Achat immobilier : « Prêter 100% du montant n’est pas interdit »

Achat immobilier : « Prêter 100% du montant n’est pas interdit »

Devenir propriétaire est plus compliqué mais toujours possible | © Belga

Economie

Depuis quelques mois, les unes alarmistes s’enchaînent, entraînant avec elle la panique des futurs acheteurs. Qu’ils se rassurent : le notaire Renaud Grégoire l’assure, la mesure suggérée par la Banque Nationale n’est qu’une recommandation. Les banques peuvent donc toujours bien prêter 100% du montant désiré. 

« Les banques vont durcir l’accès à l’immobilier ». « L’emprunt hypothécaire coûtera plus cher ». Voire même, « dépêchez-vous, c’est le moment ou jamais ! ». Depuis l’annonce en février dernier de la recommandation de la Banque Nationale, qui déconseille désormais aux banques de prêter sans un apport du client supérieur à 20% de la valeur du bien, c’est la panique, et les unes des journaux en ont largement fait l’écho. Beaucoup de bruit pour rien ? En tous les cas, comme l’explique le notaire Renaud Grégoire, la problématique ne date pas d’hier.

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Déjà d’actualité

« Je n’ai pas trop compris la sortie soudaine de la Banque Nationale. Cela fait déjà quelques années que les banques ont resserré les conditions d’obtention d’un prêt hypothécaire. C’est lié à deux éléments : premièrement, l’augmentation du taux de protection des épargnants. Mais aussi et surtout, une volonté de diminuer le risque que l’exposition des banques point de vue crédit hypothécaire ne soit trop important. Et éviter ainsi une situation comme celle qu’on a vu aux États-Unis en 2008″ souligne Maître Grégoire. Pour rappel, la crise des subprimes, dont les retombées avaient rapidement traversé l’Atlantique, était due en partie au grand nombre de défauts de paiement d’américains à qui des institutions financières avaient prêté trop (facilement) pour des crédits hypothécaires.

Protéger les acheteurs

Un risque que l’on encourt aussi en Belgique ? Pas pour le moment. Mais en serrant la vis sur les conditions d’attribution de crédit, les banques protègent les acheteurs. « En établissant des conditions d’octroi de prêt plus sévères, on évite les situations où les propriétaires revendent à perte. Cela arrive déjà épisodiquement pour le moment, alors que le marché est pourtant stable. Si demain il y a une baisse de 10% du marché immobilier, cela pourrait être une véritable catastrophe pour ceux qui veulent revendre leur bien dans les 5 à 10 ans ».

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100% maximum

Et pour les autres alors, ceux qui ne rêvent que de posséder leur premier bien immobilier ? Un rêve inaccessible, à moins de disposer de parents généreux et d’une épargne fournie ? « Beaucoup de choses ont été dites, mais dans les faits, rien n’interdit à une banque de prêter le montant total de l’acquisition. On le voit bien dans notre étude : je continue à voir des personnes qui empruntent pour 90 ou 100% de la valeur du bien. Ce qui est vrai, c’est que les banques ne vont plus au-delà, c’est fini de financer la maison, les frais de notaire et les travaux éventuels« . Pas impossible d’acheter, donc, mais compliqué. « Il ne faut pas se mentir, c’est plus difficile d’acheter aujourd’hui qu’il y a quelques années. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En région wallonne, 70% des biens qui sont vendus le sont grâce à des crédits. Si les banques décident d’appliquer la recommandation de la Banque Nationale à la lettre, cela va être une catastrophe pour le marché immobilier ».

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