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Le Belge perd encore de son pouvoir d’achat

Près d'un pourcent de perte de pouvoir d'achat pour les Belges en 2016. Un triste record européen. | © Flickr

Economie

De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les… moins bien lotis en terme de pouvoir d’achat. En effet, si les salaires sont très légèrement repartis à la hausse, le pouvoir d’achat des ménages belges a diminué.

C’est les journaux du groupe Mediahuis qui en parlent. Une étude de l’Institut syndical européen (ETUI) dévoile que la Belgique souffre bien plus que tous les autres pays européens du contexte économique et des choix politiques.

La fin du saut d’index laissait espérer un retour à de jours meilleurs pour les salariés belges ? Il n’en est manifestement rien puisque, en plus du saut d’index décidé en 2015 et appliqué jusque fin 2016, la Belgique est loin du peloton de tête européen concernant les augmentations salariales. Autre mauvaise nouvelle : la situation ne risque pas de s’inverser.

Selon l’étude de l’ETUI, c’est à l’Est de l’Europe que les choses se passent le mieux. En effet, si la majorité des travailleurs européens ont vu leur pouvoir d’achat augmenter en 2016, c’est les pays de l’Europe de l’Est qui s’en tirent le mieux avec une hausse de plus de 5%. La palme revient même à la Roumanie avec 8,94% d’augmentation. On retrouve également dans les meilleurs élèves des pays comme la Hongrie, Chypre ou la Bulgarie.

Moins importante est la hausse autour de la Belgique :  +0,25% en France, +0,42% au Luxembourg, +1,61% en Allemagne et +2,28% aux Pays-Bas. Et donc, tout en bas du classement, seule la Belgique perd en terme de pouvoir d’achat : – 0,94%.

Et pourtant les salaires augmentent

Le revenu des Belges diminue-t-il donc ? Bien sûr que non mais le saut d’index et les mesures du gouvernement Michel en terme de restrictions salariales ont fortement impacté le poids des augmentations. Résultat : modération  + inflation élevée + hausses salariales limitées = baisse du pouvoir d’achat.

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La faute donc au gouvernement actuel ? Pas si simple : « La dernière augmentation notable, c’était en 2000. Les années précédentes et suivantes, la règle était à la modération », selon Kurt Vandaele, un des auteurs de l’étude. Toute légère éclaircie cependant, pour la première fois depuis 2008, un accord interprofessionnel a été conclu.

Cette année, un accord interprofessionnel a été conclu entre les partenaires sociaux, ce qui n’était plus arrivé depuis 2008. La croissance des salaires restera cependant limitée à 1,1% hors indexation et hausse barémique et comme l’indiquait le Conseil central de l’Economie en décembre dernier, il ne faut rien attendre de fameux d’ici fin 2018 hors indexation automatique et hausses barémiques.

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La Belgique, un des meilleurs élèves paradoxalement

L’étude de l’ETUI ne s’arrête pas au pouvoir d’achat mais montre aussi que si la Belgique patine en terme de pouvoir d’achat, elle reste une référence salariale puisque la Belgique est le quatrième pays européen en terme de salaire horaire minimum. Seuls le Luxembourg, la France et les Pays-Bas nous devancent. La Roumanie, qui connaît pourtant la plus forte hausse du pouvoir d’achat, se classe avant-dernière. De quoi également donner du grain à moudre au débat sur le coût du travail en Belgique et relancer les tensions sociales entre patronat et syndicats. Syndicats belges qui par ailleurs ne sont pas les moins actifs d’Europe. L’étude de l’ETUI, consultable sur le site de l’ETUI, montre en effet , que de 2008 à 2015, la Belgique se classe en quatrième position pour le nombre de jours de grève recensés dans les pays de l’Union.

 

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