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Pourquoi les billets britanniques continuent d’indigner les vegans

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Les billets de 50 livres seront faits du même matériau que ceux de 5, 10 et 20 pounds. | © Flickr / Howard Lake

Economie

Comme les billets de 5, 10 et 20, les nouveaux billets de 50 livres contiendront de la graisse animale, quoiqu’en disent les défenseurs des animaux.

 

C’est officiel, annonçait la Banque d’Angleterre ce 5 juin, les nouveaux billets de 50 livres seront faits de plastique. Rien de surprenant, quand on sait que ceux de 5, 10 et 20 livres le sont aussi… depuis déjà plusieurs années. Histoire de ne pas faire comme l’Union européenne — qui utilise le coton pour produire sa monnaie de papier, les autorités britanniques préfèrent elles les polymères. Et tant pis pour la cause animale.

Cause toujours

Comme le rapporte The Independent, les billets de banque en plastique contiennent un produit spécifique qui dérange de nombreux Britanniques. En novembre 2016, des traces de suif – un produit résiduel obtenu par la fonte de la graisse animale – ont été observées sur les nouveaux banknotes anglais de 5 livres, suscitant la grogne des vegans et autres défenseurs des animaux. Scandalisés, ces derniers avaient d’ailleurs lancé une pétition afin d’interdire un tel procédé de fabrication, récoltant plus de 138 400 signatures.

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Une mobilisation qui n’aura malheureusement pas empêché le Royaume-Uni d’appliquer les polymères (et donc le suif) à tous ses billets. « C’est très problématique que dans notre société, nous continuons de croire que nous pouvons utiliser les animaux comme bon nous semble », lance au journal français la porte-parole du groupe The Vegan Society Dominika Piasecka, traduite par Slate. « Par ailleurs, nous espérons que ce cas puisse encourager d’autres sociétés à revoir leur copie et stopper l’utilisation de substances animales », ajoute-t-elle.

Un changement trop coûteux

Afin d’éviter l’utilisation de graisses animales, la Bank of England avait à l’époque mentionné l’huile de palme comme unique alternative. Or, « nous sommes incapables de nous fournir un niveau important d’huile de palme durable », avait-elle regretté. Dans le cadre d’une consultation publique réalisée en 2017, la société avait estimé le coût d’un changement de matériau – passant du suif à l’huile de palme – à 16,5 millions de livres, soit plus de 18 millions d’euros. Une opération trop onéreuse, quoi qu’en disent les défenseurs des animaux.

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