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Crise en Ukraine : quelles conséquences pour le portefeuille des Belges ?

Le ministre de l'Energie russe Nikolaï Choulguinov a assuré que "les compagnies russes (étaient) totalement engagées dans les contrats existants" | © Sebastien JARRY/MAXPPP

Economie

Tous les regards se portent évidemment sur le prix et la livraison du gaz vers l’Europe de l’ouest… Avec un marché qui affichait déjà des prix très élevés et une fameuse augmentation, la crise en Ukraine n’a pas de quoi rassurer les ménages belges. L’électricité n’est pas épargnée…

 

Les tensions entre la Russie et l’Ukraine font encore monter le prix de l’énergie en Belgique. Sur le marché de gros, la livraison d’électricité pour mars est plus chère de près de 10%, pour atteindre plus de 190 euros par mégawattheure. Les prix pour la livraison d’électricité en avril ont également augmenté, de 7,5%, tandis que ceux pour l’année prochaine bondissent de 7% mardi. Le gaz naturel est également plus cher, puisque son prix augmente en moyenne de 7,5%.

Les pays exportateurs de gaz disposent de capacités limitées pour augmenter rapidement l’approvisionnement de l’Europe et n’ont aucune visibilité sur les prix, ont prévenu mardi les membres du FPEG à l’issue d’un sommet à Doha, dans un contexte de crise entre la Russie et l’Ukraine.

Les présidents, Premiers ministres ou ministres des onze pays membres du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) se sont réunis à Doha, alors que la crise entre Moscou et les pays occidentaux contribue à une envolée des prix dans ce secteur, où la Russie fait planer la menace sur les approvisionnements. Le ministre de l’Energie russe Nikolaï Choulguinov a assuré que « les compagnies russes (étaient) totalement engagées dans les contrats existants ». Il n’a fait aucun commentaire sur la situation de son pays dont les relations avec les pays occidentaux traversent la pire crise depuis la fin de la Guerre froide en raison de la situation autour de l’Ukraine.

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Nord Stream 2 à l’arrêt

M. Choulguinov s’exprimait quelques heures avant les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky exigeant l’arrêt « immédiat » du gazoduc russo-allemand Nord Stream 2 après la décision de Moscou de reconnaître les « républiques » séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Le ministre qatari de l’Energie Saad Cherida al-Kaabi a de son côté rappelé que le Qatar, un des principaux pays exportateurs de gaz, avait assuré l’Europe de son « aide » en cas de difficultés d’approvisionnement, précisant toutefois qu’elle serait limitée aux volumes disponibles, les producteurs étant liés à « des contrats de long terme ». « Les volumes qu’on peut rediriger (vers d’autres clients) représentent environ 10 à 15% », selon lui. Or « la Russie représente 30 à 40% des approvisionnements de l’Europe » et « remplacer rapidement ce type de volumes est quasiment impossible », a-t-il poursuivi.

Selon le FPEG, ses 11 membres –Qatar, Russie, Iran, Algérie, Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago et Venezuela– et sept pays associés représentent 70% des réserves prouvées de gaz et 51% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. La Russie, l’Iran et le Qatar sont des membres clés du FPEG.

Les Etats-Unis et l’Australie, deux autres grands exportateurs, ne font pas partie du Forum.

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