Être livreur à vélo sous -10°C

Être livreur à vélo sous -10°C

Malgré la vague de froid, les livreurs résistent. | © HOLLANDSEHOOGTE/Michiel Wijnbergh

Economie

Dès le 19 janvier, les livreurs à domicile de Deliveroo fouleront le pavé liégeois. Mais avec -10°C au thermomètre, ils risquent fort de se geler les pédales.

Avec son service de livraison de plats à domicile, Deliveroo fait un carton en Belgique. Après Bruxelles, Anvers puis Gand, c’est au tour de la ville de Liège de voir débouler les coursiers cyclistes dans ses quartiers. La Cité ardente aura bientôt droit, elle aussi, à ses plats livrés tout chauds. Fort du succès international de l’entreprise britannique, l’antenne belge poursuit son expansion sur le plat pays.

Même si l’on est ravis pour la firme, on compatit tout de même pour ses livreurs. En cette période de grand froid, il fait plus que frisquet sur la petite reine. Même les adeptes du vélo, qui d’habitude vont au boulot en pédalant, délaissent actuellement leur monture pour préférer des transports plus douillets. Comment donc ces bikers-livreurs font-ils pour affronter la vague de froid et garder les petons au chaud ?

Un froid glaçant mais gérable

Paré de son bonnet et de ses moufles, Gaétan livre environ cinq fois par semaine sur des shifts de plus ou moins trois heures par jour. Vingt heures par semaine : une moyenne revue à la baisse depuis l’arrivée de l’hiver. Coursier depuis près d’un an, d’abord chez Take Eat Easy, puis chez Deliveroo, le livreur de 26 ans a récemment ralenti sa cadence. « Depuis deux jours, ça devient difficile. Dès qu’on passe sous le zéro degré, c’est vraiment pas évident. » Le nez qui coule, les doigts tout bleus, les muscles frigorifiés : on s’imagine le vrai cauchemar. Mais pour le livreur Bruxellois, le corps s’adapte rapidement. « À partir du moment où les commandes s’enchaînent et qu’on roule, c’est gérable. Surtout que lorsque l’on passe prendre les commandes, les restaurateurs nous font entrer le temps que la commande se prépare. Ca permet de se réchauffer un peu. »

La pluie, l’ennemie n°1

Même si le froid rebute certains à grimper sur la selle, il n’empêche pas les plus motivés de continuer à pédaler. Par ce froid polaire, la seule qui plombe véritablement l’ambiance, c’est la pluie. « Tant qu’il fait sec ça va, mais la pluie c’est vraiment le pire. Récemment, il m’est déjà arrivé de ne pas terminer mon shift, tellement j’avais froid. Même avec les moufles et le bonnet, une fois qu’on est trempés, c’est terminé. » Pour la pluie, Deliveroo prévoit heureusement la veste fluo en k-way. Mais pour braver le froid, gants, bonnets, vêtements thermiques et autres chaussettes en laine sont aux frais du coursier. Jusqu’à présent, aucun équipement « spécial hiver » ne serait prévu pour les bikers-livreurs. Pour s’apprêter d’un « bon matos », Gaétan estime qu’une centaine d’euros est nécessaire pour être certain de pédaler au chaud.

Des points relais pour se réchauffer ?

Bonne nouvelle. La société de livraison est en train d’établir plusieurs accords avec des établissements de l’Horeca. L’objectif : proposer des points de relais garantis au chaud pour ses coursiers. Certains seraient déjà disponibles pour accueillir les cyclistes refroidis et frissonnants. Entre deux commandes, le temps d’attente peut être long. Surtout par -10°C. C’est donc dans ces quelques restaurants partenaires que Gaétan et les autres pourront tranquillement patienter d’une livraison à l’autre, tout en se réchauffant d’une boisson à 50% offerte par la maison Deliveroo. Quant aux équipements d’hiver, le patron de l’antenne belge, Mathieu De Lophem, assure que la firme travaille actuellement sur l’amélioration du confort et de la sécurité de ses livreurs. « C’est évidemment une des priorités pour Deliveroo d’équiper nos bikers de manière à ce qu’ils n’aient pas trop froid. C’est la raison pour laquelle nous travaillons actuellement là-dessus », explique-t-il.

Deliveroo sur les chapeaux de roues

À partir de ce jeudi 19 janvier, Deliveroo s’apprête à desservir les quartiers de la ville de Liège. Un projet établit à la demande des Liégeois, tant consommateurs que restaurateurs, et qui promet son petit succès. Malgré la récente faillite de son concurrent belgo-belge Take Eat Easy, la plateforme londonienne a su gagner du terrain. Présente dans cent villes différentes, elle livre aujourd’hui dans douze pays du monde, avec plus de 16 000 restaurants partenaires et 20 000 livreurs. Une belle victoire pour cette plateforme en proie à des adversaires de taille, comme le géant américain UberEats. Mais le dirigeant de la filiale belge ne semble pas inquiet devant les résultats positifs enregistrés. « La concurrence nous amène à toujours améliorer la qualité de nos services », assure Mathieu De Lophem « et nous enregistrons actuellement une croissance à deux chiffres par mois, voire par semaine ». Face à un bilan si positif, ce n’est pas de si tôt que Deliveroo mettra la pédale douce.

 

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