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Travis Kalanick : la personnalité remarquée du patron fondateur d’Uber

Les récentes révélations sur la culture d'entreprise chez Uber remettent en cause son contrôle par son patron-fondateur, Travis Kalanick. | © Belga

Economie

La personnalité de Travis Kalanick, le patron-fondateur d’Uber, fougueux et féru de la confrontation par principe, est considérée comme un facteur majeur de la croissance explosive de l’entreprise, mais aussi de ses déboires actuels. Portrait.

Uber s’est vu récemment secoué par plusieurs révélations embarrassantes concernant son patron-fondateur Travis Kalanick. Accusations de sexisme, poursuites en justice pour vol de technologies, injures contre un chauffeur et mise en place d’un logiciel secret pour déjouer les autorités : le quadragénaire vient de devoir faire d’humiliantes excuses et d’accepter la recherche d’un numéro deux pour l’épauler. « Je dois changer fondamentalement en tant que dirigeant, et grandir. C’est la première fois que je l’admets, j’ai besoin d’aide » , a-t-il déclaré.

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Culture d’entreprise

Début février, empêtré dans la polémique sur la politique migratoire de Donald Trump, il a dû démissionner en catastrophe d’un forum de grands patrons censé conseiller le nouveau président américain.

Ces dernières semaines, Uber a aussi été accusé d’encourager un climat sexiste et toxique dans l’entreprise, d’avoir volé des technologies sur les voitures autonomes, d’utiliser un logiciel secret pour permettre à ses chauffeurs d’éviter les autorités… Certains analystes y voient la preuve du manque de maturité du patron de l’entreprise, n’excluant plus son remplacement.

Entrepreneur en série

Travis Kalanick, né en 1976 à Los Angeles où il a grandi et fréquenté l’université locale UCLA, n’en est pas à sa première tempête. Dans la lignée d’autres fameux créateurs d’entreprises technologiques, il faisait de la programmation informatique dès l’école et a abandonné ses études après avoir créé une startup avec des camarades d’université.

© Wang K’aichicn / VCG / MAXPPP

Cette première entreprise, Scour, est un précurseur et plus tard concurrent de Napster, permettant de rechercher et d’échanger de la musique et des vidéos en ligne. Fondée en 2007, elle survit seulement trois ans.

En se lançant dans le partage de fichiers en ligne, Travis Kalanick devient millionnaire à trente ans. L’idée d’Uber naîtra en 2008 à Paris : lui et l’autre fondateur de la startup, Garett Camp, ne trouvent pas de taxi et imaginent d’appuyer sur un bouton sur leur téléphone pour trouver un chauffeur.

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Cela se concrétise par la création d’UberCab l’année suivante à San Francisco, où le service démarre courant 2010. Sept ans plus tard, l’entreprise a raccourci son nom mais s’est étendue à plus de 500 villes à travers le monde. La fortune de son patron est aujourd’hui estimée par Forbes à 6,3 milliards.

Passage en force

Travis Kalanick justifie son style de direction en expliquant s’être endurci après les difficultés de ses premières entreprises. Uber s’est mis à dos les taxis qui voient en lui leur mort programmée, les régulateurs de nombreux pays qui cherchent à lui faire barrage, et même ses propres chauffeurs qui réclament de meilleures rémunérations ou un statut plus protecteur.

On l’a accusé d’organiser des commandes de fausses courses au concurrent Lyft, d’utiliser un logiciel secret, « God View », pour espionner les déplacements des utilisateurs, ou, souvent, de sexisme, notamment quand Travis Kalanick plaisante sur ses conquêtes féminines dans une interview et surnomme l’entreprise « Boob-er » (boob = sein en anglais).

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Le patron d’Uber a pris l’habitude de passer en force, d’ignorer les critiques et les régulateurs. Quelle crédibilité accorder dans ce contexte à son récent mea culpa ?

(Avec Belga)

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