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Le Covid-19, ce terrible destructeur de centaines de milliers d’emplois

Rien qu'en Espagne, la pandémie a détruit plus d'un million d'emplois au 2e trimestre 2020... | © Photo by PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Economie

Bien entendu, le coronavirus a pris plus de 650 000 vies de par le monde. Et il continuera à le faire tant qu’aucun vaccin ne verra le jour. Mais dans sa traînée meurtrière, il a détruit aussi un impressionnant nombre de jobs… L’économie européenne et modiale est frappée de plein fouet !

 

Rien qu’en Espagne, la pandémie a détruit plus d’un million d’emplois au 2e trimestre 2020. Il s’agit en grande majorité d’emplois dans les services et l’industrie touristique, selon les derniers chiffres officiels. Le confinement et la fermeture de nombreuses entreprises ont « empêché » ces personnes de chercher un emploi et elles n’ont donc pas rempli les critères requis pour être comptées au nombre des chômeurs, explique l’organisme public. Le nombre de postes de travail a reculé d’un million, dont plus de 800.000 dans les services, un secteur où le tourisme joue un rôle majeur. Le nombre d’heures travaillées a connu « une baisse sans précédent » de près de 23% par rapport au trimestre précédent. En raison du poids du tourisme dans l’économie espagnole (12% du PIB), qui comptait déjà un grand nombre d’emplois précaires, l’impact de la pandémie sur le chômage promet d’être particulièrement violent. Le gouvernement table sur 19% de chômage pour la fin 2020 et le Fonds monétaire international sur 20,8%. 

Des évenements en cascade…

Une situation qui devrait s’empirer avec la récente décision du voyagiste TUI qui a décidé dimanche d’annuler tous les séjours des Britanniques en Espagne continentale à partir de lundi et jusqu’au 9 août en raison de la quarantaine imposée par le gouvernement du Royaume-Uni aux voyageurs de retour d’Espagne, qui constitue un coup dur pour le secteur touristique. En Espagne, les Britanniques constituaient le premier contingent de visiteurs étrangers en 2019, avec 18 millions. Après cette annonce, plusieurs compagnies aériennes ont plongé en bourse… Sans oublier, non plus, que le gouvernement britannique a réintroduit brusquement dimanche dernier une quarantaine de 14 jours pour les passagers revenant d’Espagne. Il a invoqué le nombre d’infections qui a triplé en deux semaines dans le pays, en particulier dans la région touristique de Catalogne… 
Plusieurs compagnies ont été emportées par la crise, comme la britannique Flybe ou les branches autrichienne et française de Level. D’autres tiennent au prix de coupes drastiques dans leurs effectifs. C’est le cas de l’allemande Lufthansa (22.000), les britanniques British Airways (12.000), EasyJet (4.500) et Virgin Atlantic (3.150), Air France (7.500), la scandinave SAS (5.000), les irlandaises Ryanair (3.250) et Aer Lingus (900), Icelandair (2.000), Brussels Airlines (1.000) et la hongroise Wizz Air (1.000).

L’Europe violemment touchée

Photo by Ina FASSBENDER / AFP
Dans les frontières de l’Union européenne de nombreux secteurs vivent des moments très difficiles: aérien, automobile, énergie, distribution, horeca, vêtements, humanitaire, logistique, poste, pharmacie…
En Angleterre, sur fond de Brexit, deux exemples récents sont venus frappés les esprits : Dyson et Centrica.  Le groupe britannique Dyson, connu pour ses produits électroménagers, a annoncé la suppression de 900 emplois dans le monde, Tandis que le groupe énergétique britannique revendait une partie de ses activités américaines tout en présentant un plan de restructuration passant par la perte de 5 000 emplois… Au niveau des constructuers automobiles,  plus de 6.000 suppressions de postes ont déjà été annoncées, notamment chez Jaguar Land Rover, Aston Martin, Bentley et McLaren. Toujours de l’autre côté de la Manche, le groupe Intu, propriétaire d’énormes centres commerciaux, a déposé le bilan, tout comme les grands magasins de la chaîne Debenams et le spécialiste de la location-vente de produits pour la maison BrightHouse. Autres sinistrés, les grands magasins John Lewis vont éliminer 1.300 emplois et le groupe de bricolage et matériaux Travis Perkins 2.500 postes. Enfin, le géant pétrolier BP a supprimé 10 000 postes !
En France, Airbus a annoncé début juillet un plan de suppressions d’emplois qui menace 5.000 postes en France dont plus de 3.500 à Toulouse où le groupe et ses filiales emploient 25.000 salariés. Les sites de Saint-Nazaire (près de 600 emplois supprimés) et Nantes (près de 500) sont également touchés. L’annonce de 15.000 suppressions de postes chez Renault est le principal révélateur de la crise que traverse le secteur en Europe.
Il ne s’agit pas d’un cas isolé. De nombreuses marques d’habillement (André, Naf Naf, Camaïeu, Orchestra-Prémaman…) ont été placées en redressement judiciaire, tout comme l’enseigne d’ameublement Alinéa.
En Allemagne, BMW et les grands magasins Karstadt Kaufhof vont supprimer 6.000 emplois chacun. Dans la restauration, la chaîne Vapiano a tout simplement fait faillite.

Ce n’est qu’un début ? 

Photo by Fred TANNEAU / AFP

Chez nous, à la mi-juillet, on annonçait qu’au cours du deuxième trimestre, 29 entreprises avait annoncé leur intention de procéder à des licenciements collectifs, menaçant 3.604 emplois sur cette période, selon les chiffres en la matière du Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale. Le contraste entre le premier et le deuxième trimestre de 2020 est significatif. Au cours des trois premiers mois de l’année, seules sept entreprises ont en effet annoncé leur intention de procéder à des licenciements collectifs, avec des conséquences possibles pour 879 emplois. En avril, mai et juin, de telles annonces ont été multipliées par quatre.

La balance commerciale en Belgique est la plus mauvaise depuis le dernier trimestre 2016, selon les dernières statistiques relayées par le journal De Tijd. La principale intention de licenciement collectif concernait Brussels Airlines, qui a annoncé vouloir se séparer de 950 membres du personnel. Mais il y a aussi eu des annonces conséquentes au sein de la société de catering Compass Group (550 emplois), du groupe de mode FNG (maison-mère de Brantano, 287), de la raffinerie de pétrole Gunvor Petroleum Antwerpen (230), de la division auto de D’Ieteren (211), etc.

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