réalité, ces changements ont plus à voir avec la mécanisation du travail » souligne ainsi Bill Riley, directeur de la National Taxpayers Union’s Free Trade Initiative et économiste à l’origine de la lettre ouverte rassemblant plus de 1 000 de ses homologues. Et Bill Riley d’aller plus loin encore en affirmant que « quand on regarde les sondages, l’opinion anti libre-échange ne vient pas des citoyens, c’est un message qui est clairement transmis par les instances supérieures du pays ». Quitte à le mettre en danger dans la foulée.

Une guerre commerciale dangereuse

Donald Trump a beau affirmer sur son compte Twitter que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », la vérité est qu’avec des échanges de biens et de services ayant atteint une valeur de 5 000 milliards de dollars en 2016, les États-Unis seraient les premières victimes en cas de conflit économique. Une réalité que les 1 140 signataires de la lettre ouverte espèrent faire comprendre au président.

Beaucoup de chose ont changé depuis les années 30, mais les principes économiques fondamentaux expliqués à l’époque sont toujours d’actualité.

Et de rappeler que « le Congrès n’a pas suivi les conseils des économistes dans les années 30 et les Américains en ont grandement souffert. Nous vous incitons grandement à ne pas répéter cette erreur ».

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