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Investir dans Cera : La Brasserie du Renard a fédéré capital et convictions pour monter son projet

Les artisans de la réussite de la Brasserie du Renard à Pécrot. | © CERA

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Située à Pécrot, dans le Brabant wallon, la Brasserie du Renard est avant tout l’accomplissement d’un rêve. Celui de Stéphane Vlaminck, bioingénieur-brasseur de formation, qui n’aime pas faire les choses tout seul. « L’idée de fabriquer de la bière, je la porte en moi depuis que j’ai 8 ans », raconte le jeune entrepreneur.


Par Christian Marchand

Son histoire est donc avant tout jalonnée de rencontres. Celle de Caroline, tout d’abord, son épouse, qu’il croise pendant ses études et qui le soutient sans faille dans son projet fou. Celle de la coopérative Cera ensuite, par le biais d’un appel à projets en vue de détecter et soutenir des projets d’entreprises d’économie sociale. « Sans ImpulCera, je n’aurais jamais créé la brasserie. Parce que, quand ton projet n’est encore qu’une idée, sortir les 5 000 premiers euros nécessaires pour toutes les étapes en amont, comme le business plan et tout ça, c’est presque impossible », témoigne le brasseur.

Quand il entend parler de ce programme, Stéphane est professeur de chimie le jour, et brasseur amateur le soir… dans sa cave. Il introduit son idée et décroche une bourse d’étude de faisabilité. L’accompagnement personnalisé dont il bénéficie le met alors en contact avec la Brasserie de la Lesse, une coopérative à finalité sociale. « C’est le deuxième moment clé de notre histoire », se rappelle Stéphane. « Ils nous ont ouvert les portes et donné toute liberté. Cela nous a permis d’affiner nos recettes et de tester différentes solutions de commercialisation pour nos bières.  » C’est ainsi que le jeune homme découvre l’économie sociale. « Au départ, je n’étais pas un convaincu. Nous, les ingénieurs, on est plutôt formés pour bosser chez InBev. Mais je ne voulais pas travailler juste pour gagner de l’argent. J’avais besoin de sens. Développer un projet économique qui allie le côté participatif, humain et environnemental, ça m’a séduit. »

Une force incroyable

 

Produire des bières artisanales dans le respect de valeurs sociales : un défi qui fonctionne. ©Le Renard, Pécrot

Ainsi naît, en janvier 2015, la Brasserie du Renard, sous forme de coopérative à finalité sociale. « On m’a traité de fou quand j’ai choisi ce modèle coopératif. Mais moi, cela me donne une énergie et une force incroyable de voir tous ces gens qui croient en mon projet », s’enthousiasme l’entrepreneur. « Quand j’ai un problème, quel qu’il soit, j’envoie un message aux coopérateurs. Et le lendemain, j’ai au moins quatre solutions. »

En dehors du soutien moral, ou parfois technique, que lui apportent les coopérateurs, Stéphane Vlaminck ne néglige pas non plus l’importance de leur contribution au capital. « Il ne faut pas se voiler la face, on avait bien besoin de ces investisseurs privés pour se lancer. Parce que c’est assez difficile de convaincre les banques aujourd’hui. Alors que les gens, eux, ne viennent pas par intérêt, mais bien par conviction.  »

Un autre avantage que perçoit le fondateur de la brasserie à travailler en coopérative à finalité sociale est la liberté que cela lui donne. « Notre modèle nous permet de faire fi de la concurrence », affirme-t-il. « Chaque microbrasserie est tellement singulière qu’il n’y a pas de compétition entre nous. C’est plutôt aux bières spéciales des grands groupes que nous faisons de l’ombre. Ce qu’ils ont bien compris, puisqu’ils commencent à racheter des enseignes de notre secteur. Seulement, leur seule ambition, c’est de faire du volume au prix le plus bas. Et pour cela, ils sont prêts à tout. Par exemple, à rajouter des éléments synthétiques, du maïs ou du riz. Or, moi, je mise sur la qualité et je peux justifier au consommateur chaque centime de mon prix de vente. »

Recherche de l’équilibre

©Le Renard, Pécrot,

Si elle a été fondée sur papier début 2015, ce n’est qu’en décembre 2016 que sortent les premières caisses de la nouvelle brasserie. Très vite, les bières « L’Adorée » et « La Blondasse » rencontrent leur public. « J’ai pu cesser d’être enseignant en juin 2016 et commencer à me rémunérer en septembre », précise Stéphane.

« Quand nous aurons atteint 1 000 caisses par mois, nous serons à l’équilibre financier. Entre la vente directe et les bières à façon, que nous produisons pour les amateurs ou les clubs sportifs, on devrait y parvenir sans trop de difficultés. L’objectif final est d’écouler jusqu’à 3 000 caisses par mois. C’est notre maximum de production, dans le respect de notre taille et de nos valeurs. Quand on y sera, je n’hésiterai pas à investir une partie de nos bénéfices pour faire émerger d’autres projets. Parce que c’est cela, l’esprit de l’économie sociale : utiliser l’argent comme bras de levier, pas comme une fin en soi. »

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