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Confinement : Les « dommages sont énormes » sur les commerces

Magasins fermés

Les magasins devront rester fermés une semaine de plus. | © Tim Mossholder/Unsplash

Economie

Bien que très soucieux, le secteur se réjouit malgré tout d’avoir enfin une perspective claire pour la réouverture des magasins.

 

La fédération du commerce et des services Comeos a réagi, vendredi soir, au plan de déconfinement annoncé par la Première ministre Sophie Wilmès à l’issue d’un nouveau Conseil national de sécurité (CNS). Parlant de la prolongation de la fermeture forcée des magasins jusqu’au 11 mai comme d’une mesure dure, l’organisation souligne néanmoins que la décision « offre une perspective claire ».

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Les magasins rouvriront le 11 mai

Les magasins étaient « tout à fait prêts » à rouvrir le 4 mai, explique le CEO de l’organisation Dominique Michel. Ils devront cependant patienter jusqu’au 11 mai, d’après la décision du CNS. Néanmoins, « le fait que tous les magasins puis sent rouvrir en même temps est positif », reconnaît-il.

« Chaque jour, les magasins qui doivent rester fermés perdent ensemble 140 millions d’euros. La prolongation de la fermeture obligatoire jusqu’au 11 mai signifie presque deux milliards d’euros de pertes supplémentaires de chiffre d’affaires. Ce sont des milliers d’emplois qui sont ainsi en danger », avertit cependant le CEO, qui demande par ailleurs l’établissement de mesures de soutient supplémentaires pour le commerce. « Les dommages sont énormes. Tout doit à présent être fait pour éviter les fermetures et les pertes d’emplois », conclut Dominique Michel.

Le secteur de la mode inquiet

La fédération du secteur de la mode, Mode Unie, regrette quant à elle que ses boutiques ne soient pas autorisées à rouvrir leurs portes avant le 11 mai. « Un lourd sacrifice pour le secteur, qui est dans une situation difficile depuis la fermeture obligatoire le 18 mars », a-t-elle aussi ajouté. Il est important que les magasins puissent rouvrir rapidement, a tenu à affirmer Mode Unie. La réouverture attendue le 11 mai, au lieu du 4 mai, est « une autre semaine supplémentaire pendant laquelle les détaillants de mode ne pourront pas ouvrir leurs magasins pour écouler l’important stock d’articles d ‘été », a déclaré la direction Isolde Delanghe.

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Mode Unie a aussi insisté à nouveau sur les difficultés rencontrées par les détaillants qui, pour certains d’entre eux, avaient déjà acheté la collection pour la saison d’hiver avant la fermeture obligatoire des commerces. « Cela signifie que les fournisseurs doivent être payés, dans une période où il n’y a pas de revenus », a souligné Mode Unie.

Et le non marchand dans tout ça ?

« La sortie de crise sans le non marchand, c’est prendre l’avion en oubliant ses bagages! « , a réagi samedi la CNE ce samedi. Le syndicat des employés regrette de n’avoir pu se faire entendre « bien qu’il ait transmis des tas d’informations utiles au ‘GEES’ (Groupe d’Experts en charge de l’Exit Strategy, NDLR) et aux membres du Conseil national de sécurité ».

« Pour remettre en route notre société progressivement en fin de crise, nous devrons non seulement relancer la consommation interne et les entreprises de production, mais aussi veiller à la fois à : garantir des services de qualité qui permettent au personnel, aux clients, aux bénéficiaires, bref, à la population, d’être en mesure de reprendre le travail dans de bonnes conditions; maintenir également des mesures de protection afin d’éviter une deuxième vague mortifère, mais aussi d’assurer le ‘rattrapage’ des soins et diagnostics de tous ces ‘cas non urgents’ qui, entretemps sont devenus urgents ou graves; et soigner cette société du traumatisme vécu pendant la crise, redonner du sens, de l’humanité… », avançait la CNE le 20 avril.

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Plaidoyer laissé sans réponse, semble-t-il. « Les décisions du CNS se sont focalisées sur l’économique (entreprises B2B, commerces, …) et l’enseignement. Pourtant, l’accueil des tout petits sera un défi. La relance de l’activité de soins (hors Covid) en hôpital comme à domicile ne sera pas une sinécure avec du personnel épuisé, les capacités de dépistage en hébergement (ainés, handicapés, …) restent totalement insuffisantes, les services d’aide aux populations n’arrivent pas à rencontrer les besoins aggravés par la crise, etc. », liste le syndicat pour qui « les choix faits illustrent parfaitement l’orientation choisie pour l’après crise ».

« Le personnel de terrain qui, depuis des semaines, est mis en danger par des décisions imposées sans aucune concertation avec les représentants syndicaux du secteur, n’oubliera pas. La rentrée sera chaude ! « , prévient la CNE. Un contact est prévu le mardi 28 avril entre le secteur non marchand et le cabinet de la ministre De Block. Il sera notamment question du fonds « Blouses blanches », cette enveloppe de 400 millions d’euros dégagée pour soulager le personnel infirmier.

Avec Belga

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