Paris Match Belgique

À qui profite le Dow Jones ?

Ce mercredi 25 janvier, le Dow Jones a enfin dépassé le mur des 20.000 points. | © AFP PHOTO / Bryan R. Smith

Economie

Le moment est historique pour Wall Street. Après des semaines de suspense, le cours de l’indice du Dow Jones vient d’exploser tous les records. Qui doit s’en réjouir ? Quand certains s’enthousiasment de la nouvelle, d’autre relativisent les conséquences.

Ca y est. L’heure de gloire est arrivée pour le Dow Jones. Après avoir flirté pendant vingt-huit jours autour de la barre des 20 000 points, le plafond a été franchi ce mercredi 25 janvier sous les vivats des investisseurs. Raison principale de cet envol ?  La politique « America First » de Donald Trump qui met plusieurs de ses promesses électorales en pratique : relance budgétaire, augmentation de l’activité économique, galvanisation des marchés…

Dinosaure des indices boursiers

Né il y a 137 ans, le Dow Jones est le plus vieil indice boursier au monde.
Au début des années 1880, les journalistes Charles Dow et Edward Jones -futurs fondateurs du Wall Street Journal– lancent leur propre société « Dow Jones ». En partant du constat que les valeurs industrielles ont le plus fort potentiel de la Bourse, ils créent l’un des indices boursiers les plus utilisés dans le monde, le Dow Jones Industrial Average. Depuis sa création, cet index calcule les cours de la Bourse sur une moyenne d’actionnaires membres.


Si aujourd’hui, le monde de la finance s’enflamme autour du Dow Jones, c’est d’abord pour sa référence symbolique. Loin d’être l’indice boursier le plus représentatif de l’économie américaine, il repose seulement sur trente sociétés importantes comme Microsoft, Visa, Goldman Sachs, Apple, Coca, etc. À l’inverse de son cousin le S&P500 qui lui, repose sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux USA, le Dow Jones est souvent critiqué pour ses faiblesses et notamment sa méthode de calcul. Pour Philippe Gijsels, analyste chez BNP Paribas Fortis, « il ne faut pas exagérer cette hausse du Dow Jones ». Pour lui, ce dépassement des 20 000 points en dit peu sur la santé économique des États-Unis et de son impact sur les Américains. « Tout le monde avait prédit la catastrophe économique si Trump arrivait au pouvoir. La vraie surprise aujourd’hui, c’est surtout de voir que l’inverse est en train de se passer », explique-t-il.

20.000 points, une limite historique

Ce mercredi 25 janvier, l’indice a dépassé pour la première fois la barre des 20 000 points. Un score mythique attendu depuis plusieurs semaines et qui représente une hausse d’environ 14% depuis l’année dernière. Depuis l’élection de Donald Trump, la bourse américaine pète la forme. Le Dow Jones n’est d’ailleurs pas le seul à monter en flèche. D’autres indices comme le NASDAQ, le S&P500 ou le TSX révèlent également des hausses significatives qui profitent directement aux banques, grandes gagnantes de ce rallye boursier.

Goldman Sachs et JPMorgan sont en grande partie responsables de la hausse du Dow Jones en bondissant respectivement de 29% et 21%. L’heure est à la fête pour ces entreprises qui applaudissent des deux mains l’administration Trump et ses mesures 100% croissance. Reste à voir comment se comporteront ces grandes sociétés multinationales si la politique protectionniste prônée par Donald Trump devait nuire au commerce extérieur américain.

Un trader enthousiaste devant le record historique du Dow Jones. ©Belga

Croissance, quand tu nous tiens

À peine investi, le président US a promis un allègement des réglementations ainsi qu’une baisse d’impôts sur les bénéfices des sociétés (de 15% à 35% aujourd’hui). Une mesure qui, si elle est appliquée, verra encore les profits de Wall Street augmenter. Aussi, Donald Trump prévoit de rapatrier 2500 milliards de dollars actuellement stockés à l’étranger et s’engage à ne taxer la somme qu’à 10%. Des montants rapatriés qui risquent d’être réinvestis à gogo dans le rachat d’actions et de booster toujours plus les cours de la Bourse comme ce fut le cas sous la présidence de Georges W.Bush.

Lire aussi : Les cinq premières frappes de Donald Trump

Autres décisions remarquées sur le marché : les 1000 milliards de dollars investis dans la relance de la construction de deux oléoducs dans le Nebraska et le Dakota. Avec une production américaine qui repart sur les chapeaux de roue, le pétrole s’envole également. L’objectif du président républicain est clair : lever toutes les contraintes réglementaires qui empêcheront les entreprises de faire du bénéfice. Une dérégulation économique qui pousse vers toujours plus de croissance tout en faisant table rase des engagements écologiques. En privilégiant les puissants, le programme économique de Donald Trump risque de creuser davantage les inégalités. Car si la Bourse monte, « le tout est de maintenir le cap », ajoute Philippe Gijsels. « Connaissant monsieur Trump, tout peut aller très vite et dans une direction totalement opposée » avertit l’analyste.

 

CIM Internet