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Pourquoi la Belgique est absente du top 10 des pays où démarrer un business

Dans quel pays européen les entrepreneurs seraient-ils le mieux inspirés de s'installer ? Pas en Belgique... | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Economie

Une étude anglaise récente dévoile la liste de 10 pays européens attractifs pour lancer une activité économique et lui donner toutes les chances de réussite. La Belgique n’y apparait pas. Au contraire de la Roumanie, la Lituanie ou encore l’Estonie…

Par L.Dep

L’envie, le travail acharné, la prise de risque font partie du processus de création d’entreprise mais ne suffisent pas. Il faut aussi se trouver dans un environnement qui va rendre possible un taux de réussite suffisant. Dans la même étude, smallbusinessprices.co.uk a également pris le pouls de deux autres paramètres : niveau d’éducation de la population locale et taux d’emploi. « Les pays européens agissent de manière différente. Beaucoup d’entre eux sont devenus des modèles en éducation, en business et sur le marché du travail leur offrant une économie forte ». Toujours pas de trace de la Belgique dans ces deux autres classements…

Sans perdre plus de temps, voici le top 3 des pays les plus attractifs pour y démarrer une activité : Irlande, Islande et Suède. Pour le voisin de la Grande-Bretagne, ce sont des dispositions fiscales avantageuses ainsi qu’un accès au crédit plus aisé qui font la différence. Magré un taux d’activité global assez bas et des revenus moyens. L’Islande affiche une croissance arrogante de son PIB (+7,2%) tout en offrant un taux d’emploi (population active au travail) insolant à 83,8% contre 67,9% pour notre pays.

Les sept autres nations retenues sont le Danemark, la Roumanie, l’Estonie, la Lituanie, la Norvège, la Lettonie et le Royaume-Uni.

Pour en arriver à ce top 10, les protagonistes de l’étude (smallbusinessprices) ont analysé en profondeur six paramètres bien précis entrant en ligne de compte lorsque l’on a comme projet de lancer une entreprise aussi petite soit elle. Taux de croissance, nombre de nouvelles activités à voir le jour sur le territoire, facilités de commerce transfrontalier, l’accès au crédit et aux investissements, l’environnement fiscal et la facilité de développer un business. Chaque nation obtenant un nombre de points et un classement sur dix pour ces six paramètres. On remarque, par exemple, que la Lettonie remporte le classement final en terme d’accessibilité aux crédits. Et que le nombre record d’initiatives business à voir le jour concerne l’Estonie.

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Qu’est-ce qui cloche avec la Belgique ?

Pourquoi notre pays n’attire plus si l’on se base sur cette étude ? Pourquoi ne parviendrait-il plus à réunir les conditions idéales aux entrepreneurs motivés et ambitieux ? Différents freins coexistent pour expliquer ce désamour pour notre économie. Il ne s’agit que d’une seule étude, certes, mais d’autres institutions très sérieuses corroborent ce constat.

Reprenons quelques-uns des six éléments abordés ci-dessus pour déterminer ce top 10 des nations européennes les plus attirantes pour y démarrer une aventure économique. Et tentons de comparer.

Taux de croissance : la Belgique en 2017 a affiché 1,7% selon la Banque mondiale. Pour 2018, on devrait atteindre plutôt les 1,5% selon les projections de la banque nationale établies en juin dernier. Dans le top 10, l’Irlande affiche  5 %, la Roumanie 4,8%, la Suède 3,2%. Seule la Norvège fait moins bien que nous avec 1,1%.

Création d’enteprises : selon la société financière Graydon, la Belgique a battu un record en 2017… 95 000 nouvelles structures ont vu le jour. Il s’agit à la fois de starters, des SPRL, des personnes physiques ou des indépendants. Attention, le constat est le suivant :  90% de la croissance concerne uniquement des entreprises unipersonnelles ou des indépendants. C’est en Wallonie, et particulièrement dans le Hainaut, que l’essor a été le plus important. Les entreprises classiques avec même un peu de personnel sont donc clairement à la traîne…

Coût du travail et cadre fiscal lourd

Dans un indice établi par Manpower fin 2017 à propos de la main d’oeuvre, la Belgique occupait la 25e place sur 75 au total. Deux facteurs majeurs expliquaient cette position. Des travailleurs certes qualifiés et bons en langues mais une population active est vieillissante. Il y aura pénurie de talents à terme. Ensuite, le coût du travail reste trop important chez nous. Les charges sur le travail s’élèvent à 48,9% en Belgique contre 25,6% en moyenne dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA). C’est quasi le double !

Au mois d’octobre dernier, nous apprenions que la Belgique était retombée à la 21e place du classement annuel établi par le Forum économique mondial (WEF) en matière de compétitivité. La Belgique recule essentiellement à cause de son adaptation difficile aux TIC (technologies de l’information et la communication) et de son marché de l’emploi. La Belgique est plus habituée à un classement entre la 15e et la 20e place sur 140 pays. Le fardeau de la réglementation gouvernementale, la complexité du système fiscal, la législation sur le travail jugée trop restrictive ou encore les charges salariales expliquent également le manque d’intérêt pour les entreprises naissantes à venir s’installer chez nous. .

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La Belgique peut encore se montrer attirante d’un point de vue économique, comme le montre l’annonce faite par Alibaba Group cette semaine sur l’implantation du hub européen du géant chinois de l’e-commerce à Liège. Bien entendu, Alibaba n’est pas une nouvelle entreprise qui lance son activité.

smallbusinessprices.co.uk

 

 

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